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Washington prévient les pays du Golfe : une campagne «brève et intense» contre l’Iran pourrait suivre le vote du 3 novembre

(Rome, 28 octobre 2026). À l’approche du scrutin du 3 novembre, les Etats-Unis haussent le ton face à l’Iran et adressent un avertissement aux alliés du Golfe. Selon le Wall Street Journal, une campagne «brève et intense» contre l’Iran pourrait avoir lieu après les élections de mi-mandat. Donald Trump n’a pas encore pris de décision, mais des systèmes Patriot, un porte-avions et des Marines sont déjà en mouvement, ce qui alimente les inquiétudes sur l’avenir de la stabilité au Moyen-Orient

Les États-Unis ont averti plusieurs pays arabes du Golfe de se préparer à une campagne militaire «brève et intense» contre l’Iran, après les élections de mi-mandat du 3 novembre. C’est ce qu’indique le «Wall Street Journal», citant des sources informées de ces communications, transmises par les canaux diplomatiques et militaires. Le président Donald Trump n’a toutefois pas encore tranché, comme le rapporte le média italien «Notizie Geopolitiche».

Une hypothèse de travail, pas encore un ordre

Il s’agit donc d’une hypothèse de travail, et non encore d’un ordre. Selon le quotidien, Donald Trump pencherait pour des attaques à grande échelle visant des infrastructures, notamment énergétiques, des sites nucléaires, ainsi que des capacités en matière de missiles et de drones. Des mouvements sont déjà en cours sur le terrain : une batterie de missiles Patriot a été transférée depuis le Texas, des troupes ont été déplacées depuis des bases particulièrement exposées aux tirs iraniens, des stocks de munitions ont été reconstitués, et des bombardiers ainsi que des avions de chasse ont été mis en état de préparation. Un groupe aéronaval, articulé autour d’un porte-avions, ainsi qu’une unité de Marines sont attendus dans la zone en novembre. Israël se prépare à y prendre part.

Un dispositif militaire américain qui fait craindre une offensive imminente

Ce déploiement d’unités supplémentaires, la présence de porte-avions et le renforcement des systèmes de défense antiaérienne, notamment les batteries Patriot, peuvent répondre à plusieurs objectifs : protéger les forces américaines et leurs alliés, dissuader une riposte iranienne et préparer les conditions opérationnelles d’une éventuelle intervention.

«Toutefois, ces préparatifs ne suffisent pas, à eux seuls, à établir qu’une attaque est imminente. Un renforcement militaire peut également servir à exercer une pression sur Téhéran, à prévenir une escalade ou à rassurer les pays du Golfe», estime un expert en stratégie. Si l’hypothèse d’une campagne «brève et intense» après le scrutin du 3 novembre se confirmait, le dispositif déployé pourrait constituer un élément déterminant de sa mise en œuvre, ajoute la source.

La Maison-Blanche n’a ni confirmé ni démenti ces informations. Un porte-parole a déclaré que l’administration ne commentait pas «les plans militaires sensibles, qu’ils existent ou non», ajoutant que «le président Trump maintient toutes les options sur la table afin de garantir que l’Iran ne se dote jamais de l’arme nucléaire». Téhéran a promis des représailles, visant potentiellement des infrastructures énergétiques dans la région. Le président iranien, Massoud Pezeshkian, n’a pas répondu directement au quotidien américain.

Une allusion plutôt qu’une annonce

En public, Donald Trump a opté pour l’allusion. «Vous verrez l’Iran dans quelques semaines, si cela ne vous dérange pas», a-t-il déclaré lors d’un meeting. La guerre prendra fin «quand je le déciderai», a-t-il répété : «elle sera très rapide, mais nous devons conclure les choses de la bonne manière». Le calendrier lie ainsi la guerre au scrutin : l’offensive, si elle a lieu, surviendra une fois les élections terminées.

En Iran, une initiative diplomatique pour prévenir l’escalade

Alors que les tensions entre les Etats-Unis et le régime de Téhéran font craindre une reprise des hostilités, une réunion de haut niveau s’est tenue le 26 octobre dans la capitale iranienne entre l’Iran et les trois pays signataires de l’«Accord de La Mecque» : l’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan.

A lire : Après les tirs de missiles houthis sur Riyad, l’Arabie Saoudite, la Turquie et le Pakistan se tournent vers Téhéran

Cette rencontre, qui a réuni des responsables militaires, sécuritaires et politiques, visait à rechercher des moyens de réduire les tensions et à préserver les possibilités de règlement diplomatique de la crise. Selon l’agence iranienne IRNA, les trois pays (+1) ont convenu de poursuivre leur dialogue sur la coopération régionale, la paix et la sécurité.

