(Rome, 24 octobre 2026). Face aux États-Unis, l’Iran semble miser sur une stratégie de confrontation asymétrique, où diplomates américains, réseaux de communication et contrôle du Golfe deviennent des leviers de pression. Derrière la menace de fermer la porte aux forces américaines, Téhéran affiche sa volonté de contester l’influence de Washington dans une région hautement stratégique. Pour Axios «le régime veut cibler des responsables américains au Moyen-Orient»
Des plans élaborés «à un stade avancé»
L’Iran étudie des plans en vue d’une nouvelle escalade dans la guerre contre les États-Unis. «Selon une note adressée au secrétaire d’État Marko Rubio, les services de renseignement américains ont constaté que l’Iran a «considérablement intensifié» ses tentatives pour cibler des diplomates et des responsables américains au Moyen-Orient et ailleurs, avec des plans létaux désormais parvenus à des ‘stades avancés’», a révélé Axios, comme le rapporte Melissa Bertolotti dans l’agence italienne «AKI».
Les câbles sous-marins menacés
Par ailleurs, Téhéran aurait mis au point des plans détaillés pour viser les câbles de communication sous-marins dans le Golfe, dans l’éventualité d’une nouvelle attaque menée par les États-Unis et Israël. C’est ce que rapporte le site du journal «Haaretz», citant des informations fournies à l’agence Reuters par deux hauts responsables de la sécurité iranienne, sous couvert d’anonymat. L’un d’eux a affirmé qu’après de telles attaques, l’Iran chercherait à empêcher les réparations afin de prolonger les interruptions des communications, y compris les connexions Internet. «Si l’Iran est attaqué, il n’y aura plus de lignes rouges : des câbles sous-marins aux bases militaires, y compris les plus secrètes», a déclaré l’un des responsables.
Face à cette évaluation du risque, Washington a ordonné le départ de personnels non essentiels et de membres de familles de diplomates en Arabie saoudite. Des réductions d’effectifs ont également été observées dans plusieurs représentations diplomatiques américaines, notamment aux Émirats arabes unis, au Qatar et en Jordanie.
Une menace qui va au-delà des seules installations militaires
L’alerte américaine élargit le spectre des risques : les personnels diplomatiques, les responsables gouvernementaux et, plus largement, les ressortissants américains pourraient être exposés à des opérations hostiles dans la région. Selon les informations disponibles, les services américains s’attendent à des menaces au-delà du Moyen-Orient, notamment en Europe. Toutefois, la note rendue publique ne précise ni les cibles exactes, ni les lieux, ni les modalités des projets évoqués.
«Ne jouez pas avec le feu»
Le responsable iranien a ensuite mis en garde Washington, lui conseillant de ne pas «jouer avec le feu», et a affirmé que l’Iran avait un accès total aux câbles sous-marins et qu’il pourrait facilement les détruire. Un avertissement supplémentaire est venu du chef du commandement militaire iranien Khatam al-Anbiya, Ali Abdollahi, qui a affirmé que les forces armées iraniennes avaient rendu la marine américaine «inefficace». Cité par les médias d’État iraniens, Abdollahi a déclaré que «le président des États-Unis doit rêver de voir ses forces armées revenir dans le golfe Persique».
Washington et l’Occident face à un nouveau front : le risque d’une coupure numérique
La menace iranienne ouvre un nouveau front dans la confrontation avec les États-Unis : celui de la guerre numérique. L’objectif serait de faire peser un coût économique et stratégique considérable sur Washington, ses alliés régionaux et les entreprises technologiques occidentales. Mais une coupure des câbles dans le Golfe ne signifierait pas automatiquement une interruption complète d’Internet aux États-Unis ou en Europe : les conséquences dépendraient du nombre de câbles détruits, de la durée des dommages et de la capacité des opérateurs à rediriger le trafic vers d’autres itinéraires.
Pour le régime iranien, la menace présente un intérêt stratégique : elle permet de brandir la possibilité d’un choc économique sans nécessairement engager immédiatement une confrontation militaire directe avec les forces américaines.
Pour l’Europe, elle aurait des raisons de s’inquiéter, notamment en raison de sa dépendance aux échanges numériques entre le Continent, le Moyen-Orient et l’Asie.
Pour les pays du Golfe, il s’agirait d’un risque de perturbations majeures. Des connexions pourraient devenir plus lentes, certains services numériques interrompus et les opérations bancaires ou commerciales subissent des retards, surtout si plusieurs câbles sont endommagés simultanément.
La menace iranienne peut-elle servir de justification à une frappe anticipée ?
La menace iranienne contre les diplomates américains, les câbles sous-marins et éventuellement les infrastructures des pays du Golfe intervient à un moment où les États-Unis et Israël disposent déjà de plans pour une éventuelle reprise des attaques. Le calendrier électoral ajoute une dimension politique à une crise qui possède aussi des enjeux militaires, nucléaires et économiques.
L’hypothèse d’une frappe conjointe est donc sérieusement évoquée, mais elle ne peut être tenue pour acquise, selon plusieurs analystes régionaux.