(Rome, 15 mars 2026). Dans un contexte de tensions extrêmes au Moyen-Orient, le Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) menace directement le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu et revendique des frappes contre des installations américaines dans la région. Pendant la nuit, une série d’attaques croisées entre l’Iran, Israël et leurs alliés a touché plusieurs sites stratégiques, tandis que le Hezbollah a lancé des roquettes depuis le Liban sur le nord d’Israël
Menace directe contre le Premier ministre israélien
La «fatwa» des Pasdarans : le Corps des gardiens de la révolution islamique d’Iran (CGRI) menace le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu, affirmant que s’il est encore en vie, «nous continuerons à le traquer et à le tuer avec toute notre force». C’est ce qui ressort d’un communiqué des Pasdarans, rapporté par l’agence de presse «Fars».
Les Gardiens de la révolution affirment avoir frappé trois bases aériennes américaines dans la région avec des missiles et des drones, ciblé un «centre névralgique des forces américaines» près de la base aérienne d’Al-Harir à Erbil, et avoir détruit les bases aériennes Ali Al-Salem et Arifjan au Koweït grâce à de «puissants missiles et drones iraniens». Le communiqué précise que ces attaques s’inscrivent dans le cadre de la 52e vague de l’«Opération Promesse 4», décrite comme une riposte à la mort de travailleurs dans des zones industrielles iraniennes, tel que rapporté par le quotidien «Il Tempo».
Une nuit d’attaques dans toute la région
Parallèlement, les frappes croisées se poursuivent dans l’ensemble de la région. Les attaques de missiles balistiques iraniens contre Israël, visant notamment la région de Jérusalem, le sud et même le nord du pays, ont débuté hier à minuit. On ignore pour l’heure si tous les missiles ont été interceptés. L’Iran a annoncé le lancement de l’opération «Vague 53», comprenant un «tir combiné de 10 missiles hypersoniques Fatah et Qadr et de drones destructeurs contre les forces terroristes américaines stationnées sur la base d’Al-Dhafra, qui effectuaient selon Téhéran une mission de soutien informationnel». Cette base aérienne se trouve à environ 30 kilomètres d’Abou Dhabi et abrite le commandement de combat de l’armée de l’air des Émirats arabes unis ainsi que le quartier général régional de l’armée de l’air des États-Unis, selon BBC Persian.
Riposte israélo-américaine et tirs depuis le Liban
De leur côté, les forces israélo-américaines ont attaqué et infligé de lourds dégâts au centre de recherche spatiale iranien. La chaine Al-Jazeera a diffusé des images montrant l’installation en flammes.
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Ce centre développe des technologies satellitaires et de détection jugées essentielles aux services de renseignement et l’armée iraniens. Depuis le Liban, enfin, le Hezbollah a tiré dix missiles sur Haïfa, sans faire de victimes.
Une tension régionale de plus en plus explosive
Cette nouvelle série d’attaques et de menaces illustre l’escalade rapide des tensions entre l’Iran et Israël, dans un contexte où les puissances régionales et internationales se retrouvent de plus en plus impliquées. Les frappes revendiquées par le Corps des Gardiens de la révolution islamique, les ripostes israélo-américaines et les tirs de roquettes menés par Hezbollah depuis le Liban témoignent d’un conflit qui dépasse désormais le cadre bilatéral.
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«Alors que les menaces visant directement le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu marquent un durcissement inédit du discours iranien, la multiplication des frappes et des opérations militaires fait craindre une extension du conflit à l’ensemble du Moyen-Orient», estime une source régionale. «Dans une région déjà fragilisée par de multiples crises, la perspective d’une escalade militaire plus large alimente l’inquiétude de la communauté internationale», ajoute la source.
Le dossier libano-israélien toujours dans l’impasse
En parallèle, le front entre Israël et le Liban reste marqué par une forte tension diplomatique et militaire. Selon plusieurs sources, Tel‑Aviv aurait rejeté le processus de pourparlers proposé par Paris, estimant que toute négociation serait prématurée tant que l’anéantissement décisif du Hezbollah ne sera pas effectif.
Pour les autorités israéliennes, engager des discussions avant d’avoir anéantit les capacités militaires et le commandement des «miliciens de Dieu» risquerait de figer un équilibre jugé défavorable sur la frontière nord. Cette position contribue à maintenir l’impasse diplomatique et laisse craindre la poursuite d’un cycle d’attaques et de représailles, alors que la frontière libano-israélienne demeure l’un des points les plus sensibles de la région.