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Comment Bachar al-Assad séduit-il les monarchies du Golfe pour contrecarrer les ambitions de la Turquie? Une cohabitation entre Arabes sunnites et Iraniens chiites en Syrie est-elle possible?

Montréal, vendredi 28 février 2020 (15h00 GMT) Après avoir formé les terroristes islamistes dans ses prisons, Bachar al-Assad les a libérés à partir de décembre 2011 pour diaboliser la révolution pacifique née à Deraa, en mars de la même année. Dans deux semaines, le soulèvement aura achevé sa 9ème année et le dictateur aura achevé près d’un million de syriens.

Pendant ces neuf ans, Assad a exploité l’islam pour apeurer l’Occident et se maintenir au pouvoir, en mettant les Occidentaux devant un choix difficile: « moi ou Daech ». En janvier 2015, deux jours avant l’attaque contre l’hebdomadaire français Charlie Hebdo à Paris, le président français François Hollande avait refusé de choisir entre les deux revers d’une même médaille, Assad ou Daech. Il avait alors mis à pied d’égalité le terrorisme du premier et la terreur de l’autre, reconnaissant à demi-mot que Bachar Al-Assad avait fait beaucoup plus de morts parmi les civils que le terrorisme de l’Etat islamique. Pour de nombreux observateurs, ces déclarations avaient justifié l’attentat au cœur de Paris.

Les manœuvres d’Assad ont finalement permis à son régime de survivre grâce à l’intervention iranienne, puis russe, au nom de la lutte contre les radicaux, avec une bienveillance occidentale. Elles lui ont également permis de reconquérir l’essentiel des territoires perdus, à l’exception d’Idlib et du nord-est du pays, sous domination kurde. Aujourd’hui, avec le concours de la Russie, Assad exploite toujours l’islam et tente de séduire les monarchies du Golfe, notamment l’Arabie saoudite et les Emirats Arabes Unis, pour les enrôler face à la Turquie, au nom de la lutte contre l’idéologie des Frères musulmans portée par le président Erdogan. Les deux pôles de l’islam sunnite se sont déjà affronté en Egypte, après le renversement du président Morsi, et s’affrontent aujourd’hui en Libye. Assad cherche à jouer sur leurs contradictions pour contrecarrer Ankara à Idlib.

Pour ce faire, Damas met en exergue ses besoins en matière d’investissements pour la reconstruction de la Syrie, afin d’intéresser les Saoudiens et les Emiriens et drainer les pétrodollars, moyennant des promesses alléchantes et des facilités que le régime pourrait leur accorder. Un tel scénario permettrait aussi et surtout à Damas d’exploiter les relations tribales qui lient les Saoudiens et les Emiriens aux tribus arabes du nord-est, afin de les retourner contre les Kurdes. Toutefois, il est inconcevable, à ce stade, que le retour des Saoudiens en Syrie soit du goût de l’Iran, qui colonise une grande partie du pays et notamment Damas et sa banlieue, et qui y forme une section du Hezbollah, son bras armé extérieur.

Si Assad envisage opposer Arabes et Turcs, tous deux sunnites, et tirer les meilleurs bénéfices, comment pourra-t-il faire cohabiter Arabes sunnites et Perses chiites sous le même toit? Les Saoudiens et les Emiriens se laisseraient-ils berner par Assad et tomberaient-ils dans le piège qui leur tend? Seul l’avenir le dira.

Sanaa T.

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