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Les drones iraniens sont arrivés en Russie (mais ils sont défectueux)

(Paris, 31 août 2022). Une première livraison de drones Shahed et Mohajer de fabrication iranienne est arrivée en Russie et est déjà opérationnelle pour aider Moscou dans le conflit ukrainien. Mais les appareils présentent des bugs dans leur système. Et les Russes n’en seraient pas satisfaits

Selon les informations obtenues par le Washington Post via les agences de renseignement occidentales, les drones que l’Iran a vendus à la Russie pour l’aider dans son invasion de l’Ukraine présentent des problèmes. Les Russes ne seraient pas satisfaits de l’approvisionnement car l’avion aurait plusieurs bugs dans le système, comme le rapporte Emanuele Rossi dans les colonnes du quotidien «Formiche».

Une cargaison (une tranche initiale d’un paquet plus important) serait arrivée en Russie via des avions militaires à la mi-août et serait déjà en phase de rodage opérationnel. Cette commande comprenait deux modèles de drones Shahed, le Shahed-129 et le Shahed-191, ainsi que le Mohajer-6. Tous sont considérés parmi les meilleurs drones militaires aux mains de l’Iran, conçus pour l’attaque et la surveillance.

L’administration Biden a averti en juillet que la Russie se préparait à acquérir des drones iraniens dans un objectif de mener des attaques air-sol, dans le cadre de la guerre électronique et de ciblage sur le champ de bataille ukrainien. Des informations plus précises sont apparues au début du mois d’août. L’offre iranienne s’était accompagnée de scepticisme : on ne sait pas dans quelle mesure Téhéran est capable de procéder à une production en série de ces avions (la Russie en aurait commandé des centaines) et avec quelle qualité. Selon des rumeurs sur des problèmes techniques, certains doutes subsistent.

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Cependant, Moscou doit combler une lacune cruciale dans la campagne militaire ukrainienne. La Russie, qui dispose de 1.500 à 2.000 drones de surveillance militaire, dispose relativement peu de drones pour frapper avec précision des cibles situées au plus profond du territoire ennemi. En revanche, l’Ukraine s’est équipée d’avions sans pilote de fabrication turque, tels que le Bayraktar TB-2, qui ont fait preuve d’excellente fonctionnalité.

Selon le quotidien français «L’Indépendant», la Russie qui peine à produire ses propres drones à cause des sanctions a été obligée de se tourner vers l’Iran pour importer des drones de type Mohajer-6 et Shahed. Des drones qui devraient être utilisés par les forces russes en Ukraine pour des missions d’attaques air-sol, de combat électronique, et de ciblage sur le champ de bataille.

L’un des principaux problèmes de la Russie à l’heure actuelle est que ses forces aériennes ne peuvent pas frapper derrière les lignes ukrainiennes. Par conséquent, elles ne peuvent pas empêcher l’Ukraine de renforcer ses positions et de se ravitailler, et de nombreux drones russes sont abattus ou perdus par les systèmes de guerre électronique ukrainiens. En définitive, les forces du Kremlin n’ont aucun moyen de limiter les dégâts que leur infligent les Himars et autres systèmes d’artillerie de haute technologie fournis par l’Occident.

Un déficit tactique qui n’est pas mineur si l’on considère que ces types d’armes sont les protagonistes des actions de contre-offensive dans des zones comme celle de Kherson.

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Un problème qui s’étend au domaine stratégique si l’on considère que la consolidation des positions actuelles pourrait être l’un des objectifs à court terme pour Moscou, à partir duquel commence la construction d’un statu quo acceptable pour la communauté internationale.

L’accord entre l’Iran et la Russie a été négocié pendant plusieurs mois par une équipe dirigée par le général Sayed Hojjatollah Qoreïchi, chef de la division ravitaillement et logistique du ministère iranien de la Défense, et par l’attaché militaire russe à Téhéran. Les Pasdaran ne sont pas impliqués (du moins officiellement) dans l’accord. Malgré ce lien potentiellement embarrassant, il est peu probable que les pourparlers en cours pour recomposer le JCPOA, l’accord de gel du programme nucléaire iranien, soient affectées.

Mais l’approfondissement des liens militaires entre l’Iran et la Russie est en soi une évolution inquiétante pour les États-Unis et leurs alliés. Il s’agit d’une étape de plus dans la consolidation d’un alignement qui trouve son principal point commun dans l’anti-occidentalisme. « Du point de vue de l’Iran, les relations avec les États-Unis ne peuvent pas être améliorées et les Européens ne sont pas assez puissants pour protéger les intérêts iraniens », a expliqué Sina Azodi, spécialiste de l’Iran à l’Elliott School : « Mais la Russie et la Chine peuvent aider l’Iran à contrer l’Occident ».

Et pour Moscou (et Pékin), il s’agit d’une opportunité. Aujourd’hui, mercredi 31 août, le ministre iranien des Affaires étrangères se rend à Moscou pour des entretiens avec les dirigeants russes, qui se sont déjà rendus à Téhéran ces deux derniers mois. Alors que des unités russes et iraniennes se sont récemment exercées au Venezuela et que des forces chinoises ont atteint la Russie par une manœuvre conjointe avec d’autres pays, bien que Pékin précise que ces activités « ne sont pas liées à la situation internationale et régionale actuelle », autrement dit, à une aide dans la guerre en Ukraine.

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