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Qatar : Israël frappe le Hamas à Doha. Les figures visées, de Khaled Mechaal à Khalil al-Hayya

(Rome, 09 septembre 2025). Israël a frappé pour la première fois le sol qatari, visant la direction du Hamas réunie à Doha. L’opération aérienne d’une ampleur inédite aurait cherché à éliminer les principaux chefs du Hamas. Si le groupe dément la mort de ses leaders, il reconnaît toutefois la perte du fils de Khalil al-Hayya, figure centrale de son bureau politique. Pour la deuxième fois en deux mois, Doha, a été attaquée par deux camps opposés dans le conflit qui perdure au Moyen-Orient. Le 23 juin, les missiles iraniens ont symboliquement réglé les comptes avec les États-Unis et Israël, à la suite des attaques coordonnées contre la République islamique

Avec une attaque sans précédent sur le sol qatari, qui, selon la presse israélienne, avait été autorisée par Donald Trump, l’État hébreu tente d’éliminer l’ensemble de la direction du mouvement islamiste Hamas. L’opération, menée par l’armée de l’air et le Shin Bet, le service de renseignement intérieur, a été baptisée «Atzeret HaDin», ou «Sommet du Feu», et a mobilisé une escadrille de 15 chasseurs-bombardiers qui a parcouru 1.800 kilomètres entre Israël et Doha, rapporte Fabio Tonacci dans le quotidien italien «La Repubblica».

En début d’après-midi, plusieurs explosions ont été entendues successivement dans la capitale qatarie. «Une attaque lâche menée par Israël a visé des immeubles résidentiels abritant plusieurs membres du bureau politique du Hamas», a déclaré Majed al-Ansari, porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères.

Qui dirige le Hamas ?

Après l’assassinat de Yahya Sinwar en octobre 2024, le Hamas n’a pas officiellement nommé de nouveau chef suprême : le commandement est confié à un conseil de cinq membres, composé de Mohammad Darwish, Khalil al-Hayya, Khaled Mechaal, Zael Jabbarin et Nizar Awadallah. Parmi eux, Darwish semble avoir pris une place prépondérante, du moins symbolique, comme en témoigne la récente visite du groupe en Iran : Darwish a été le premier de la délégation à saluer l’ayatollah Ali Khamenei.

L’armée israélienne a confirmé l’opération. «Depuis des années, ces membres du Hamas dirigent les opérations de l’organisation terroriste. Ils sont responsables du massacre du 7 octobre et ont orchestré la guerre contre Israël», peut-on lire dans un communiqué officiel publié par Tsahal.

Qui était visé par l’attaque ?

Les informations sont encore rares et non vérifiées. Les chaînes de télévision saoudiennes font état de la mort de quatre «hauts responsables » du mouvement islamiste palestinien, mais le Hamas, interrogé par Al-Jazeera, dément la mort de ses dirigeants. «Ils ont survécu, mais il y a des victimes, dont le fils de Khalil al-Hayya».

Les médias qataris et saoudiens s’accordent à dire que Khalil al-Hayya faisait partie des cibles. Membre important du Bureau politique du Hamas, il dirige l’équipe de négociation à Doha depuis le début de la guerre à Gaza et demeure le directeur politique de la bande de Gaza. C’est lui qui avait annoncé, il y a trois semaines, que le mouvement islamiste avait accepté «sans condition» la proposition de trêve présentée par le Qatar et l’Égypte. Né à Gaza en 1960, il est considéré comme l’un des hommes les plus proches de Yahya Sinwar, le cerveau de l’attaque du 7 octobre.

Qu’est-ce qui a été frappé ?

Autre information à vérifier : il semble qu’une réunion de haut niveau du Hamas se soit tenue cet après-midi afin de définir la position du groupe concernant les négociations avec Israël. Le «Sommet du Feu», qui a donné son nom à l’opération ferait référence à cette opération. Selon plusieurs sources israéliennes et la chaîne irakienne «Sabrin News», le quartier général du Hamas à West Bay Lagoon aurait été frappé par dix missiles à forte capacité destructrice, alors qu’une réunion avait eu lieu entre al-Hayya, Mechaal, Darwish, Razi Hamad et Izzat al-Rishq.

«L’attaque est entièrement une opération israélienne», a annoncé le cabinet du Premier ministre Benyamin Netanyahu, semblant ainsi vouloir dissocier les États-Unis de l’opération, car ils disposent de la plus grande base américaine au Moyen-Orient au Qatar, à Al-Oudeid.

La chaîne saoudienne Al-Arabiya affirme que Khalil al-Hayya a été tué, son bureau ayant été pris pour cible directement. Al-Hadath, une autre chaîne saoudienne, ajoute que Zael Jabareen (chef du Hamas en Cisjordanie, représentant l’aile dure du mouvement), le vieux Khaled Mechaal (né à Silwad, en Cisjordanie, en 1956, qui a dirigé le Hamas de 1996 à 2017) et Nizar Awdallah (membre du bureau politique, proche de Cheikh Yassine, fondateur du groupe Hamas) auraient aussi péri. Cependant, comme indiqué précédemment, le Hamas dément ces informations.

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