(Rome, 15 octobre 2026). Le conflit en Ukraine continue de susciter des débats sur le soutien occidental à Kiev. Marine Le Pen affirme vouloir mettre fin à l’aide financière française à l’Ukraine. Une position qui relance les interrogations sur l’engagement de Paris, les priorités budgétaires de la France et l’avenir de son soutien à l’effort de guerre ukrainien. «Dès mon élection, nous maintiendrons les aides pendant six mois, afin de ne mettre personne dos au mur. Mais ensuite, ce sera terminé»
Des contraintes budgétaires assumées
La France «n’est plus en mesure, sur le plan budgétaire, de fournir une aide financière à l’Ukraine. L’aide cessera : c’est une question d’honnêteté, nous n’en avons plus les moyens. La France, tout le monde l’aura compris, se trouve dans une situation extrêmement dangereuse». Telle est la ligne défendue par Marine Le Pen, candidate à l’élection présidentielle française. «Dès mon élection, nous maintiendrons l’aide pendant six mois, afin de ne mettre personne au pied du mur. Mais ensuite, nous cesserons l’aide financière à l’Ukraine, car nous n’en avons plus les moyens», a déclaré la dirigeante du Rassemblement national (RN) à la chaîne de télévision flamande VRT News, en marge d’une réunion à Bruxelles avec ses alliés européens du groupe des Patriotes, rapporte le portail «Adnkronos».
La Crimée, révélateur des positions de Marine Le Pen à l’égard de Moscou
Il convient de rappeler que le 24 mai 2023, Marine Le Pen a réaffirmé sa position sur la Crimée, péninsule ukrainienne annexée par la Russie en 2014. Elle a soutenu que les habitants de ce territoire avaient exprimé librement, par référendum, leur volonté de rejoindre la Russie.
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Elle a notamment déclaré que la Crimée avait été russe pendant deux siècles avant d’être rattachée à l’Ukraine à l’époque soviétique.
La position de la candidate à l’Elysée rejoint la justification avancée par Vladimir Poutine pour légitimer l’annexion de la péninsule. Toutefois, le référendum organisé en mars 2014 sous contrôle russe n’a pas été reconnu comme légitime par la France et de nombreux États, qui dénoncent une violation de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de l’Ukraine.
Kiev invitée à se tourner vers d’autres partenaires
Ne pouvant plus compter sur Paris, Marine Le Pen estime que Kiev pourrait se tourner vers «d’autres pays de l’Union européenne, dont la situation financière est meilleure que celle de la France et qui pourront, très probablement, prendre le relais».
Le 10 juin 2024, le Kremlin qualifie les dirigeants français d’«extrêmement hostiles»
Le 10 juin 2024, au lendemain des élections européennes et de l’annonce par Emmanuel Macron de la dissolution de l’Assemblée nationale, le Kremlin a déclaré suivre «avec attention» l’évolution de la situation politique en France. Cette déclaration intervient dans un contexte marqué par la progression du Rassemblement national (RN) et l’organisation d’élections législatives anticipées les 30 juin et 7 juillet 2024.
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Le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov, a indiqué que Moscou observait également la montée des partis de droite en Europe, dont certains défendent une approche plus restrictive du soutien à l’Ukraine. Source : TF1 Info, 10 juin 2024.
Wilders appelle l’Europe du Sud à payer sa part
Une position ferme a également été exprimée par Geert Wilders, chef du parti néerlandais PVV. Les Pays-Bas «figurent parmi les pays qui dépensent le plus, par habitant», pour aider l’Ukraine ; «il est donc temps que les pays d’Europe du Sud (l’Espagne, le Portugal, la Grèce et l’Italie) qui contribuent moins que nous, apportent leur part». Les Ukrainiens, ajoute Wilders, «méritent d’être aidés et ont besoin de notre soutien, mais nous devrions suspendre nos contributions, et d’autres pays de l’UE devraient faire leur part». Une source diplomatique européenne a fait remarquer que les Pays-Bas, à eux seuls, aident l’Ukraine plus que «deux grands pays d’Europe du Sud réunis».
Washington dévoile en septembre 2022 une campagne russe de financement politique dans 20 pays : Plus de 300 millions de dollars auraient été mobilisés
Le 13 septembre 2022, les autorités américaines ont rendu publiques des conclusions du renseignement selon lesquelles la Russie aurait secrètement consacré au moins 300 millions de dollars, depuis 2014, au financement de partis politiques, de responsables et de candidats dans plus de vingt pays. L’information, largement relayée dans les médias internationaux le 14 septembre, faisait état d’une stratégie visant à favoriser des forces politiques considérées comme proches des intérêts du Kremlin et à influer sur les orientations politiques de gouvernements étrangers.
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Ces révélations ont ravivé les interrogations sur les relations politiques et financières entre la Russie et certains mouvements européens critiques à l’égard des sanctions contre Moscou ou du soutien occidental à l’Ukraine. Le Rassemblement national (RN) a notamment fait l’objet d’une attention particulière en raison de son emprunt de 9,4 millions d’euros contracté en 2014 auprès de la First Czech Russian Bank, un établissement russe, pour financer ses activités politiques.