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Liban: avant même la tenue des législatives, la peur a déjà changé de camp

Contribution de Dario S : Les Libanais retiennent leur souffle à deux jours des élections législatives du 15 mai. Ce scrutin est déterminant non seulement pour l’avenir du Liban, mais surtout pour son existence même. Mais quels que soient les résultats du scrutin, une chose est certaine : la peur a déjà changé de camp.

(Rome, Paris, 13 mai 2022) Le 1er mai 2018, quelques jours avant les législatives libanaises, j’avais publié une analyse prospective sur le site des Forces Libanaises pour mettre en garde contre les conséquences d’une victoire de l’axe iranien sur le Liban pendant la dernière législature. J’y avais décrit « la descente en enfer » qui allait découler du choix irresponsable des électeurs, ainsi que les conséquences dramatiques de la grande corruption, de l’incompétence et de la haute trahison de ceux qui allaient gagner les élections (pour lire cette analyse, cliquez ici). Malheureusement, l’évolution de la situation m’avait donné raison et, comme l’avait dit Michel Aoun en septembre 2020, « le Liban se dirige vers l’enfer ».

Le président de la République et son Courant Patriotique Libre (CPL), qui constituent la vitrine chrétienne «légale» du Hezbollah depuis les accords de Mar Mikhaël de février 2006 (accords de Saint Michel), portent ainsi l’entière responsabilité de ce voyage chez Lucifer. Sous leur règne, les Libanais n’avaient pas d’autres choix que de mourir de faim, mourir par les nitrates d’ammonium, ou mourir noyés, le tout dans l’obscurité totale, puisque le secteur de l’électricité a été méthodiquement détruit pour contraindre le Liban à accepter la solution iranienne qui consistait à édifier une connexion gazière, pétrolière et électrique entre l’Iran, l’Irak, la Syrie et le Liban et concrétiser ainsi le rêve de l’Empire perse allant de la Caspienne jusqu’à la Méditerranée. Dans cette même stratégie, le Hezbollah et ses spires chrétiens ont détruit le secteur bancaire libanais, jadis considéré comme la colonne vertébrale de l’économie, pour appauvrir les libanais (nivellement par le bas). Ils ont également détruit le secteur de la Santé et forcé les Libanais à importer des médicaments iraniens, non conformes aux normes internationales…

Heureusement que « des anges gardiens » sont là pour sortir le Liban et les Libanais de cet enfer. Les Souverainistes de tous les bords politiques et de toutes les confessions se coalisent pour reprendre la majorité parlementaires au Hezbollah. Leur « enturbanné » qui agit pourtant au nom d’Allah, commence à trembler et à menacer. Il lâche ses voyous en « motcyques » (terme utilisé au Liban pour désigner les motocycles utilisés par les jeunes du Hezbollah) pour terroriser la population et ses miliciens armés pour intimider ses rivaux. Plusieurs candidats chiites souverainistes ont été forcés à se retirer de la course après avoir reçu des menaces de mort… Ce comportement atteste que la peur a changé de camp. Le Hezbollah craint la perte des élections et en conséquence la perte de cette fausse légitimité que lui procurait sa couverture chrétienne.

A lire : le leader chrétien des FL Samir Geagea menacé en direct. Hassan Nasrallah, «nous disposons de 100.000 miliciens armés et entraînés»

Pour éviter cette défaite, le Hezbollah présente et soutient plusieurs candidats censés être issus du Hirak et de la société civile. Ces mêmes candidats avaient infiltré le mouvement du 17 octobre pour diviser et anéantir la révolte. Ils sont responsables de son échec. Ils sont exploités aujourd’hui pour éparpiller les souverainistes, empêcher le raz-de-marée attendu et parvenir ainsi à un Parlement émietté pour mieux le domestiquer. Parallèlement, le Hezbollah compte sur le Courant Patriotique Libre, qui a noyauté l’administration, pour inverser les résultats des élections par un scrutin frauduleux. Interrogé par Marcel Ghanem sur la chaine MTV, le ministre de l’Intérieur, Bassam Mawlawi, a avoué cette semaine que « les agents chargés du transport et de la surveillance des urnes contenant le vote de la diaspora sont tous issus du CPL ». Autrement dit, le ministre de l’Intérieur nie préventivement toute responsabilité dans cette fraude. Il admet indirectement que « le bourrage des urnes devient à portée de main » (le CPL ayant déjà reçu les procès-verbaux des bureaux de vote à l’étranger, peut facilement préparer des urnes avec exactement le même nombre d’enveloppes, pour les échanger contre les véritables urnes pendant le transport). De fait, le vote de la diaspora, le 6 mai dans les pays arabes et le 8 mai partout ailleurs, a révélé l’ampleur de la mobilisation, l’ampleur de l’adhésion des libanais aux thèses des souverainistes, et surtout le rejet de la politique du Hezbollah et du CPL. Le nombre des accrochages entre les militants du CPL vêtus d’orange, et les électeurs qui leur ont littéralement craché dessus, en atteste. Il revient aux Libanais du Liban de confirmer cette tendance, dimanche 15 mai, et de voter utilement pour les souverainistes. Car, s’il est possible de remplacer les urnes de la diaspora et de modifier frauduleusement le résultat du vote des 130.000 expatriés qui se sont déjà exprimés, il sera plus difficile de trafiquer les résultats du vote des résidents qui sera dépouillé sur place. Les souverainistes sont ainsi appelés à la plus grande vigilance pour empêcher toute tentative d’intimidation par la force, de manipulation par le mensonge et de fraude.