Malgré cette ouverture diplomatique, les divergences entre Washington et Téhéran restent considérables. Téhéran conditionne la reprise des discussions à la levée du blocus américain de ses ports et à l’assouplissement des sanctions visant ses exportations pétrolières, tandis que Washington exige notamment des restrictions sur les activités iraniennes d’enrichissement de l’uranium.

Une facture déjà élevée

La facture est déjà lourde. Le Commandement central, qui dirige les opérations américaines au Moyen-Orient, a estimé, au 16 octobre, les dépenses à au moins 47,1 milliards de dollars, soit un quart de plus que l’estimation de juillet, selon un document transmis aux parlementaires et confirmé par l’agence Reuters. Environ 29 milliards sont nécessaires pour remplacer les munitions consommées, 6,1 milliards couvrent les pertes d’avions et de drones, le reste correspondant aux coûts de personnel, de transport aérien et de maintien des bases. Ces chiffres n’incluent pas les dommages subis par les installations américaines, frappées par des missiles et des drones iraniens.

Il y a trois mois, le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, évoquait un montant de 37,5 milliards ; début septembre, ce chiffre atteignait 43,6 milliards. Selon Mark Zandi, chef économiste chez Moody’s Analytics, cela représente une charge d’environ 2.000 dollars pour chaque famille américaine.

Le président Pezeshkian au Kremlin

Pour saisir la portée de cet avertissement, il faut remonter au mois de février, au moment où la guerre a éclaté. Huit mois plus tard, le détroit d’Ormuz, porte de sortie du pétrole du Golfe, demeure bloqué, tandis que la popularité du président iranien est en baisse. Mardi, alors que le «Wall Street Journal» publiait son analyse des événements, Pezeshkian se trouvait à Moscou pour le huitième sommet du Forum des pays exportateurs de gaz, qui se tenait au Grand Palais du Kremlin.

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Il a déclaré à Vladimir Poutine : «Je crois que nous sommes capables de résoudre nos problèmes dans la région sans dépendre des États-Unis». Et d’ajouter qu’«il n’y a pas besoin de l’assistance américaine dans la région, un point sur lequel certains pays pourraient être en désaccord, mais en réalité, il n’en est rien». Les échanges entre Téhéran et Moscou «augmentent de jour en jour», a-t-il dit, et les sanctions américaines poussent les pays visés à coopérer, y compris dans les domaines de la sécurité et des affaires militaires. Poutine a évoqué une situation qui «suscite des inquiétudes» et a exprimé l’espoir d’une amélioration.

En marge du sommet, l’émir du Qatar, Tamim ben Hamad Al-Thani, a rencontré Pezeshkian ; au cœur des discussions : la guerre et le détroit d’Ormuz. Les ministres des Affaires étrangères d’Égypte et d’Arabie Saoudite ont convenu de maintenir une coordination afin de contenir l’escalade. Les pays producteurs de l’OPEP+ se réuniront dimanche.

La suite reste dans le flou

L’avertissement ne précise pas ce qui adviendra après la campagne «brève et intense». Il ne dit pas non plus comment le détroit d’Ormuz sera rouvert, ni ce qui se passera si Téhéran frappe réellement les infrastructures énergétiques des pays du Golfe, comme il l’a promis. L’ambassadrice américaine auprès de l’ONU a déclaré que la guerre pourrait durer encore une année.

La menace qui élargit le champ de la confrontation

La confrontation entre les Etats-Unis et le régime des ayatollahs ne se limite plus aux préparatifs militaires : elle s’étend aux infrastructures numériques stratégiques et à la sécurité du personnel américain à l’étranger. Le 24 octobre, un mémorandum du Renseignement national américain, adressé au secrétaire d’État Marco Rubio, faisait état d’une intensification des efforts iraniens présumés pour cibler des ressortissants américains. Selon le document, certains projets visant des citoyens américains au Moyen-Orient et dans d’autres pays auraient atteint un stade avancé.

A lire : Les câbles de communication et les diplomates américains dans le viseur de Téhéran : «ils n’entreront pas dans le Golfe»

Quelques jours auparavant, des responsables iraniens avaient menacé les infrastructures de communication sous-marines. Selon des rapports confidentiels, Téhéran avait élaboré des plans visant les câbles sous-marins dans le Golfe en cas de nouvelles frappes américaines et israéliennes. Un responsable des affaires politiques au sein des Gardiens de la révolution, avait notamment évoqué la possibilité de frapper sept grands câbles passant sous le détroit d’Ormuz, affirmant que le régime chercherait à empêcher les réparations afin de prolonger les perturbations.

Pour conclure, ces menaces renforcent les inquiétudes des pays du Golfe, qui redoutent de devenir les premières victimes collatérales d’un affrontement entre Washington et Téhéran. À l’approche du scrutin américain du 3 novembre, la question centrale demeure celle de savoir si ces menaces resteront des instruments de dissuasion ou si elles annonceront une extension effective du conflit.

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