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L’Autriche introduira le crime d’«islam politique»

(Rome 11 novembre 2020). La mesure, annoncée par le chancelier, vise à cibler «ceux qui créent un terreau fertile pour le terrorisme» et fera partie du paquet antiterroriste du gouvernement.

Dix jours après l’attaque du centre de Vienne, l’Autriche intensifie ses mesures de lutte contre le terrorisme. Et il décide d’instituer « le crime ‘d’islam politique’, afin de pouvoir poursuivre ceux qui ne sont pas des terroristes, mais qui leur créent un terrain fertile », annonce le chancelier Sebastian Kurz sur Twitter, en réponse à l’attaque islamiste qui a fait quatre victimes.

Au lendemain du mini-sommet avec Emmanuel Macron, Angela Merkel et Mark Rutte sur la réponse européenne au terrorisme affectant l’ensemble du Vieux Continent, le leader du parti populaire autrichien, âgé de 34 ans, présente son projet. Parmi les nouveautés, « un élargissement des possibilités de fermeture des lieux de culte » est attendu. Un registre des imams sera également mis en place et un resserrement des lois sur les associations et les symboles. Enfin, le chancelier annonce des mesures pour « assécher les flux financiers en soutien au terrorisme ».

Le paquet «anti-terrorisme» a été lancé par le gouvernement et présenté à la presse par le chancelier, flanquée de cinq ministres, comme s’il voulait souligner la portée des mesures. Les points les plus importants comprennent, entre autres, le bracelet électronique pour ceux qui sortent de prison après une arrestation préventive, ainsi que la prolongation de la détention au-delà de la peine prononcée pour terrorisme.

La législation contre la propagation de «l’islam politique» sera durcie, comme l’a appelé le chef du gouvernement autrichien. La création d’un procureur spécial antiterroriste est également envisagée.

Environ 300 combattants étrangers en Autriche

Selon des estimations, présentées lors d’une conférence de presse par Kurz, il y a actuellement environ 300 anciens combattants étrangers en Autriche, y compris dans le compte, non seulement ceux qui ont effectivement combattu, mais aussi les djihadistes qui se préparaient à partir. Beaucoup, après avoir purgé leur peine, reviennent en liberté et – selon le chancelier – représentent une « bombe à retardement ».

Étant donné que dans le cas de l’agresseur de Vienne, le programme de déradicalisation a manifestement échoué, le gouvernement veut prévoir une prolongation de la détention, comme c’est déjà le cas pour les individus particulièrement dangereux et pour les criminels souffrant de troubles mentaux. Le vice-chancelier vert Werner Kogler a clairement indiqué que cette répression concerne tous les extrémistes «qui veulent diviser et déstabiliser» le pays, donc aussi les néo-nazis.

Soutien de Bruxelles

Pendant ce temps, des signes de soutien viennent de Bruxelles. «Le moment est venu pour l’UE d’améliorer sa coordination dans la lutte contre le terrorisme et en particulier contre le terrorisme islamiste. Nous ne pouvons pas nous permettre d’attendre que d’autres attaques terroristes se produisent et que d’autres victimes innocentes perdent la vie avant d’agir », a déclaré Manfred Weber, président du groupe PPE au Parlement européen lors d’une réunion de groupe avec la chancelière autrichienne. (Ticinonews-ATS)

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