Le Liban a un rendez-vous important avec l’Histoire. Il appartient aux Libanais de choisir entre la poursuite de leur voyage en enfer avec le Hezbollah ou leur sauvetage avec les souverainistes. Ont-ils envie de rejoindre définitivement l’Empire perse? Ont-ils intérêt à ce que leur niveau de vie ressemble à celui de l’Iran, du Yémen et du Venezuela ? Ou préfèrent-ils retrouver leur indépendance et leur prospérité économique avec les souverainistes ? Il est important de rappeler que le chef de file des souverainistes, Samir Geagea, et son parti des Forces libanaises, avaient été les premiers à tirer la sonnette d’alarme dès octobre 2017. Le numéro 2 du parti, le député Georges Adwan, avait réclamé une commission d’enquête parlementaire sur la gestion de la Banque centrale pour éviter la faillite. Samir Geagea avait lui aussi réclamé un gouvernement technocrate pour sortir de la crise dès septembre 2019, un mois et demi avant l’éclatement de la révolte du 17 octobre. Les ministres des Forces libanaises étaient les premiers à claquer la porte du gouvernement au lendemain de la révolte car ce n’est pas le poste en lui-même qui les intéresse ou les attire, et ne sont pas du genre à fuir leurs responsabilités, ils ont refusé de démissionner du Parlement car ils ne fuient pas leurs responsabilités contrairement à d’autres opportunistes qui démissionnent du Parlement tout en négociant leur entrée au gouvernement (bien plus lucratif), et Sami Gemayel en est l’illustre exemple !

Aujourd’hui, le parti des Forces libanaise est le seul parti qui présente non seulement des candidats sérieux, mais surtout un programme détaillé sur les actions à mener pour sortir de l’enfer. Il en va des réformes politiques, du recouvrement de la souveraineté nationale, de la reprise du contrôle des frontières et des douanes et de l’arrêt de la contrebande des produits subventionnés et des exportations du Captagon, désormais première source de financement du Hezbollah. Ces mesures sont en effet indispensables au retour de la confiance et des investissements. Le programme n’oublie pas non plus de détailler les solutions urgentes pour résoudre la crise de l’électricité, relancer l’économie, réformer le secteur bancaire et redresser la Santé. Ce n’est pas pour rien que tous les souverainistes ont rejoint les Forces Libanaises, comme le chiite Abbas al-Jawhari, le druze Walid Joumblatt et le sunnite Achraf Rifi, entre autres personnalités. Et si le Hezbollah et ses alliés et obligés (Gebran Bassil, Sami Gemayel, Fayçal Karamé, Abdelrahim Mrad, Salim Jresissati…) concentrent leurs attaques sur les Forces libanaises, c’est que le parti souverainiste est le dernier obstacle qui empêche le Hezbollah d’annexer le Liban à l’Iran.

A lire aussi : Quand tu te fais poignarder par derrière, saches que tu es devant. Samir Geagea et les Forces Libanaises en exemple

Ce vendredi soir, avant l’entrée en vigueur du silence électoral, Samir Geagea et l’ensemble des candidats des Forces Libanaises seront les invités de Marcel Ghanem sur la MTV pour la dernière émission de la campagne électorale. Si, comme le dit l’expression, « on garde le meilleur pour la fin », les Forces libanaises promettent le meilleur pour le Liban au lendemain du 16 mai. Mais c’est aux Libanais de choisir le meilleur pour eux-mêmes en choisissant les meilleurs candidats, ceux des Forces libanaises.

Dario S.

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