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Moyen-Orient. Rencontres de Téhéran : vers un nouvel ordre régional ?

(Roma, 27 octobre 2026). L’axe iranien jubile à l’idée de voir l’Arabie saoudite et ses alliés pakistanais et turcs se rendre à Téhéran pour supplier la République islamique d’intervenir auprès des Houthis yéménites afin d’obtenir un arrêt des hostilités.

A en croire le quotidien libanais «Al-Akhbar», porte-parole du Hezbollah, «l’Arabie Saoudite est aux abois et quémande la désescalade au Yémen auprès de l’Iran». Après s’être étalé sur la «puissance de feu» des houthis, et les dégâts économiques, psychologiques et matériels subis par le Royaume des Saoud, et son incapacité à faire face, le quotidien revient sur la rencontre de Téhéran, tenue le 26 octobre entre les responsables de l’Alliance de la Mecque et les dirigeants iraniens. Il y consacre deux pages entières et peine à cacher sa joie face à ce qu’il considère comme «l’échec de l’Alliance de la Mecque». Celle-ci, créée le 7 août dernier, se retrouve, moins de trois mois après sa formation, confrontée à deux défis simultanés, estime le quotidien : «son efficacité face au conflit yéménite et sa capacité à empêcher ses membres d’être entraînés dans une potentielle guerre israélo-américaine contre l’Iran».

Le quotidien ajoute que «cette situation a contraint l’Alliance à se tourner vers l’Iran afin de contenir les répercussions de ces deux crises. Son motif principal semble être l’escalade des tensions entre Riyad et Sanaa. L’Arabie Saoudite s’attendait à l’activation du mécanisme de défense collective et à l’intervention du Pakistan et de la Turquie pour faire face aux attaques yéménites, mais Ankara et Islamabad ont exprimé leurs réserves quant à toute intervention directe dans cette crise. Riyad se retrouve ainsi contraint à quémander une médiation iranienne en vue d’une désescalade au Yémen.

A lire : Après les tirs de missiles houthis sur Riyad, l’Arabie Saoudite, la Turquie et le Pakistan se tournent vers Téhéran

Par ailleurs, le journal libanais semble se réjouir des déclarations du ministre omanais des Affaires étrangères, Badr Bin Hamad Al-Bousaïdi, qui a invité, depuis Cambridge, les pays du Golfe à «prendre en charge leur propre sécurité et leur défense», proposant un «nouvel ordre régional, sécuritaire et de défense, incluant l’Iran, pour garantir la sécurité pour tous». Sans le dire, le quotidien laisse apparaitre en filigrane, à travers ce scénario, «la confirmation de la défaite de l’Arabie». Selon le quotidien, Al-Bousaïdi a en effet affirmé que l’Iran compte 93 millions d’habitants et représente la moitié du Golfe. Son exclusion des structures régionales condamne celles-ci à l’échec. Son exclusion depuis un demi-siècle, imposée par l’extérieur (Etats-Unis, NDLR) est la plus grave erreur et dont les conséquences sont dramatiques pour les pays du Golfe et l’Iran à la fois».

Par Paolo S. (Roma)

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