(Rome, 08 novembre 2026). Alors que les tensions entre Washington et Téhéran restent vives, Donald Trump, dans un entretien téléphonique accordé à CNN, affiche son optimisme quant à l’issue des négociations. Le locataire de la Maison-Blanche estime qu’un accord diplomatique pourrait écarter le risque d’une reprise des hostilités avec Téhéran, assurant cependant qu’il était prêt à frapper de nouveau
Le président américain, Donald Trump, estime qu’il est «très improbable» d’avoir à ordonner une reprise de la guerre contre l’Iran, à condition que les négociations sur le programme nucléaire de Téhéran et sur la réouverture du détroit d’Ormuz progressent. Dans un entretien téléphonique de vingt minutes accordé à CNN, le président américain a répété cinq fois cette appréciation, tout en avertissant que les forces américaines sont prêtes à frapper, comme le rapporte l’agence italienne «AGI».
Trump : «nous les avons frappés durement»
«Cela dépendra du fait qu’ils signent ou non un accord très solide», a-t-il déclaré à Jim Sciutto. «Il est très improbable que cela soit nécessaire. Je le ferais si c’était nécessaire, mais nous les avons déjà frappés très durement», a-t-il ajouté. Selon lui, l’Iran est en train de s’«affaiblir financièrement» : «nous les avons frappés militairement. Nous pourrions les achever».
Un dispositif militaire prêt à l’action
Le président des Etats-Unis a assuré que le dispositif américain dans la région était prêt pour une éventuelle nouvelle attaque. «Nous sommes prêts. J’ai trois porte-avions ici. Le dernier vient tout juste d’arriver. Nous en avons trois. Ils sont entièrement armés et prêts à passer à l’action», a-t-il affirmé.
Des ponts dans le viseur
Washington a identifié des cibles liées aux infrastructures, notamment des centrales électriques et des ponts, a-t-il poursuivi. «Nous avons 38 ponts dans notre viseur que nous pourrions abattre littéralement, en une heure. Ils seraient tous détruits», a-t-il assuré. Trump a toutefois affirmé vouloir éviter cette option : «Je ne veux pas le faire car, en substance, il faudrait dix ans pour les reconstruire». «Je n’aime pas détruire des ponts», a-t-il conclu.
Entre les déclarations rassurantes et les préparatifs militaires : une contradiction persistante
La position du président Trump sur le dossier iranien est marquée par des signaux contradictoires qui entretiennent l’incertitude quant aux véritables intentions de Washington.
D’une part, le président a présenté comme «improbable» la perspective d’ordonner aux forces américaines de frapper de nouveau l’Iran, laissant ainsi entendre que la voie diplomatique demeure privilégiée. De l’autre, des informations publiées les 27 et 28 octobre dernier par plusieurs médias, notamment à partir de révélations du Wall Street Journal, font état de mises en garde américaines adressées à plusieurs pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG). Washington leur aurait demandé de se préparer à l’éventualité d’une nouvelle campagne militaire contre l’Iran, qui pourrait intervenir après les élections américaines de mi-mandat du 3 novembre.
«Comment Trump peut-il juger improbable une nouvelle intervention militaire alors que son administration semble, dans le même temps, préparer ses alliés régionaux à cette éventualité» ? s’interrogent plusieurs experts régionaux consultés récemment. Et nos sources d’ajouter : Trump, veut-il vraiment éviter une nouvelle guerre ou entend-il maintenir la menace militaire pour obtenir un accord aux conditions américaines ?
En définitive, le paradoxe de la position américaine réside dans cette coexistence entre l’espoir d’un règlement négocié et la préparation d’un scénario militaire. Et c’est précisément cette ambiguïté qui place les négociations avec l’Iran sous une pression permanente.