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Iran : l’ONU passe enfin à l’action, une force spéciale pour sécuriser le détroit d’Ormuz

(Rome, 27 mars 2026). Face aux tensions liées au conflit en Iran, l’ONU annonce la création d’une task force pour sécuriser le détroit d’Hormuz, axe vital du commerce mondial. L’organisation alerte sur les risques de perturbations majeures pouvant entraîner des pénuries et aggraver les crises humanitaires à l’échelle internationale

Les Nations Unies ont annoncé la création d’une force opérationnelle chargée d’assurer la continuité du passage dans le détroit d’Ormuz, un carrefour stratégique du commerce mondial menacé par les tensions liées au conflit en Iran. L’organisation a mis en garde contre les conséquences potentielles : des perturbations sur cette voie de communication pourraient aggraver les pénuries de biens essentiels et déclencher de nouvelles crises humanitaires à l’échelle internationale. «Il est essentiel d’agir immédiatement pour atténuer ces conséquences», a déclaré le porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric.

Cette initiative, écrit Fausta De Rossi dans le journal «Il Tempo», sera pilotée par Jorge Moreira da Silva, Secrétaire général adjoint des Nations unies et Directeur exécutif du Bureau des services d’appui aux projets. La force opérationnelle, a expliqué Stéphane Dujarric, s’inspirera de modèles déjà adoptés dans d’autres contextes de crise, tels que l’accord céréalier de la mer Noire pour l’Ukraine et les mécanismes humanitaires activés pour Gaza. Dans les prochains jours, des discussions seront engagées avec les pays concernés afin de définir des modalités opérationnelles concrètes et de vérifier le soutien des États membres à cette initiative.

Les préoccupations de l’ONU portent principalement sur les répercussions économiques et sociales du conflit. Les difficultés de distribution des engrais et la hausse des coûts de l’énergie risquent en effet de se traduire par une augmentation des prix des produits alimentaires, avec des conséquences particulièrement graves pour les pays les plus vulnérables. Selon les analyses du Programme alimentaire mondial (PAM), si la guerre devait se prolonger dans les mois à venir, des dizaines de millions de personnes pourraient se retrouver confrontées à une grave insécurité alimentaire, compromettant ainsi les progrès réalisés après des années de crises mondiales successives.

Un test décisif pour la communauté internationale

En lançant cette initiative, les Nations unies jouent bien plus que la sécurisation du détroit d’Hormuz : c’est leur capacité à prévenir une crise globale qui est en jeu. Car derrière les menaces sur les flux commerciaux se profile un enchaînement redouté, une flambée des prix, des pénuries et une instabilité sociale. Si la réponse tarde ou échoue, les conséquences pourraient dépasser largement la région et frapper en premier les populations les plus fragiles. Dans ce contexte, l’urgence est non seulement d’agir, mais aussi de prouver que l’action internationale peut encore faire la différence.

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