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Iran : Donald Trump annonce un cessez-le-feu de deux semaines, conditionné à la réouverture du détroit d’Ormuz

(Rome, 08 avril 2026). Donald Trump annonce un cessez-le-feu de deux semaines avec l’Iran, conditionné à la réouverture du détroit stratégique d’Ormuz. Négociée avec la médiation du Pakistan, cette trêve temporaire vise à ouvrir la voie à un accord de paix plus large, mais reste entourée d’incertitudes quant à la réaction de Téhéran et d’Israël

Le président américain Donald Trump a annoncé un accord pour un cessez-le-feu de deux semaines avec l’Iran, à l’approche de l’échéance de 20h00 (heure locale) au cours de laquelle il avait menacé de «détruire une civilisation entière» si Téhéran ne rouvrait pas le détroit d’Ormuz. Dans un message publié sur Truth Social, Trump a expliqué que cet accord avait été conclu à la demande du Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif et du maréchal Asim Mounir, qui avaient exhorté à suspendre l’attaque imminente. Washington affirme que la République islamique doit accepter la «réouverture complète, immédiate et sécurisée» de ce détroit stratégique, crucial au transit mondial du pétrole. A ce stade, aucune réaction n’a été enregistrée du côté iranien suite à cette annonce, écrit Roberto Vivaldelli dans le portail italien «Inside Over».

L’annonce de Trump sur Truth

«Suite à mes entretiens avec le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif et le maréchal Asim Mounir, qui m’ont demandé de renoncer aux frappes militaires destructrices prévues ce soir contre l’Iran, et à condition que la République islamique accepte l’ouverture complète, immédiate et sécurisée du détroit d’Ormuz, j’accepte de suspendre les bombardements et les attaques contre l’Iran pour une durée de deux semaines. Il s’agira d’un cessez-le-feu bilatéral !», a écrit Trump.

Le président a justifié cette décision en soulignant que les États-Unis avaient déjà «atteint voire dépassé tous leurs objectifs militaires» et étaient «très avancés» dans la perspective d’un accord définitif pour une paix durable avec l’Iran et dans l’ensemble du Moyen-Orient. «Nous avons reçu une proposition en dix points de l’Iran et nous pensons qu’elle constitue une base viable pour négocier. Presque tous les points litigieux antérieurs ont fait l’objet d’un accord entre les États-Unis et l’Iran, mais une période de deux semaines permettra de finaliser et de perfectionner cet accord. Au nom des États-Unis d’Amérique, en ma qualité de Président, et également au nom des pays du Moyen-Orient, c’est un honneur de voir ce problème de longue date sur le point d’être résolu», a ajouté Trump.

Les incertitudes

La médiation du Pakistan a été déterminante. Ces dernières heures, le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, a officiellement appelé à un cessez-le-feu de deux semaines, exhortant l’Iran à rouvrir le détroit et à cesser immédiatement les attaques israélo-américaines afin de protéger les infrastructures critiques de la République islamique. Cette proposition, avancée par Islamabad après plusieurs jours d’intenses négociations menées conjointement avec l’Égypte et la Turquie, intervient au moment le plus critique de la crise. Même depuis le Vatican, le Pape Léon XIV a appelé à la fin d’une «guerre injuste».

Il reste à voir quelle sera la réaction de Téhéran, étant donné que les précédentes annonces de Trump sont restées lettre morte et que Téhéran n’a pas encore commenté l’annonce du président américain. Et surtout, quelle sera la proposition d’Israël ? Jeremy Scahill, de «Drop Site News», a rapporté qu’un haut responsable iranien lui aurait confié que la proposition de cessez-le-feu temporaire avancée par le Premier ministre pakistanais est fondamentalement identique aux tentatives précédentes de Trump, que Téhéran avait déjà rejetées. L’Iran avait en effet soumis ses conditions pour négocier la fin de la guerre. «Une proposition équilibrée, partagée par tous les médiateurs, a déjà été soumise à la partie américaine», a déclaré le responsable. «Washington dispose désormais de tous les éléments nécessaires pour prendre une décision qui mettra fin au conflit».

Une trêve fragile aux équilibres incertains

L’annonce d’un cessez-le-feu temporaire ouvre une fenêtre diplomatique, mais sa concrétisation dépendra avant tout de la réaction de Téhéran, qui a jusqu’ici rejeté des propositions similaires et posé ses propres conditions pour mettre fin au conflit. De son côté, Tel-Aviv, directement engagé dans les opérations militaires, pourrait considérer cette trêve comme prématurée ou insuffisante au regard de ses objectifs stratégiques. Entre exigences iraniennes, calculs sécuritaires israéliens et pression internationale, l’accord esquissé apparaît davantage comme une pause tactique que comme une véritable percée vers la paix. Les deux semaines à venir seront donc décisives pour déterminer s’il s’agit d’un simple répit ou du début d’un processus durable de désescalade.

Le nœud stratégique : Israël pose un principe simple

Même s’il y a un accord avec Téhéran, Israël se réserve le droit de continuer à frapper le Hezbollah au Liban dans un objectif de le décapiter. C’est cohérent avec sa doctrine : neutraliser durablement le Hezbollah (une menace directe au nord) et créer une zone tampon au Liban si nécessaire. Mais Téhéran pense exactement l’inverse, qui raisonne en «axe de la Résistance» intégré : le Hezbollah au Liban, les milices chiites irakiennes et les Houthis. Pour un analyste italien, «sans inclusion du Hezbollah dans l’accord, la trêve a de fortes chances d’échouer ou de rester symbolique».

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