(Rome, 22 avril 2026). Après avoir prolongé le cessez-le-feu, Donald Trump affirme que l’Iran est au bord de l’effondrement économique et conditionne toute ouverture du détroit d’Hormuz à un accord jugé désormais improbable, tout en multipliant les attaques contre ses détracteurs et la presse américaine. Trump évoque une République islamique «désespérément à court d’argent» qui «perd 500 millions de dollars par jour»
Une déclaration sur la crise économique iranienne
«L’Iran est au bord de l’effondrement financier ! Les Iraniens exigent l’ouverture immédiate du détroit d’Ormuz», a déclaré Donald Trump dans un message publié sur Truth, après avoir prolongé le cessez-le-feu, décrivant une République islamique «désespérément à court d’argent» qui «perd 500 millions de dollars par jour», comme le rapporte le portail italien «Adnkronos».
Tensions internes et suspension de l’attaque
«Des militaires et des policiers se plaignent de ne pas avoir été payés. SOS ! », a ajouté le président américain dans un message. La veille, il avait annoncé, toujours via les réseaux sociaux, qu’en raison de la «grave fragmentation du gouvernement iranien» et à la «demande du maréchal Assim Mounir et du Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, il nous a été demandé de suspendre nos attaques contre l’Iran jusqu’à ce que leurs dirigeants et représentants présentent une proposition unifiée». Le magnat a précisé avoir ordonné aux forces américaines de «maintenir le blocus naval» et de «rester prêtes à toute éventualité», malgré la prolongation du cessez-le-feu.
Le détroit d’Ormuz au centre des tensions
Dans un autre message publié sur Truth, Trump a écrit que l’Iran souhaite l’ouverture du détroit d’Ormuz «pour pouvoir engranger 500 millions de dollars par jour». «Ils prétendent ne vouloir sa fermeture que parce que je l’ai complètement bloqué (fermé !), ils veulent donc simplement sauver la face», a-t-il insisté. «Il y a quatre jours, on m’a dit que ‘l’Iran veut rouvrir le détroit immédiatement’, mais si nous faisions cela, il ne pourrait jamais y avoir d’accord avec Téhéran, à moins que nous ne décidions de raser le reste de leur pays, y compris leurs dirigeants !», a-t-il conclu.
Trump s’en prend au Wall Street Journal
Trump s’en est également pris au Wall Street Journal, qui, selon lui, «a perdu le droit chemin». Le président américain parle d’«un idiot du comité éditorial du Wall Street Journal nommé Elliot Kaufman», qui «aurait écrit que je suis pris pour un imbécile». «L’Iran ne le pense certainement pas ! Personne d’autre non plus», a écrit le magnat ces dernières heures dans un long message publié sur Truth, faisant référence à l’éditorial paru deux jours auparavant et intitulé «Les Iraniens prennent Trump pour un imbécile».
Justification de sa politique et le bilan militaire
«Vraiment ? Pendant 47 ans, ils ont tué notre peuple et bien d’autres, et ont profité de tous les présidents sauf moi», a poursuivi Trump dans son message, insistant sur le fait que «le détroit d’Ormuz est bloqué et totalement sous contrôle américain» et que «l’Iran perdrait, selon certaines sources, 500 millions de dollars par jour». «Leur marine entière repose au fond de la mer, leur armée de l’air a disparu, leurs défenses aériennes et leurs radars ont été anéantis», a-t-il insisté, revenant également sur les opérations de juin dernier. «Leurs laboratoires et installations de stockage nucléaires ont été détruits», «leurs dirigeants sont morts», a-t-il ajouté.
Une «catastrophe économique» selon le Magnat
Pour Trump, la République islamique est une «catastrophe économique qui ne tient qu’à un fil». Dans son long message, il n’a pas manqué de critiquer l’ancien président Barack Obama ainsi que «d’autres présidents», accusés de «n’avoir rien fait pour les arrêter». Il conclut en affirmant «imaginer que Rupert Murdoch a demandé» que l’éditorial soit écrit de cette manière, car le Wall Street Journal «a perdu le cap» et n’est «plus qu’un autre journal politique en déclin».
Conclusion : stratégie de pression, médiation pakistanaise et offensive contre la presse
Au-delà des déclarations spectaculaires, les propos de Donald Trump sur l’effondrement financier de l’Iran s’inscrivent dans une logique de pression psychologique. En insistant sur une économie «au bord du gouffre» et sur des pertes quotidiennes massives, il cherche moins à informer qu’à fragiliser le moral des négociateurs iraniens, en les plaçant dans une position de faiblesse supposée avant toute reprise de discussions.
Enfin, l’attaque frontale de Trump contre le The WSJ dépasse la simple réaction à un éditorial critique. Elle participe à une stratégie plus large visant à délégitimer les médias qui contestent son narratif, tout en consolidant son image de dirigeant ferme auprès de son électorat. En s’en prenant directement à un journal influent, il transforme une critique médiatique en affrontement politique, renforçant ainsi la polarisation autour de sa gestion du dossier iranien.
Que disent les experts militaires
«La demande formulée par Assim Mounir et Shehbaz Sharif traduit une tentative de médiation», affirme un officier italien bien au fait. Concrètement, il s’agit d’obtenir une pause militaire pour permettre à Téhéran de surmonter ses divisions internes et de présenter une position unifiée. «Cette initiative souligne le rôle du Pakistan comme acteur intermédiaire cherchant à éviter une escalade régionale», ajoute notre source.