(Rome, 30 août 2025). Huit mois après son retour à la Maison-Blanche, the Donald promet toujours la paix mais ne récolte que la confusion. Derrière ses discours enflammés, aucune avancée majeure en Ukraine, à Gaza ou sur la scène internationale, si ce n’est des profits pour l’économie américaine, souvent aux dépens de ses alliés. Un jeu dangereux qui pourrait transformer l’Occident en simple «tigre de papier». Plus encore, en multipliant les promesses sans résultats, Trump fragilise l’autorité américaine et, avec elle, celle de l’Occident. Entre menaces non suivies d’effets, des conflits qui s’éternisent et des alliances mises à rude épreuve, la stratégie trumpienne risque de transformer Washington en simple spectateur, au risque de perdre la bataille de la crédibilité face à Moscou et Pékin
Qu’un président américain défende les intérêts de son pays et de ses industries, cela se comprend. Le problème, c’est que pour l’instant, il n’y a rien d’autre, et que les profits – un détail loin d’être négligeable – Donald Trump les a tous réalisés aux dépens de ses alliés.
Mao Zedong, fondateur de la République populaire de Chine, disait : «grande est la confusion sous le ciel, la situation est excellente». S’il est difficile d’imaginer une personnalité plus éloignée de lui, hormis quelques traits autoritaires, Donald Trump pourrait aisément faire sienne cette célèbre phrase, tant il a, en huit mois, plongé le monde dans un état de confusion totale : il avait promis d’imposer la paix en Ukraine en 24 heures, mais la semaine dernière, Kiev a subi les bombardements les plus sanglants depuis le début de la guerre, et après une avalanche de promesses et de menaces, nous n’avons vu ni les fameuses sanctions secondaires, tant vantées, censées ramener Poutine à la raison, ni une moindre trêve, écrit Augusto Minzolini dans les colonnes du quotidien «Il Giornale».
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Et pourtant, alors que des gens meurent chaque jour à Gaza, que les derniers otages israéliens ne sont toujours pas rentrés chez eux et que le Hamas survit, Washington continue de caresser l’idée de transformer la bande de Gaza en une nouvelle Côte d’Azur. Enfin, pour ne citer qu’un exemple, après avoir bouleversé l’économie mondiale, le magnat s’en prend à nouveau à l’Europe et entend dicter ses conditions aux règlements de Bruxelles concernant les «Big Tech» américaines, comme si les lois de l’UE devaient être rédigées à la Maison Blanche.
À y regarder de plus près, le bilan des résultats pour la paix mondiale est bien maigre. Ce n’est certainement pas digne d’un prix Nobel. Pourtant, si l’on examine les comptes américains, le constat est tout autre : la seule boussole dans la grande confusion qui accompagne la politique de Trump est, en réalité, les profits pour le budget des USA, qu’il s’agisse des droits de douane, du pétrole, des terres rares, des grandes entreprises ou des armes destinées à l’industrie de guerre ukrainienne, financées, bien sûr, par l’OTAN, donc par les Européens.
Qu’un président américain fasse passer les intérêts de son pays et de ses industries en priorité, c’est normal. Absolument. Le problème, c’est que pour l’instant, il n’y a rien d’autre à faire, et Trump a réalisé tous ses profits (un détail important) au détriment de ses alliés, tout en proposant des affaires à ceux qui, sur le papier, devraient être ses ennemis. Il suffit de rappeler que lors de la réunion en Alaska, si l’on croit le «Financial Times», le président Trump, au lieu de convaincre par la persuasion ou par la menace le Tsar d’emprunter la voie d’un accord, s’est mis à spéculer sur l’exploitation des gisements pétroliers de l’Extrême-Orient russe qui intéressent tant Exxon.
Au nom du pragmatisme et de la realpolitik, cela pourrait être admissible si ces affaires faisaient taire les armes, mais malheureusement, pour l’heure, ce n’est pas le cas. Le paradoxe, c’est que pendant que le mot «paix» revient sans cesse dans la bouche du président américain, les conflits dans le monde continuent de s’éterniser. Résultat : cette grande aspiration, au lieu de se concrétiser, elle se dévalue.
Dans le monde de la confusion, il est d’usage de parler beaucoup et de faire peu, parce qu’on ne donne pas le poids nécessaire aux mots : nul besoin d’être un génie pour comprendre qu’à la table des négociations Poutine ne s’assiéra que s’il y est contraint, seulement s’il fait face à une alternative pire. Ainsi, si vous menacez le Kremlin de sanctions pour le contraindre à de véritables négociations, après deux semaines, un mois, deux mois, sans faits nouveaux, vous devez les mettre en œuvre : votre crédibilité est en jeu.
Sinon, vos avertissements finiront sur la scène d’un festival de paroles creuses, sans suite et vous ne serez plus crédible. Et avec vous, l’Amérique, l’Europe et l’Occident ne le seront non plus. Ils se révéleront être de simples «tigres de papier», donnant, une fois de plus, comble de l’ironie, raison à Mao Zedong.