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États-Unis/Iran : dégel des avoirs et démentis sur le nucléaire. Israël ouvert à un retrait du Liban

(Rome, 23 juin 2026). Entre avancées diplomatiques, messages contradictoires et tensions régionales persistantes, Washington et Téhéran poursuivent leurs négociations sur fond de déblocage financier et d’incertitudes autour du nucléaire iranien. Dans le même temps, le dossier libanais revient au centre du jeu régional avec la reprise des discussions entre Beyrouth et Tel-Aviv sous médiation américaine

Les négociations entre les États-Unis et l’Iran se poursuivent dans un climat mêlant déclarations et démentis, menaces et diplomatie. Un accord a été annoncé ce jour pour le déblocage de 12 milliards de dollars d’avoirs au profit de Téhéran, comme le rapporte le journal «Il Tempo». Toutefois, l’Iran a précisé qu’il ne serait pas tenu d’acheter des produits agricoles aux États-Unis, contrairement aux affirmations de JD Vance. De tels achats n’auraient lieu «que si les Etats-Unis offrent de meilleurs prix et une qualité plus compétitive que les alternatives disponibles».

Nucléaire : déclarations opposées entre Washington et Téhéran

La question du nucléaire reste en suspens. D’un côté, Donald Trump affirme que les ayatollahs ont accepté des inspections de leurs installations par l’AIEA ; de l’autre, l’Iran dément catégoriquement par la voix du porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmail Baghaei : «Nous n’avons pas rencontré le chef de l’Agence internationale de l’énergie atomique, Rafael Grossi, en Suisse, et aucune visite de l’agence n’est prévue sur les sites endommagés par la guerre. Il n’existe aucun protocole à ce sujet. Nous poursuivrons la procédure actuelle fondée sur le Traité sur la non-prolifération nucléaire» (TNP). La Maison Blanche évoque pour sa  part des «protestations» et des «fausses déclarations», ajoutant que «sans acceptation de ce cadre», il n’y aurait plus de négociations. A ce stade, le dossier reste une grande inconnue.

Détroit d’Ormuz : l’Iran revendique un contrôle renforcé

Sur le détroit d’Ormuz, les iraniens affichent une ligne ferme, sur laquelle les ayatollahs revendiquent un contrôle total : «Sa gestion ne reviendra jamais aux conditions d’avant-guerre». «Le détroit sera géré par l’Iran, conformément au droit international et par le biais d’accords iraniens», a déclaré le négociateur en chef, Mohammad Ghalibaf. Parallèlement, l’agence de l’ONU pour la sécurité maritime (OMI) a annoncé qu’un plan était en cours visant à évacuer les navires, transportant environ 11.000 marins, actuellement bloqués dans le détroit.

Liban : reprise des discussions et ouverture israélienne limitée

Dans ce contexte, le président iranien Massoud Pezeshkian s’est rendu au Pakistan pour la première fois depuis le début du conflit, tandis qu’une délégation libanaise est arrivée aux États-Unis pour un nouveau cycle de négociations avec Israël. Pour sa part, Téhéran a réaffirmé que le Liban faisait partie intégrante des accords ; toutefois, Israël, qui n’a pas participé au mémorandum évoqué, a fait savoir qu’il ne céderait pas face à la menace terroriste représentée par le Hezbollah. Selon la chaîne 12, la délégation israélienne arrive au nouveau cycle de pourparlers entre Israël et le Liban, à Washington, munie de cartes et d’une proposition de projet pilote prévoyant un retrait partiel d’une zone limitée du sud du Liban.

Une équation régionale encore loin d’être résolue

Au terme de cette séquence diplomatique, deux lignes de fracture apparaissent nettement. La première concerne l’Iran : Téhéran rejette toute évolution du cadre de contrôle international de ses installations nucléaires tout en revendiquant, dans le même temps, un renforcement de son autorité sur un axe maritime stratégique comme le détroit d’Ormuz. Une posture qui nourrit les interrogations de ses interlocuteurs sur la cohérence entre exigences de souveraineté nationale et acceptation des mécanismes internationaux de supervision.

Liban : entre ouverture israélienne et affirmation de la ligne présidentielle

La seconde ligne se joue au Liban. Alors qu’Israël semble esquisser, au moins sur le papier, une ouverture vers un retrait partiel du sud du pays, l’équation demeure incomplète sans clarification du rôle du Hezbollah. Le mouvement chiite pro-Téhéran, qui a jusqu’ici fait de la pression militaire et du rapport de force des éléments centraux de sa stratégie, n’a donné aucun signe d’une inflexion de sa position.

A ce stade, estiment plusieurs analystes consultés, le président libanais Joseph Aoun maintient jusqu’ici une ligne politique qui entend préserver l’autonomie de décision de Beyrouth et ne montre aucun signe d’alignement sur les exigences formulées par le régime iranien. Dans ce contexte, demeure l’inconnue du Hezbollah qui, fidèle à sa logique de rapport de force et à son refus constant affiché de concessions sur les questions sécuritaires et stratégiques, pourrait compliquer toute dynamique de désescalade.

Par Paolo S.

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