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Syrie: le poste de grand mufti supprimé par un décret de Bachar al-Assad

Le poste de grand mufti de Syrie, qui représente la plus haute autorité musulmane sunnite, a été supprimé par un décret du président Bachar el-Assad, selon l’agence de presse officielle Sana. La décision survient après des années d’efforts de la part du gouvernement pour étendre son droit de regard sur les affaires religieuses.
La décision du président Bachar el-Assad est d’autant plus surprenante que le mufti Ahmad Badreddine Hassoun, qui occupait ce poste depuis 2004, était un fervent partisan du pouvoir. Excellent orateur, cet uléma de 72 ans était un farouche opposant aux mouvements islamistes extrémistes, et a appuyé sans réserve le régime pendant toute la guerre.
Ahmad Badreddine Hassoun a cependant commis un impair difficile à défendre, même pour le pouvoir. Il a proposé une interprétation personnelle d’un verset du Coran lors des funérailles du célèbre chanteur Sabah Fakhri, début novembre. Ce faux pas a provoqué un véritable tollé dans certains milieux religieux et populaires.
C’est dans ce contexte qu’il faut placer la suppression du poste de mufti. Ses prérogatives ont échu à un comité d’experts de 42 membres, dirigé par le ministre du Waqf chargé de la gestion des Affaires religieuses. Or ce dernier, Abdel Sattar al-Sayyed, qui est aussi un cheikh bien qu’il soit souvent en tenue civile, était un grand rival du mufti Hassoun.
Cette lutte d’influence a permis au pouvoir de resserrer son emprise sur l’establishment religieux sunnite, pour mieux encadrer les prédicateurs et les imams des mosquées. (Radio France Internationale)

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