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Un mouvement diplomatique autour du Liban. Quels sont les pays engagés (contre le Hezbollah)

(Rome, Paris, 02 juillet 2022). Du gaz à l’électricité, des salaires des forces armées au rôle de la Banque mondiale. Autour de Beyrouth, il y a un mouvement diplomatique impliquant les États-Unis, Israël, le Qatar, l’Égypte et la Jordanie (et des tentatives pour contenir le Hezbollah)

L’Egypte va recommencer à exporter du gaz naturel vers le Liban via la Syrie, après avoir signé un accord le 21 juin. Cet accord prévoit l’exportation de 650 millions de mètres cubes de gaz naturel par an via le gazoduc arabe – un gazoduc existant qui alimentait auparavant le Liban en gaz égyptien, mais qui a été interrompu il y a plusieurs années.

La fourniture effective de gaz attend l’approbation des États-Unis pour exclure l’Égypte des sanctions contre le gouvernement syrien. Un aspect qui a jusqu’ici bloqué les développements commerciaux sur l’infrastructure, mais il est désormais probable qu’il soit surmonté. Pourquoi les États-Unis s’efforcent de fournir une assistance à Beyrouth, s’interroge Emanuele Rossi dans les colonnes du quotidien italien «Formiche» ; parce qu’une série de processus de détente se déroulent en Méditerranée élargie et que Washington entend les accompagner.

Aux termes de cet accord, l’Égypte pompera du gaz le long de 1.200 km d’infrastructures qui s’étendent de l’Égypte à la Jordanie, puis de la Syrie au Liban, pour approvisionner la centrale électrique libanaise de Deir Ammar, dans le nord du pays, ce qui permettra de produire 450 mégawatts d’électricité, ajoutant que quatre heures d’approvisionnement par jour.

Outre le gaz égyptien, le Liban compte sur un accord distinct pour importer de l’électricité de Jordanie. Cet accord est la pierre angulaire du plan du gouvernement libanais visant à combler le déficit de la compagnie nationale d’électricité (EDL).

Les deux accords seront financés par la Banque mondiale. L’institut basé à Washington dirigé par le politicien républicain David Malpass, s’est engagé à financer les projets à condition que le gouvernement libanais mettra en œuvre les réformes nécessaires dans le secteur de l’électricité, ce qui a causé des dizaines de milliards de dollars de dette publique. Le cabinet libanais a approuvé le plan de réforme en mars 2022, mais ne l’a pas encore mis en œuvre. Une énième impasse institutionnelle à Beyrouth est en cours.

La crise politique a pesé sur les conditions économiques et financières du pays, par ailleurs affecté par les effets de la pandémie et les conséquences (sur l’inflation énergétique et alimentaire) de la guerre russe en Ukraine. La situation a, entre autres, réduit le décaissement des salaires du secteur public et parmi ceux-ci en particulier ceux des militaires. Le salaire versé aux soldats est à peine suffisant pour payer un abonnement de base à un service de générateur (privé) qui pourrait compenser les interruptions de 22 heures du réseau électrique de l’État. Tout est lié.

Pour comprendre la situation, il suffit de penser qu’en 2020, la cantine de l’armée a cessé de proposer de la viande aux troupes pour faire des économies. L’année suivante, pour lever des fonds, les forces armées libanaises ont commencé à proposer des visites guidées avec leurs hélicoptères. Pour compléter leurs bas salaires, de nombreux soldats ont accepté des emplois supplémentaires et certains ont abandonné leur travail, ce qui a suscité des inquiétudes quant à la possibilité que l’institution (l’une des rares au Liban capable de créer l’unité entre des communautés sectaires fragmentées) puisse être en difficulté.

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Face à cette situation, le Qatar – qui fournit chaque mois 70 tonnes de vivres aux militaires libanais depuis l’été dernier – aurait conclu un accord avec Beyrouth pour envoyer 60 millions de dollars afin de payer les salaires des militaires. Avec l’espoir que la subvention accordée par Doha ouvrira la porte à au moins 50 millions de dollars supplémentaires de financement américain et à d’autres sources de soutien pour soutenir l’armée jusqu’à la fin de l’année.

L’objectif est littéralement de maintenir l’institution, qui est l’une des meilleures formes de contact au sein du système libanais. L’inquiétude est que le rôle des paramilitaires du groupe politique Hezbollah – qui a déjà un poids très important à l’intérieur du pays en agissant comme une sorte d’État dans l’État – ne se substitue à terme aux forces armées.

Le Qatar perçoit la situation, et agit comme un vecteur de certains intérêts. Doha abrite la plaque tournante du Pentagone dans la région (la base CentCom à al Oudeid) et comprend que parmi les préoccupations des alliés du Golfe, le rôle croissant joué par les milices liées aux Pasdaran est une priorité. La diplomatie militaire joue un rôle dans cette dynamique.

Pendant ce temps, la diplomatie classique est à l’œuvre. L’envoyé américain pour l’énergie, Amos Hokchstein, aurait fixé une date pour l’obtention d’un accord sur les frontières maritimes entre Israël et le Liban, selon Barak Ravid dans Axios. La question est primordiale non seulement pour le front libanais, mais pour toute la région du Levant, la rive orientale de la Méditerranée.

Il suffit de penser que le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, dans un de ses sermons/commentaires, a menacé de recourir à la force pour empêcher la plateforme de Karish, située au sud de la zone contestée et considérée par Israël comme un « atout stratégique », de produire du gaz naturel. L’usine devrait être opérationnelle dans un délai maximum de trois mois. Selon les informations de Ravid, Hochstein est préoccupé par une potentielle escalade et pense que le temps restant peut être utilisé comme une fenêtre d’opportunité dans laquelle les deux parties seront incitées à trouver un accord et à éviter la dérive.

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Un accord avec Israël pourrait permettre au Liban de commencer l’exploration du gaz naturel, ce qui pourrait stimuler l’économie (et par conséquent contribuer à combler le déficit d’accès à l’énergie). Pour le Liban – comme pour toute la région – il s’agit de surmonter les positions idéologiques qui ont créé des lignes de fracture au fil des ans. Pour l’heure, une certaine détente est en cours dans la perspective du pragmatisme tactique que requiert cette phase historique.

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