(Rome, 01 janvier 2022). Ce dispositif est « en place pour quelques jours », a précisé le secrétaire d’Etat aux Affaires européennes face à cette polémique.
Ce sont quelques centimètres carrés de tissu qui ont déclenché une polémique. Ou plutôt leur absence. Pour célébrer la présidence française de l’Union européenne, qui démarre le 1er janvier, l’Elysée a temporairement fait retirer le drapeau tricolore de l’Arc de Triomphe, en dessous duquel il figure normalement, pour le remplacer par le drapeau européen. Seul l’étendard des 27 flotte ainsi depuis vendredi 31 décembre. Lors de la dernière présidence française de l’UE, en 2008, l’Elysée avait décidé que les deux drapeaux, français et européen, flotteraient de concert sous le monument durant toute la période. D’autres célébrations ont eu lieu vendredi, telle l’illumination en bleu de nombreux monuments français comme la Tour Eiffel à Paris ou le Capitole à Toulouse. Lors de ses vœux aux Français, vendredi soir, Emmanuel Macron a également insisté sur la force de l’Union européenne. « Notre Europe est bien le seul chemin par lequel la France sera plus forte face aux fracas du monde et des grandes puissances », a-t-il notamment lancé.
Peu sensibles au geste, l’extrême droite et une partie de la droite ont vivement condamné la disparition momentanée du drapeau français sous l’Arc de Triomphe. La candidate du Rassemblement national (RN) à l’élection présidentielle, Marine Le Pen, a annoncé samedi, dans un communiqué, qu’elle allait déposer « dans les prochaines jours » un recours devant le Conseil d’Etat pour contester la décision de faire flotter le drapeau de l’Europe sous l’Arc de Triomphe, accompagné d’une demande « de suspension, en référé ». Elle s’est dite « outrée » par cette « provocation » qui, selon elle, « offense ceux qui se sont battus pour la France » puisque les deux drapeaux flottent au-dessus de la tombe du Soldat inconnu. Son concurrent d’extrême droite Eric Zemmour a ensuite déploré un « outrage ».
Nicolas Dupont-Aignan, également candidat à la présidentielle, a quant à lui estimé qu’Emmanuel Macron était un « profanateur ».
C’est ensuite la candidate des Républicains, Valérie Pécresse, qui a réagi. « Présider l’Europe, oui, effacer l’identité française, non ! », a-t-elle tweeté.
« Soyons clairs : le drapeau de l’Union européenne n’a pas « remplacé » le drapeau de la France, qui n’est déployé que pour les cérémonies », a tweeté le secrétaire d’Etat aux Affaires européennes, Clément Beaune, face à la polémique. « En 2008, Nicolas Sarkozy avait organisé une cérémonie pour rallumer la flamme avec les commissaires européens (geste fort…), d’où la présence alors des deux drapeaux », a-t-il rappelé. Ce dispositif est « en place pour quelques jours » avait-il précisé plus tôt sur BFMTV. « Le drapeau français sera évidemment réinstallé ensuite, sans le drapeau européen».