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Ukraine: cette «action stratégique décisive» que Poutine et son armée prépareraient pour 2023

(Rome, 19.01.2023). L’ancien conseiller de Vladimir Poutine, Andreï Illarionov, a annoncé que la Russie étudie un plan pour surprendre les Ukrainiens et les Occidentaux.

Dans une interview sur YouTube, l’ancien conseiller de Vladimir Poutine, Andreï Illarionov, a sonné l’alarme dimanche sur «la grande guerre» que serait en train de préparer le chef du Kremlin pour 2023 en Ukraine.

Laissant entendre qu’il dispose de canaux d’informations sérieux, Illarionov, qui vit à Washington, affirme que le pouvoir russe a tiré les leçons des revers calamiteux de 2022 et se prépare à une guerre de beaucoup plus grande ampleur.

Il martèle que la Russie pourrait surprendre les Ukrainiens et les Occidentaux, en allant frapper notamment par le nord-est, c’est-à-dire via la Biélorussie, les routes d’approvisionnement et la ligne de chemin de fer qui relient, de manière vitale, la ville de Lviv, en Ukraine occidentale, aux frontières de l’Europe.

Un passage à la vitesse supérieure

Depuis le 17 septembre, date de l’annonce de la mobilisation, et «surtout depuis le 15 décembre, Poutine et l’état-major travaillent 24h sur 24» pour mettre au point les détails de la nouvelle stratégie russe, affirme Illarionov. Le 17 décembre, le président russe s’est rendu à l’état-major de l’opération spéciale, puis à Minsk «pour inspecter les troupes en cas d’invasion par le nord». Il a tenu fin décembre une grande revue du ministère de la Défense, rappelle l’ancien conseiller, qui insiste aussi sur toutes les visites présidentielles successives, début janvier, sur le front de Louhansk et Donetsk, puis sa présence lors de la mise à l’eau de la frégate Gorshkovle 4 janvier, avant le départ de cette dernière en Méditerranée. L’apparition martiale de Poutine, encadré de militaires en treillis, pour ses vœux de Nouvel An, est aussi un signe de la mobilisation totale du pays.

A lire : Vladimir Poutine: dans son discours de fin d’année au QG avec des soldats, «l’Occident nous a menti sur la paix, la Russie ne sera jamais divisée»

Illarionov affirme en outre que la nomination du chef d’état-major des armées, Valery Guerassimov, à la tête de toutes les opérations militaires, signale le passage du Kremlin à une vitesse supérieure. Le pouvoir a reconnu que «l’ampleur de la guerre exigeait le niveau d’une armée entière si l’on est face à l’OTAN», renchérit le politologue Constantin Remtchoukov.

Illarionov note aussi la nomination sur les trois grandes directions de la guerre (le nord-est, l’est et le sud) de trois adjoints de Guerassimov, qui représentent, selon lui, «la crème de la crème», soulignant notamment l’arrivée du général Saliukov en Biélorussie. Ce dernier aurait, pense-t-il, pour mission «de couper l’armée ukrainienne des armes occidentales, car c’est le facteur clé pour que Kiev puisse continuer le combat», tandis que le général Sergueï Surovikine, qui chapeautait encore récemment l’ensemble des opérations (avec un succès pour le moins mitigé), doit s’occuper de maintenir une forte pression sur le Donbass.

Illarionov va même jusqu’à affirmer que Guerassimov a travaillé sur un plan visant à organiser une tenaille par le sud, pour couper les approvisionnements occidentaux, en parachutant, à l’aide de la flotte russe partie de Novorossiisk, un corps expéditionnaire capable d’effectuer une possible descente à Boudjak, à l’ouest d’Odessa. Il s’agirait ensuite d’effectuer une percée vers la Moldavie, et notamment «la Gagaouzie», «peuplée de populations prorusses».

L’armée russe «n’est pas à genoux»

Bien sûr, à la lumière des performances déplorables de l’armée russe en 2022, de tels plans ambitieux laissent sceptiques dans les milieux stratégiques occidentaux, en tout cas à court terme. «Pour l’instant, nous n’observons pas de concentrations qui permettraient de conclure à de tels mouvements imminents, même s’il y a des mouvements en Biélorussie et que des soldats russes commencent à s’y entraîner», confie au quotidien Le Figaro l’experte militaire norvégienne Katarzyna Zysk.

«Si les Russes n’ont pas déjà tiré sur ces lignes d’approvisionnement, c’est sans doute parce qu’ils craignent une escalade avec l’Occident», note-t-elle, soulignant n’être toutefois pas sûre de la qualité de la défense antiaérienne ukrainienne. Mais Zysk ajoute qu’il ne faut rien exclure ni sous-estimer. «On a eu sur les réseaux sociaux, pendant l’invasion, le spectacle d’une désorganisation tellement stupéfiante et surréaliste qu’on a le sentiment que l’armée russe est une plaisanterie, mais elle n’est pas à genoux», affirme la spécialiste.

Pour elle, il est clair que les Russes cherchent à rebondir. «Ils sont en train de réévaluer leurs erreurs en matière de renseignement, les failles abyssales de la planification opérationnelle et celles de la chaîne de commandement», souligne Zysk, un point de vue qui fait écho à d’autres évaluations. Dans sa dernière note stratégique, l’Institut pour l’étude de la guerre de Washington affirme aussi qu’il faut s’attendre en 2023 à une «action stratégique décisive de la Russie» pour changer le cours de la guerre.

Une éventualité sérieusement envisagée

L’éventualité d’une nouvelle attaque massive, y compris sur Kiev, est envisagée sérieusement par l’état-major ukrainien. La manière dont les responsables russes répètent qu’aucun des buts n’a changé, incite à la prudence. Mais la question est de savoir si les Russes auront le potentiel, humain et industriel, pour changer la donne, note Zysk.

Leur capacité à mobiliser des soldats en masse pour porter l’armée à 1,5 million paraît réalisable, vu la capacité coercitive du pouvoir, mais «il n’est pas sûr que l’institution dispose de l’encadrement nécessaire pour former ces soldats», dit Zysk. «L’armée russe manque drastiquement d’officiers», renchérit le politologue Stanislas Belkovski.

Le doute est encore plus important dans l’industrie de la défense, la Russie étant en pénurie d’armes de précision à longue portée, fabriquées avec des composants technologiques occidentaux aujourd’hui sous sanctions. «Les Russes ont encore des véhicules blindés, mais dans quel état ? C’est une vraie inconnue», note Zysk.

Par Laure Mandeville. (Le Figaro)

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