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Liban: l’inquiétude s’empare des Libanais après les «fatwas» de Hassan Nasrallah

(Rome, Montréal, Beyrouth, 11 octobre 2021) Ceux qui avaient encore des doutes sur le projet du Hezbollah, et qui continuent de le considérer comme une « résistance qui dispose d’une aile politique représentée au Parlement et qu’il est indispensable de dialoguer avec lui », en ont eu pour leur grade, ce lundi soir, grâce aux fatwas décrétées par le secrétaire général de ce mouvement mercenaire transfrontalier.

Ce 11 octobre, Hassan Nasrallah, secrétaire général de ce mouvement transfrontalier, a émis plusieurs fatwas dévoilant son projet pour le Liban, deux jours seulement après avoir reçu le ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein Amir Abdollahian. L’émissaire du Guide suprême a effectué une tournée dans la « province méditerranéenne de l’Empire perse », dont Michel Aoun, Nabih Berri et Hassan Nasrallah, qui réitère sa fierté d’être un soldat de Wilayat e-Faghih. Abdollahian a réitéré la disponibilité de Téhéran à fournir des carburants et des médicaments au Liban, et à investir dans la construction de deux centrales électriques. Le projet iranien d’étendre son influence sur le Liban date du milieu des années 2000. La République islamique prévoyait en effet de construire un oléoduc, un gazoduc et une connexion électrique reliant l’Iran, l’Irak, la Syrie et le Liban. La guerre en Syrie a retardé ce projet, mais l’Iran ne l’a pas abandonné. Il a compté sur les ministres libanais de l’Energie depuis 2009 pour accélérer le pourrissement du secteur électrique, afin de contraindre les Libanais à accepter leur solution. Les ministres du CPL, alliés du Hezbollah, ont brillamment réussi dans cette mission. Gebran Bassil, César Abi Khalil, Nada Boustani et Raymond Ghajar ont dilapidé 52 milliards de dollars sur le secteur électrique pour que le Liban se retrouve dans le noir total.

Jusque-là, les Libanais refusaient de se mettre sous l’épée de Damoclès syrienne et de permettre à Damas de contrôler les vannes et les disjoncteurs. Au début des années 1990, Damas avait exigé et obtenu la modification du tracé du gazoduc arabe qui devait permettre au Liban d’acheter du gaz égyptien à travers la Méditerranée. Hafez Al-Assad avait fait modifier le projet. Au lieu de passer par la Méditerranée depuis Al-Ariche (Péninsule du Sinaï) pour alimenter Gaza, Israël, le Liban, la Syrie et se connecter au réseau européen en Turquie, Assad a obtenu le passage du gazoduc par le Sinaï depuis Al-Ariche jusqu’à Aqaba, puis à travers la Jordanie et la Syrie. Il a ainsi réussi à garder les vannes pour pouvoir exercer ses pressions et son chantage sur le Liban. Aujourd’hui, le même scénario se répète avec le consentement du Liban officiel, malgré l’opposition de la population. Celle-ci a déjà détruit plusieurs réservoirs de gasoil fourni par l’Iran et le Hezbollah clandestinement.

Abdollahian semble avoir demandé à Nasrallah d’accélérer la connexion du Liban à l’Empire, synonyme de son annexion. Il a proposé les services de l’Iran pour construire un réseau de métro à Beyrouth, suscitant l’ironie des Libanais qui s’interrogent sur les capacités du Hezbollah à creuser des tunnels civils, alors qu’il creusait jusque-là des tunnels à usage militaire à travers tout le Liban et jusqu’en Israël, et des galeries jusqu’en Syrie, utilisées pour tous les trafics.

C’est dans ce contexte que Hassan Nasrallah a émis sa première fatwa ce lundi soir, demandant au gouvernement libanais de donner la priorité au secteur électrique et de s’intéresser aux propositions iraniennes. Le travail de sape méthodique de Gebran Bassil et de ses successeurs se paie aujourd’hui !

La deuxième fatwa de Nasrallah a visé le juge d’instruction Tarek Bitar, chargé de l’enquête sur l’explosion du port de Beyrouth. Plus Bitar s’approche de la vérité, plus le Hezbollah se montre menaçant. Ce soir, il a accusé le magistrat d’être « allé trop loin » et d’avoir « politisé l’enquête ». Le Hezbollah ferait le nécessaire pour que l’enquête soit enterrée, et sa fatwa vaut aujourd’hui une condamnation à mort du juge. Ce qui justifie a posteriori l’insistance des souverainistes libanais et des familles des victimes à réclamer une enquête internationale.

La troisième fatwa de Nasrallah concerne les élections législatives du printemps prochain. Il veut torpiller le scrutin ou du moins le vote des Libanais de la diaspora. Sans détour, il reconnait que le Hezbollah ne pourra pas faire campagne à l’étranger, et il ne pourra pas surveiller les bureaux de vote, il ne pourra donc ni intimider les électeurs ni trafiquer les résultats. Il préfère annuler tout bonnement le vote de la diaspora.

La majorité des Libanais connaissaient Hassan Nasrallah depuis son jeune âge, quand il affirmait que son objectif était d’étendre le pouvoir de l’Ayatollah Khamenei, le « vicaire de Dieu sur terre », au Liban et à la terre entière, ses alliés, ces adeptes de la dhimitude, découvrent aujourd’hui comment Nasrallah les a utilisés pour parvenir à son objectif. Leur responsabilité est pleinement engagée et il est trop tard pour eux de se rétracter, car ils retrouveraient le même sort que ceux ont osé s’opposer au Parti de Dieu, fussent-ils Chiites (Hachem Salman et Lokman Slim, entre autres). Seul les souverainistes, et avec à leurs têtes les Forces Libanaises, peuvent encore sauver le Liban pour peu que l’Occident ne les trahisse encore une fois et ne les sacrifie sur l’autel du rapprochement avec Téhéran et l’ouverture sur Damas.

Sanaa T.

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