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Zelensky espère compter sur les démocrates américains. Rome «promet» de nouvelles aides

(Rome, 06 novembre 2026). Alors que Volodymyr Zelensky cherche à consolider ses appuis au sein des démocrates américains, Rome affiche pour sa part une volonté de poursuivre son soutien à l’Ukraine. Giorgia Meloni promet de nouvelles aides à Kiev et plaide pour une position commune des alliés, estimant qu’une «voix unique» est indispensable face aux enjeux du conflit

Le président ukrainien mise sur le nouveau Congrès américain

C’est sur le front ukrainien que se manifeste l’une des premières répercussions de la débâcle de Donald Trump lors des élections de mi-mandat. Le président Zelensky a d’ores et déjà commencé à faire pression sur les nouveaux élus, tentant même de tirer parti de la déception ressentie par certains membres du parti du magnat. Zelensky a exprimé l’espoir, suite à la victoire des démocrates à la Chambre comme au Sénat, de «recevoir un soutien accru» de la part des États-Unis. «Je suis reconnaissant aussi envers les Républicains, mais les Démocrates affichent clairement leur volonté de soutenir l’Ukraine, de fournir des aides et de renforcer les liens entre les États-Unis et l’Europe», a expliqué le dirigeant ukrainien. C’est pourquoi, souligne-t-il, il espère qu’«un équilibre des pouvoirs sera atteint». Un souhait assorti d’une nouvelle accusation contre la Russie : celle d’avoir commencé à envoyer au front des enfants ukrainiens précédemment déportés, écrit Francesco De Remigis dans son décryptage dans «Il Giornale».

Les enfants ukrainiens déportés, puis envoyés combattre contre leur propre pays

Les déclarations de Volodymyr Zelensky sur le sort des enfants ukrainiens emmenés de force en Russie et susceptibles, une fois devenus adultes, d’être envoyés sur le front contre l’Ukraine font écho à une intervention télévisée formulée par son épouse, Olena Zelenska, le 11 avril 2024.

A lire : Olena Zelenska sur la TG2 : la Russie déporte nos enfants et, une fois adultes, les envoie au combat

Dans une interview accordée à la TG2, la Première dame avait déjà dénoncé le risque de voir ces enfants, séparés de leurs familles et élevés sur le territoire russe, être progressivement assimilés à la société russe, puis mobilisés dans les rangs de l’armée de Moscou. Elle évoquait notamment des témoignages faisant état de jeunes Ukrainiens devenus adultes et appelés sous le drapeau russe pour combattre en Ukraine. Selon elle, plus de 19.000 enfants avaient alors été déportés en Russie, selon les données ukrainiennes. Les deux déclarations soulignent la crainte d’une double peine pour ces enfants : être arrachés à leur pays pendant leur enfance, puis potentiellement se retrouver, à l’âge adulte, dans les rangs d’une armée combattant leur propre nation.

Diplomatie en cascade : Madrid, Washington, Abou Dhabi

Des messages croisés interviennent alors que Zelensky a rencontré, à Madrid, le président du Conseil européen, Antonio Costa, avec qui il a discuté de nouvelles pistes pour accélérer le processus d’adhésion à l’UE. S’en est suivi un entretien téléphonique avec les émissaires américains, Witkoff et Kushner, en vue de la réunion trilatérale prévue à Abou Dhabi les 10 et 11 novembre, à laquelle la Russie prendra part.

