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Allemagne : Trump annonce le retrait de 5.000 soldats américains

(Rome, 3 mai 2026). Face aux critiques européennes sur sa stratégie envers l’Iran et l’OTAN, Donald Trump ordonne le retrait de 5.000 soldats américains d’Allemagne. Une décision présentée par le Pentagone comme un ajustement stratégique, mais perçue à Berlin comme un signal politique fort adressé aux alliés européens. Le Pentagone annonce en effet une «révision de la présence» en Europe : les forces américaines quitteront le territoire allemand dans les 6 à 12 prochains mois

Les États-Unis retirent environ 5.000 soldats stationnés en Allemagne. Suite aux menaces de Donald Trump, l’ordre du Pentagone est tombé. Le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, a ordonné le retrait d’environ 5.000 soldats déployés en Allemagne. Un porte-parole du Pentagone a expliqué à l’agence de presse allemande DPA que le retrait devrait être achevé dans les 6 à 12 prochains mois, comme le rapporte le portail «Adnkronos».

La décision

Pour le Pentagone, il s’agit d’une décision qui «fait suite à un examen approfondi de la présence des forces du Département en Europe», motivée «par des exigences opérationnelles et les conditions sur le terrain». Selon des données militaires américaines datant de mi-avril, environ 86.000 soldats américains sont déployés en Europe, dont environ 39.000 en Allemagne. Les chiffres évoluent constamment, notamment en raison des rotations et des exercices militaires. Selon le New York Times, des responsables s’exprimant sous couvert d’anonymat ont indiqué que la décision du Pentagone ramènerait les forces américaines en Europe à leur niveau de 2022, avant le début de la guerre en Ukraine déclenchée par la Russie.

Ces derniers jours, le président Donald Trump avait menacé de retirer les troupes américaines d’Allemagne, d’Italie et d’Espagne. «Les États-Unis étudient et évaluent d’éventuelles réductions de leurs effectifs en Allemagne, une décision devant être prise prochainement», a-t-il écrit sur son réseau Truth le 29 avril. On peut légitimement se demander si des mesures similaires seront prises concernant la présence des troupes américaines en Italie, une position que la Maison Blanche a critiquée à plusieurs reprises : «Je ne suis pas satisfait de l’Italie et de l’Espagne. Pourrions-nous retirer nos troupes ? Probablement oui». Par ailleurs, Trump ne cache pas depuis des semaines son mécontentement à l’égard du pilier européen de l’OTAN, l’accusant de ne pas soutenir les efforts américains dans la guerre contre l’Iran, notamment dans la gestion de la crise du détroit d’Ormuz.

Trump critique l’Allemagne

Ces derniers jours, Trump a pris pour cible le chancelier allemand Friedrich Merz, «coupable» d’avoir jugé peu clairvoyante la stratégie adoptée par les États-Unis dans la guerre contre l’Iran. Merz a souligné la difficulté de mener des négociations avec Téhéran dans un contexte d’impasse. «Les Américains n’ont manifestement pas de stratégie ; ils ont été humiliés par l’Iran», a déclaré le chancelier, provoquant la colère de Trump.

Le New York Times n’a aucun doute : le retrait des troupes est une «vengeance» du président. Des responsables américains, écrit le journal, «ont clairement indiqué en privé que cette décision vise à punir l’Allemagne» pour «ne pas avoir contribué davantage à l’effort de guerre, comme le demandait Trump, et pour avoir critiqué sa stratégie au plus haut niveau».

Berlin doit désormais s’adapter à cette nouvelle réalité. «Le retrait des forces américaines d’Europe et d’Allemagne devait être envisagé», a déclaré le ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius, à l’AFP. «Nous, Européens, devons assumer davantage de responsabilités pour notre propre sécurité», a-t-il affirmé. L’OTAN «travaille avec les États-Unis pour mieux comprendre les détails de leur décision» de retirer les troupes américaines d’Allemagne, annoncée par Washington, selon la porte-parole de l’OTAN, Allison Hart, sur X. «Cet ajustement souligne la nécessité pour l’Europe de continuer à investir davantage dans la défense et d’assumer une plus grande responsabilité en matière de défense commune», a-t-elle ajouté.

  • Une recomposition stratégique des équilibres transatlantiques

Au-delà du seul retrait de troupes, cette décision marque une nouvelle étape dans la redéfinition des relations entre Washington et ses alliés historiques européens. En conditionnant plus explicitement l’engagement militaire américain au degré de soutien politique et financier des partenaires de l’OTAN, Donald Trump accentue la pression sur les capitales européennes pour qu’elles renforcent leurs capacités de défense et leur autonomie stratégique.
«Pour l’Allemagne comme pour l’ensemble de l’Europe», indique en privé un expert militaire italien, «ce retrait partiel agit ainsi comme un rappel : la garantie sécuritaire américaine n’est plus considérée comme acquise, mais de plus en plus liée aux rapports de force diplomatiques et aux intérêts immédiats de Washington».

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