(Rome, 22 mars 2026). Face aux menaces de Donald Trump de s’emparer du Groenland, le Danemark a envisagé une riposte extrême : détruire ses propres infrastructures pour bloquer toute invasion. Soutenu en coulisses par des alliés européens, ce plan révèle l’intensité des tensions autour de cette île stratégique, devenue un point névralgique des rivalités entre grandes puissances
Le Danemark était prêt à détruire toutes les pistes d’atterrissage du Groenland et à combattre en cas d’invasion militaire américaine visant à s’emparer de l’île, comme l’a menacé à plusieurs reprises Donald Trump. Des sources danoises et européennes ont révélé cette information à «DR», la chaîne de télévision publique de Copenhague, et au «Financial Times». L’objectif était de résister contre une attaque en la rendant suffisamment coûteuse pour que les forces américaines persuadent la Maison Blanche d’abandonner ses efforts ou de rechercher une solution diplomatique, écrit Enrico Franceschini dans «La Repubblica».
Une préparation militaire discrète
Un contingent de troupes envoyé par le gouvernement danois au Groenland en janvier, officiellement pour des exercices militaires, avait en réalité pour mission d’acheminer suffisamment d’explosifs sur l’île pour détruire la piste de l’aéroport de Nuuk, capitale du territoire danois autonome, et celle de Kangerlussuaq, une ancienne base de chasseurs-bombardiers. Les troupes ont également transporté au Groenland d’importantes réserves de sang, preuve qu’elles se préparaient à subir des pertes.
Un enjeu stratégique historique
Depuis la Seconde Guerre mondiale, lorsque les forces américaines ont débarqué au Groenland par crainte d’une invasion de l’Allemagne nazie après la conquête du Danemark par Hitler, les États-Unis ont maintenu de nombreuses bases militaires sur cet immense archipel de glace. À ce jour, une seule base subsiste, en vertu d’un accord avec Copenhague, destiné à la surveillance radar d’éventuelles attaques de missiles nucléaires via le pôle Nord. Sans l’accès aux aéroports du Groenland, une invasion américaine serait beaucoup plus complexe.
Le rôle du soutien européen
Plusieurs pays européens, dont la France et l’Allemagne, ont envoyé des troupes au Groenland ces derniers mois, officiellement pour des exercices militaires conjoints avec le contingent danois. Mais leur véritable objectif, selon des sources de médias, était de renforcer les défenses de l’île afin de dissuader Trump de s’en emparer «d’une manière ou d’une autre», y compris par la force.
«Les Français, en particulier, nous ont été d’une grande aide», affirme une source européenne. «C’était notre crise la plus grave depuis 1945», affirme la Première ministre danoise Mette Frederiksen, sans entrer dans les détails du plan de riposte à une éventuelle invasion. «La seule raison pour laquelle nous sommes aujourd’hui dans une meilleure situation est la coopération européenne».
Des négociations toujours en cours
Lors du dernier sommet de Davos, le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, ancien Premier ministre néerlandais, semblait avoir convaincu Donald Trump d’accepter l’idée d’un futur accord respectant la souveraineté du Danemark et du Groenland, tout en tenant compte des impératifs de sécurité américains. «Les négociations se poursuivent», commente la Première ministre Mette Frederiksen. «J’espère un accord, mais la volonté de Trump de s’emparer du Groenland demeure intacte».
Une stratégie américaine qui fragilise ses alliances
L’absence de soutien clair (sur le dossier iranien/Ormuz) des alliés traditionnels des États-Unis au sein de l’OTAN s’explique en grande partie par la défiance suscitée par Donald Trump, dont les positions ont souvent été perçues comme un éloignement des engagements collectifs et des règles de coopération transatlantique. Cette perte de confiance affaiblit mécaniquement la cohésion de l’Alliance dans un moment pourtant critique.
Que disent les spécialistes ?
En ouvrant la perspective d’un nouveau front de tensions avec ses propres alliés autour du Groenland, le président américain contribue à détourner l’attention du principal conflit structurant de l’ordre international actuel : L’Iran.
Cette dispersion stratégique, disent certains spécialistes, risque d’affaiblir la capacité des puissances occidentales à répondre de manière coordonnée aux menaces actuelles majeures qui pèsent sur la stabilité mondiale.