(Rome, 30 mars 2026). Les États-Unis renforcent leur présence militaire dans le Golfe avec des milliers de Marines et des moyens navals, laissant planer la possibilité d’opérations terrestres contre l’Iran. Entre menaces d’escalade, avertissements de Téhéran et efforts diplomatiques pour rouvrir le détroit d’Ormuz, le conflit entre dans une phase critique et incertaine. Le porte-avions Tripoli a également été dépêché. «Toutes les options sont envisagées». Le régime de Téhéran réplique : «Trump prépare une invasion ? Nous allons incendier ses troupes», menaçant d’attaquer le Lincoln
Vers une nouvelle phase du conflit
Les États-Unis sont prêts pour un tournant dans la guerre contre l’Iran. Le Pentagone se prépare à des semaines d’opérations terrestres, tandis que des milliers de soldats et de Marines américains affluent au Moyen-Orient pour ce qui pourrait devenir une nouvelle phase dangereuse du conflit si le président Donald Trump décidait d’opter pour une escalade.
Des opérations limitées mais stratégiques
Selon certaines sources du Washington Post, les opérations terrestres ne prendraient pas la forme d’une invasion à grande échelle, mais plutôt des incursions menées par les forces spéciales et l’infanterie, écrit Valeria Robecco dans «Il Giornale». «Il incombe au Pentagone de préparer toutes les options possibles pour le commandant en chef. Cela ne signifie pas pour autant qu’il a déjà pris sa décision», a souligné Karoline Leavitt, porte-parole de la Maison Blanche. Parallèlement, la chaine CNN rapporte que l’USS Tripoli est arrivé dans la région avec 3.500 marins et Marines à son bord.
Entre négociation et menace d’escalade
Ces derniers jours, l’administration américaine a alterné entre déclarations évoquant une désescalade imminente du conflit et menaces d’escalade. Bien que Donald Trump ait exprimé son souhait de négocier une issue au conflit, Leavitt a averti mardi que si le régime de Téhéran ne renonçait pas à ses ambitions nucléaires et ne cessait pas ses menaces contre les États-Unis et leurs alliés, le président est «prêt à déchaîner les enfers» contre lui.
La réponse ferme de l’Iran
Les forces iraniennes «attendent l’arrivée des troupes américaines sur le territoire pour les réduire en cendres et punir définitivement leurs partenaires régionaux», a déclaré le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf. «Nos missiles sont en position. Notre détermination et notre confiance sont accrues». Parallèlement, le porte-parole du commandement opérationnel iranien, Ebrahim Zolfaghari, a mis en garde les États-Unis contre toute tentative d’envoyer des troupes pour occuper les îles du pays : «Les commandants et les soldats américains deviendraient une proie facile pour les requins du Golfe persique», a-t-il averti.
Les déclarations des responsables iraniens rappellent celles de Mohammed Saïd al-Sahhaf, ministre irakien de l’Information lors de la guerre de 2003, qui affirmait que l’armée irakienne avait décimé les troupes américaines alors même que celles-ci se trouvaient aux portes de Bagdad.
Objectifs stratégiques et incertitudes
Selon des analystes cités par les médias américains, ce déploiement massif de troupes pourrait viser soit à obtenir des concessions de l’Iran, soit à préparer l’offensive finale de l’opération «Epic Fury», qui permettrait à Trump de crier victoire. Cela ne sera toutefois possible que si le détroit d’Ormuz est rouvert. «Le président dispose d’options limitées pour mettre fin à la guerre. Cela s’explique en partie par le manque de clarté d’un résultat satisfaisant», explique Jonathan Panikoff, ancien conseiller-adjoint à la sécurité nationale pour le Moyen-Orient, dans une interview accordée à Reuters.
Intensification des frappes
Hier, les médias d’État iraniens ont rapporté que des frappes de missiles américaines et israéliennes avaient touché une ville portuaire près du détroit d’Ormuz, tandis que l’armée de l’air israélienne a mené une nouvelle vague de frappes à Téhéran et dans d’autres régions du pays, visant des infrastructures du régime (plus de 140 cibles au cours des dernières 24 heures, selon Tsahal).
Initiatives diplomatiques autour du détroit d’Ormuz
Sur le plan diplomatique, lors des pourparlers qui se sont tenus hier à Islamabad entre le Pakistan, la Turquie, l’Égypte et l’Arabie saoudite, les premiers échanges auraient porté sur des propositions de réouverture du détroit d’Ormuz. Les médiateurs auraient examiné des propositions relatives au trafic maritime, que le Pakistan avait transmises à la Maison Blanche avant la réunion.
Vers un consortium régional ?
Parmi les différentes options, une proposition émanant du Caire suggère l’instauration de tarifs douaniers similaires à ceux du canal de Suez. La Turquie, l’Égypte et l’Arabie saoudite pourraient former un consortium chargé de gérer le transit des cargaisons de pétrole dans le détroit, une idée qui aurait été évoquée avec les États-Unis et l’Iran.
Un équilibre fragile au bord de la rupture ?
Entre démonstration de force américaine, menaces explicites de l’Iran et tentatives de médiation régionale, la situation reste extrêmement volatile. Si une escalade militaire demeure possible, l’issue du conflit dépendra autant des choix stratégiques de Washington que de la capacité des acteurs régionaux à éviter un embrasement autour du détroit d’Ormuz, point névralgique du commerce énergétique mondial.