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Pourquoi le dilemme de l’Afghanistan fait peur à la Chine

(Rome, 10 juin 2021). Un piège potentiel à désamorcer au plus vite ou une opportunité commerciale et géopolitique inattendue ? La Chine s’interroge sur le dilemme afghan, a fortiori après le retrait des troupes américaines, et est prête à affronter n’importe quel scénario auquel elle sera confrontée. L’éventuel effet domino découle du retrait des Etats-Unis et de l’OTAN de la scène afghane, retrait qui se concrétisera d’ici le 11 septembre prochain. N’ayant plus d’obstacles entre les deux, les talibans sont prêts à reconquérir le pays, mettant les très fragiles institutions nationales dans une situation délicate. Si tel devait être le cas, Kaboul serait engloutie par l’instabilité. La même (instabilité) qui effraie tant la Chine.

Comme le rapporte le journaliste Federico Giuliani sur le site italien «Inside Over», des sources locales ont confirmé que les talibans, soutenus par ce qui reste d’Al-Qaïda, contrôlent de vastes zones du territoire et assiègent la ville de Kandahar. Ensuite, l’ombre de l’EI toujours présent, désireux de s’emparer de la capitale afghane pour faire revivre son empire. Selon l’«Afghanistan Study Group» du Congrès américain, cité par «la Repubblica», les talibans peuvent revenir à Kaboul dans un délai compris entre 18 et 36 mois, tandis que la fragile armée locale, qui n’est plus soutenue par les puissances occidentales, est destinée à être anéantie. L’attention se porte donc sur l’éventuel soutien que l’armée d’Islamabad pourrait fournir aux Talibans. L’hypothétique image de ce genre inquiéterait en grande partie la Chine.

Les trois préoccupations de la Chine  

Il y a deux principales raisons selon Giuliani. Tout d’abord, le Pakistan est l’un des plus importants alliés de la Chine en Asie. L’axe de fer formé par Islamabad et Pékin repose sur des fondements économiques et géopolitiques. Et une éventuelle implication des Pakistanais en Afghanistan ne ferait qu’éloigner l’un des partenaires clés de la Nouvelle Route de la Soie du Dragon. Comme si cela ne suffisait pas, ajoute M. Giuliani, l’Afghanistan des talibans pourrait déstabiliser le Xinjiang, une province chinoise sensible qui, par le passé, a déjà dû faire face à l’instabilité représentée par divers mouvements séparatistes ouïghours. Sans surprise, cette région est une destination populaire pour les membres du Mouvement islamique du Turkestan oriental.

Il existe aussi un troisième aspect à considérer, qui est de nature purement commerciale. Si l’Afghanistan perdait ses repères, il existe un risque que certains pôles stratégiques de l’initiative chinoise «Belt and Road Initiative» (BRI) soient affectés ou ciblés par des terroristes. Citons le Corridor économique Chine-Pakistan (qui, une fois achevé, devrait relier la ville chinoise d’Urumqi, dans le Xinjiang, au port pakistanais de Gwadar) mais aussi les chemins de fer voisins qui relient la République populaire aux «stans» d’Asie centrale.

La contre-attaque de Pékin

Pour éviter de subir des événements aussi inattendus qu’indésirables, poursuit Federico Giuliani, la Chine est prête à jouer son joker favori : la Nouvelle Route de la Soie. Le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi a pris des mesures pour former une triangulation avec le Pakistan afin de transformer l’Afghanistan en un atout clé de la BRI.

« Les trois parties ont convenues d’approfondir la coopération dans l’initiative « Belt and Road Initiative, BRI », en soutenant son expansion substantielle vers l’Afghanistan et en renforçant le niveau d’interconnexion entre les trois pays », a expliqué Wang à l’issue d’une rencontre avec son homologue afghan, Mohammad Haneef Atmar, et le chef de la diplomatie pakistanaise, Shah Mahmood Qureshi.

Ce qui est susmentionné prend en effet une importance fondamentale ; « Nous pouvons étendre le corridor économique Chine-Pakistan vers l’Afghanistan et ainsi améliorer le niveau de coopération commerciale et d’interconnexion entre l’Afghanistan et d’autres pays de la région », a ajouté le ministre chinois. Pourtant, à l’horizon, un climat d’incertitude dangereuse se profile.

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