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A Taïwan, un ultimatum et des lignes rouges: Pékin veut-il s’inspirer de Moscou ?

(Rome, Paris, 05 août 2022). Xi Jinping doit soigneusement calibrer chaque mouvement. Le dirigeant attend en effet avec impatience le Congrès du Parti communiste chinois en octobre, qui devrait le reconfirmer dans ses fonctions de président du pays pour un troisième mandat sans précédent, nous explique Federico Giuliani du journal italien «Il Giornale».

La rhétorique est la même, mais les réactions du moment divergent. Les avertissements émis par la Chine sur Taïwan sont identiques à ceux utilisés par la Russie sur l’Ukraine : «il existe une ligne rouge et personne ne doit la franchir». Dans le cas de Pékin, la ligne rouge s’appelle l’ingérence dans les affaires intérieures de Taipei, tandis que, selon Moscou, la limite infranchissable coïncide avec la cessation de la neutralité ukrainienne. On sait que l’action de Vladimir Poutine n’a pas eu les effets escomptés, et que la situation a bel et bien explosé, générant une guerre toujours en cours. La même situation se produira-t-elle entre la Chine et Taïwan ? Difficile de faire des pronostics. Tout dépendra des décisions de Xi Jinping.

A lire : Les effets de la guerre en Ukraine pour les USA, la Chine, l’Inde, Israël et la Turquie

Le plan de Pékin

La Chine ne s’attendait certainement pas à une telle escalade aussi rapidement. La visite de Nancy Pelosi à Taïwan a substantiellement changé toutes les cartes sur la table préparée par Pékin. Le président chinois Xi Jinping a donné l’impression qu’il était plus enclin à vouloir résoudre le problème en misant sur l’attente stratégique et en activant les leviers économiques, qu’en recourant à la force. Aux yeux de Pékin, l’atterrissage sur l’île de la présidente de la Chambre des États-Unis était un trop grand outrage pour prétendre le contraire.

D’où la décision chinoise de mener des exercices militaires sans précédent, jusqu’à lundi prochain, dans sept zones maritimes bordant les côtes taïwanaises. L’objectif probable : encercler Taïwan pour l’isoler économiquement. Attention, car parmi les différentes manœuvres menées, la Chine a lancé plusieurs missiles balistiques Dongfeng dans les eaux autour des côtes nord-est et sud-ouest de Taipei. Les autorités taiwanaises ont réagi vivement, activant leurs systèmes de missiles et se disant prêts à la guerre, même sans le vouloir.

Taïwan comme le cas de l’Ukraine ?

Dans l’attente de comprendre ce qui va se passer dans les prochains jours, il est important de souligner que les dossiers ukrainien et taïwanais s’inscrivent dans deux contextes géopolitiques totalement différents. Toutefois, les deux crises présentent des similitudes qu’il convient au moins de souligner. En langue chinoise, comme mentionné, le concept de « ligne rouge » est apparu à plusieurs reprises.

« Nous avons exprimé à plusieurs reprises notre ferme opposition à la visite potentielle de la présidente Pelosi à Taïwan. Si la partie américaine insiste sur la visite et défie la ligne rouge chinoise, elle se heurtera à des contre-mesures résolues », a expliqué mercredi le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Zhao Lijiang, ajoutant que « les États-Unis doivent assumer l’entière responsabilité des graves conséquences qui en découlent ».

Dans les semaines et les mois qui ont précédé le déclenchement de la guerre en Ukraine, la Russie avait émis des avertissements similaires, en utilisant exactement la même expression. Poutine a insisté sur le fait que l’Occident prenait trop à la légère les « lignes rouges » de Moscou sur la neutralité ukrainienne. « Je n’accepte les lignes rouges de personne », a finalement répondu le président américain Joe Biden en décembre. Quelques semaines plus tard, Poutine a mis sa menace en exécution. Xi fera-t-il la même chose ?

Les preuves et les indices

Entre-temps, la Chine aurait beaucoup plus à perdre que la Russie si une guerre éclatait. Notamment parce que Pékin est étroitement impliqué dans l’économie mondiale. Il est vrai que Xi, comme Poutine en Russie, n’a cessé de souffler sur le feu du nationalisme chinois, comme pour revendiquer le « siècle d’humiliations » subi par la Chine au cours du XXe siècle au détriment des puissances occidentales.

En revanche, Taïwan produit à lui seul 60 % des semi-conducteurs du monde, et son implication dans un conflit aurait des conséquences dévastatrices pour la planète entière. Comme si cela ne suffisait pas, Xi pourrait se concentrer davantage sur la stabilité et le bien-être économique que sur une guerre coûteuse contre les États-Unis via Taipei. En même temps, enfin, il faut tenir compte du réarmement rapide effectué par la Chine qui, vraisemblablement, tôt ou tard, pourrait être utilisé pour « dénouer » les nœuds épineux.

En parlant de scénarios futurs, « ne dites pas que nous ne vous avons pas prévenu » fut une expression utilisée par le journal chinois «People’s Daily» en 1962, avant que la Chine ne mène la guerre frontalière avec l’Inde et avant la guerre Chine-Vietnam de 1979. Aujourd’hui, cette «formule» a fait un retour à propos de Taïwan et, comme le souligne le «Global Times», a été citée à plusieurs reprises lors d’un forum organisé par un groupe de réflexion chinois de haut niveau. Dans tout cela, Xi Jinping doit soigneusement calibrer chacune de ses actions. Le dirigeant attend en effet avec impatience le Congrès du Parti communiste chinois en octobre, qui devrait le reconfirmer dans ses fonctions de président du pays pour un troisième mandat sans précédent.

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