L’Europe sous pression, Giorgia Meloni réclame un négociateur unique

Après avoir obtenu de l’Allemagne une enveloppe supplémentaire de 200 millions d’euros pour faire face à la période hivernale, Kiev intensifie également ses pressions sur l’UE. Et, pour compléter ces aides par une action diplomatique, la Première ministre italienne, Giorgia Meloni, a adressé une lettre à Costa : «Il est temps de trancher, une bonne fois pour toutes, sur qui siègera à la table des négociations pour représenter l’UE». Pour la Présidente du Conseil, l’Europe doit parler d’une seule voix ; nous ne pouvons plus attendre : «Le nom du négociateur devra être connu d’ici décembre». Pour sa part, la Commission européenne a débloqué 4,36 milliards d’euros dans le cadre d’un prêt au pays aux couleurs jaune et bleu. Ce soutien financier et militaire porte le montant total des aides de l’UE et de ses États membres, depuis le début de l’invasion russe, à 235,9 milliards d’euros, un chiffre qui inclut 3,8 milliards issus des revenus générés par les actifs russes immobilisés.

La «question ukrainienne» devient politique

Mais, au fil du temps, la «question ukrainienne» devient de plus en plus politique, surtout dans une Europe qui traverse une année électorale. En France, Marine Le Pen a déjà fait savoir qu’elle souhaitait mettre fin à l’aide économique apportée à Kiev, dans les six mois suivant une éventuelle victoire. En Italie, un débat a éclaté au sein même de la majorité gouvernementale ; le ministre de la Défense, Guido Crosetto, a adressé une mise en garde aux plus sceptiques : «Nous respecterons les engagements pris envers nos alliés européens, l’OTAN et l’Ukraine». Crosetto a annoncé qu’un «nouveau paquet d’aides a été préparé» pour cette année. C’est en ces termes que le ministre de la Défense a répondu à Carlo Calenda, chef du parti Azione, lors d’une séance de questions au Sénat. Le ministre sera auditionné mardi par le Copasir pour fournir davantage de détails. Crosetto souligne que «la situation sur le terrain a évolué : il y a peu, l’Ukraine parvenait à intercepter 90 % des attaques ; désormais, ce chiffre est tombé à 10 %, car la technologie russe a progressé et l’acheminement du matériel nécessaire s’est avéré complexe. «Malgré cela, nous avons préparé ce treizième paquet d’aides, honorant ainsi notre engagement, et nous continuerons à le faire», a poursuivi le ministre de la Défense.

Comme en Italie, Marine Le Pen menace de couper les aides à Kiev : le soutien à l’Ukraine devient un enjeu électoral

Le soutien occidental à l’Ukraine se heurte à des résistances politiques croissantes, y compris au sein des pays européens qui ont jusqu’ici accompagné Kiev.

Sur ce thème : France-Ukraine : si elle est élue, Marine Le Pen coupera les aides à Kiev au bout de six mois

En France, Marine Le Pen a franchi un nouveau cap en annonçant son intention de mettre fin à l’aide financière française à l’Ukraine si elle accède à l’Élysée en 2027. Une position qui fait écho aux contestations exprimées en Italie, où le soutien militaire à Volodymyr Zelensky divise désormais la classe politique et fragilise la cohésion de la majorité de Giorgia Meloni.

France et Italie : des manifestations aux slogans étonnamment similaires, un signal politique à ne pas négliger

Ce n’est probablement pas un hasard si la France et l’Italie, deux pays fondateurs de l’Union européenne et acteurs importants du soutien occidental à l’Ukraine, connaissent simultanément des mouvements de contestation dont les slogans et les revendications présentent de fortes similitudes.

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Depuis le 17 octobre, les mobilisations se multiplient dans les deux pays. En France, les manifestations, initialement portées par les lycéens et les étudiants, se sont progressivement élargies à des revendications sociales plus générales. En Italie, notamment à Milan, Turin et Bologne, les cortèges dénoncent également la vie chère, les difficultés d’accès au logement, les salaires insuffisants et la dégradation des services publics.

Un élément mérite d’être mis en avance : la reprise dans les cortèges italiens de mots d’ordre apparus en France. «Facciamo come in Francia» («Faisons comme en France») est ainsi devenu un slogan de mobilisation. Certains manifestants italiens ont également repris des expressions françaises, tandis que des manifestants français ont scandé des slogans italiens.

Par Paolo S. et Léa P. (Roma)

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