(Rome, 07 janvier 2026). Le gouvernement de transition burkinabè affirme avoir déjoué une tentative de coup d’État impliquant des projets d’assassinats ciblés contre le capitaine Ibrahim Traoré et plusieurs responsables civils et militaires. La junte accuse l’ancien président de transition Paul-Henri Sandaogo Damiba d’être à l’origine de cette opération, qui aurait bénéficié de financements en provenance de la Côte d’Ivoire
Le gouvernement de transition du Burkina Faso a dénoncé une tentative de coup d’État déjouée samedi dernier. Dans une interview diffusée par la chaine nationale RTB, le ministre de la Sécurité a expliqué que les auteurs de la tentative de putsch avaient planifié l’assassinat du capitaine Ibrahim Traoré ainsi que d’importants responsables militaires et civils. Plusieurs personnes ont été arrêtées en lien avec cette tentative de coup d’État présumée, que le gouvernement burkinabè attribue à l’ancien président de transition, Paul-Henri Sandaogo Damiba, avec des fonds provenant de Côte d’Ivoire, rapporte l’agence italienne «Nova News».
Selon un communiqué du ministre de la Sécurité, Mahamadou Sana, l’opération de déstabilisation était prévue pour le samedi 3 janvier à 23h00 et comprenait une série d’assassinats de personnalités militaires et civiles, à commencer par la «neutralisation» du chef militaire Traoré. «Cette action devait être suivie d’une opération visant à désactiver la base de drones et d’une intervention militaire terrestre menée par des forces extérieures», a-t-il affirmé.
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Pour le gouvernement burkinabè, le responsable de cette dernière tentative de déstabilisation est le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, ancien président du gouvernement de transition, exilé au Togo depuis le coup d’État de septembre 2022 qui a porté Ibrahim Traoré au pouvoir. «Sa mission principale était de concevoir et de planifier des actions, de rechercher et de mobiliser des fonds, et de recruter du personnel civil et militaire», a déclaré Mahamadou Sana, ajoutant que les militaires «avaient pour tâche de coopter d’autres personnels militaires et de créer des groupes d’action aux missions clairement définies», tandis que les civils «devaient mobiliser leurs partisans afin que, après l’action militaire, ils puissent à leur tour mobiliser leurs partisans et soutenir l’action militaire».
Aucun autre nom lié à la tentative au coup d’État déjouée n’a été mentionné, «afin de ne pas compromettre l’enquête en cours», a précisé le ministre. Une vidéo a également été diffusée dans laquelle l’un des présumés opérateurs économiques impliqués dans l’affaire fait ses «aveux», expliquant son rôle et les actions prévues dans cette opération de déstabilisation. Enfin, le ministre Mahamadou Sana a ajouté qu’une «part importante» du financement de cette tentative de coup d’État provenait de la Côte d’Ivoire et impliquait un transfert de fonds s’élevant à 70 millions de francs CFA (environ 106.700 €uros).
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Cette affaire «illustre une fois de plus l’instabilité persistante qui frappe certains pays d’Afrique de l’Ouest», affirme un officier européen bien au fait. «Alors que le retrait des forces françaises a laissé un vide sécuritaire, désormais comblé par une présence russe croissante, les tensions internes et les rivalités politiques continuent de fragiliser la région, plongeant les États dans une incertitude constante et rendant toute transition pacifique encore plus délicate», ajoute-t-il.
Pour conclure, entre retrait français et montée en puissance russe, l’Afrique de l’Ouest se retrouve à la croisée des tensions externes et internes, où chaque coup d’État déjoué rappelle la fragilité des institutions et la volatilité de la région.