(Roma, 24 mars 2026). La décision du Liban de retirer l’accréditation de l’ambassadeur iranien marque une nouvelle étape dans la dégradation de ses relations avec l’Iran. En optant pour une mesure diplomatique aussi ferme, Beyrouth envoie un signal politique fort, révélateur de tensions plus profondes liées aux équilibres régionaux et aux enjeux d’influence au Levant
Les autorités de Beyrouth ont franchi un nouveau palier dans leurs relations avec Téhéran en convoquant le chargé d’affaires iranien au Liban, Tawfik Samadi Khoshkho. Lors de cet entretien, le secrétaire général du ministère libanais des Affaires étrangères, l’ambassadeur Abdel Sattar Issa, a officiellement notifié la décision de retirer l’agrément accordé à l’ambassadeur iranien désigné, Mohammad Reza Cheibani.
Déclaré «persona non grata», ce dernier est désormais tenu de quitter le territoire libanais au plus tard le dimanche 29 mars 2026. Une mesure rare qui traduit une dégradation manifeste des canaux diplomatiques entre les deux pays.
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Parallèlement, Beyrouth a rappelé pour consultations son ambassadeur en poste à Téhéran, Ahmad Sweidan. Ce double mouvement diplomatique souligne la gravité de la situation, Beyrouth accusant Téhéran d’avoir enfreint les normes et usages régissant les relations bilatérales.
Au-delà de l’incident immédiat, cette décision s’inscrit dans un contexte régional tendu, où l’influence iranienne au Liban constitue depuis longtemps un point de friction majeur. En optant pour une mesure aussi explicite, les autorités libanaises semblent chercher, bien que tardivement, à réaffirmer leur souveraineté diplomatique tout en envoyant un message politique clair, tant à leurs partenaires régionaux qu’à la communauté internationale.
Au-delà de l’incident diplomatique, cet épisode met en lumière la question plus structurelle de l’influence de l’Iran au Liban, notamment à travers son soutien au Hezbollah. Perçue par une partie de la classe politique libanaise comme une ingérence persistante dans les affaires internes du pays, cette présence continue d’alimenter les tensions institutionnelles et diplomatiques.
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Selon plusieurs commentateurs, il reste à savoir si ce signal suffira à infléchir les dynamiques en place, ou s’il ne fera qu’accentuer une polarisation déjà profondément ancrée dans le paysage politique libanais.
(Par Dario S. Roma)