Au Liban, une frappe israélienne a visé à l’aube un hôtel dans le district de Baabda, non loin du palais présidentiel. Présentée comme une opération ciblée contre un diplomate iranien, l’attaque s’est déroulée hors de la banlieue sud de Beyrouth, fief du Hezbollah, élargissant ainsi le périmètre habituel des frappes israéliennes et signalant une montée des tensions aux abords mêmes des centres du pouvoir libanais
Des avions de combat israéliens ont mené, mercredi à l’aube, une frappe visant un hôtel situé à Hazmieh, à proximité de Baabda.
Selon des sources sécuritaires, l’attaque aurait visé une chambre occupée par une employée de l’établissement. Toutefois, la cible réelle serait un diplomate iranien, dont le corps calciné aurait été rapidement évacué par des miliciens du Hezbollah, après que la police municipale s’est vu refuser l’accès au bâtiment pour en contrôler les lieux.
Entre-temps, une décision a été prise concernant l’évacuation immédiate du Palais de justice de Baabda, après la réception d’informations faisant état d’une menace visant un bâtiment adjacent.
Cette frappe revêt une importance particulière, car elle a touché une zone située en dehors de la banlieue sud de Beyrouth, à proximité de sites stratégiques tels que le palais présidentiel et le ministère de la Défense.
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Au-delà de la frappe elle-même, l’incident illustre surtout l’impasse stratégique dans laquelle le Hezbollah a entraîné le Liban. En s’impliquant toujours plus profondément dans des logiques régionales de confrontation et en faisant du territoire libanais un champ de bataille par procuration, le mouvement chiite expose désormais des zones civiles et des institutions étatiques aux représailles. Cette dérive militarisée, menée en dehors de tout consensus national, fragilise davantage un pays déjà miné par les crises et l’isole sur la scène internationale, le rapprochant un peu plus du précipice.
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