(Rome, 05 mai 2026). Selon plusieurs sources du renseignement américain, les frappes menées par les États-Unis et Israël contre l’Iran n’auraient que faiblement ralenti le programme nucléaire de Téhéran. Malgré les attaques visant plusieurs sites stratégiques, les capacités iraniennes resteraient largement intactes, notamment grâce à des stocks d’uranium enrichi dissimulés dans des installations souterraines difficiles d’accès
L’opération militaire lancée par les États-Unis et Israël contre l’Iran aurait eu «un impact limité sur le programme nucléaire iranien», à tel point que «le temps nécessaire à Téhéran pour construire une arme nucléaire n’a pas évolué depuis l’été dernier», selon des sources du renseignement américain citées par «Voice of America».
D’après les évaluations des services de renseignement, avant le début des attaques, l’Iran aurait probablement pu produire le matériel nécessaire à la fabrication d’une bombe atomique en trois à six mois, écrit Alberto Russo dans le journal «Il Tempo». Après les attaques de juin dernier contre les installations de Natanz, Fordow et Ispahan, ce délai serait passé à neuf mois ou un an, mais selon de nouvelles évaluations, réalisées après le début de la guerre déclenchée le 28 février, aucun changement significatif n’a été constaté.
Des réserves d’uranium toujours intactes
Trois sources du renseignement américain, contactées par l’agence Reuters et citées par «Haaretz», expliquent que la stabilité de ces estimations tient notamment à la présence d’importantes réserves d’uranium hautement enrichi, vraisemblablement stockées dans des dépôts souterrains profonds et difficiles d’accès.
Bien qu’Israël ait visé certaines installations liées à son programme nucléaire, dont une usine d’enrichissement d’uranium, les frappes américaines se sont principalement concentrées sur les capacités militaires conventionnelles de la République islamique, sur ses dirigeants et sur ses infrastructures militaires et industrielles. C’est l’une des raisons pour lesquelles l’impact global des frappes est resté limité, ont indiqué les sources.
L’analyse d’Éric Brewer
L’analyste américain Éric Brewer, qui a déjà participé à des évaluations du programme nucléaire iranien, a déclaré n’être pas surpris, étant donné que les récentes attaques n’ont pas visé principalement des cibles nucléaires. «À notre connaissance, l’Iran possède toujours la totalité de son arsenal nucléaire, probablement stocké dans des dépôts souterrains profonds, inaccessibles aux munitions américaines», a-t-il affirmé.
- Une version qui contredit les déclarations de Donald Trump
Ces évaluations des services de renseignement américains contrastent fortement avec les déclarations de Donald Trump, qui avait affirmé que les frappes menées contre l’Iran avaient permis de détruire une grande partie des capacités nucléaires et militaires de Téhéran. Le président américain avait présenté l’opération comme un succès stratégique majeur, capable de retarder durablement les ambitions nucléaires iraniennes.
Or, selon les évaluations relayées par plusieurs sources du renseignement, l’impact des attaques serait resté limité. Si certaines infrastructures ont bien été endommagées, le cœur du programme nucléaire iranien, notamment les stocks d’uranium enrichi ainsi que les installations souterraines, semblerait être resté largement préservé.
Ces divergences, disent certains analystes, mettent en lumière les difficultés à évaluer avec précision l’efficacité réelle des frappes et alimentent le débat sur la capacité des opérations militaires à entraver durablement les ambitions nucléaire de Téhéran.