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Le premier cardinal iranien de l’histoire trouve refuge au Vatican

(Rome, 10 mars 2026). Face à l’intensification des opérations militaires en Iran, l’archevêque de Téhéran-Ispahan, le cardinal Dominique Joseph Mathieu, premier cardinal de l’histoire du pays, a quitté temporairement le territoire iranien pour rejoindre Rome, évacué avec le personnel diplomatique italien pour des raisons de sécurité, avec l’autorisation du Saint-Siège

Le cardinal Fernando Filoni était resté à Bagdad pendant les bombardements lors de la guerre du Golfe. L’archevêque catholique de Téhéran-Ispahan, (premier cardinal iranien de l’histoire), a temporairement quitté l’Iran pour se réfugier à Rome pour des raisons de sécurité, avec l’autorisation du Saint-Siège. Ce cardinal belge, franciscain conventuel, a quitté l’Iran avec le personnel de l’ambassade d’Italie, dans le cadre de l’évacuation diplomatique mise en place alors que des bombardements et des opérations militaires dans la région continuent de s’intensifier, comme le rapporte Giacomo Galeazzi dans «La Stampa».

Le cardinal Mathieu a expliqué avoir quitté son siège «non sans regret et avec une profonde tristesse pour nos frères et sœurs en Iran». Le siège de l’archidiocèse latin catholique de Téhéran-Ispahan et la cathédrale de la «Consolata» se trouvent en effet dans l’enceinte de l’ambassade d’Italie à Téhéran, ce qui rendait inévitable son départ, de même que celui du personnel diplomatique évacué. Dans son message, le cardinal a invité les fidèles à prier pour la paix et «la conversion des cœurs», exprimant son désir de retourner dans son diocèse le plus rapidement possible.

Départ de Téhéran

Né en Belgique en 1963, il a été nommé archevêque de Téhéran-Ispahan en 2021 et nommé cardinal lors du consistoire de décembre 2024. Son diocèse, bien que très petit, revêt une importance symbolique : il dessert une communauté catholique composée principalement de travailleurs migrants et étrangers, et ne compte que quelques paroisses dispersées dans la capitale.

Dans de nombreux cas, les communautés locales ne disposent même pas de prêtres résidents, et l’archevêque lui-même exerce un rôle pastoral direct dans plusieurs paroisses.

Ce départ temporaire confirme l’inquiétude du Saint-Siège face à l’escalade militaire dans la région. Le pape Léon XIV a appelé à plusieurs reprises à la fin des hostilités et à la reprise du dialogue, dénonçant le risque que la spirale de violence entraîne de plus en plus de pays du Moyen-Orient. Son départ, autorisé pour des raisons de sécurité, ne constitue pas un abandon de sa mission pastorale, mais plutôt une pause forcée imposée par une guerre qui met à rude épreuve toute la région.

Convoi du ministère des Affaires étrangères

La semaine dernière, l’évêque de Téhéran, le cardinal belge Dominique Joseph Mathieu, et le vice-nonce apostolique en Iran faisaient également partie du convoi au cours duquel la Farnesina a rapatrié une cinquantaine d’Italiens du territoire iranien vers l’Azerbaïdjan. Comme l’a expliqué le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères, Antonio Tajani, «il s’agissait d’une mission concernant 50 Italiens qui se trouvaient à Téhéran. Ils viennent de franchir la frontière azerbaïdjanaise et sont sains et saufs». Le chef de la diplomatie italienne a précisé que l’ambassadrice Paola Amadei «a été la dernière à quitter la mission diplomatique». «Le personnel de l’ambassade d’Italie à Téhéran, a-t-il assuré, continuera de travailler à notre mission diplomatique à Bakou».

Une Église prise dans la tourmente régionale

Alors que les tensions militaires continuent de s’intensifier au Moyen-Orient, le départ temporaire du cardinal Dominique Joseph Mathieu d’Iran illustre la fragilité de la présence chrétienne dans une région de plus en plus instable. Accueilli à Rome avec l’autorisation du Saint-Siège, l’archevêque espère toutefois pouvoir regagner rapidement son diocèse de Téhéran-Ispahan. «Son éloignement momentané, dicté par des impératifs de sécurité, rappelle combien la guerre en cours bouleverse non seulement les équilibres géopolitiques, mais aussi la vie quotidienne des communautés religieuses et des minorités présentes dans la région», précise une source vaticane proche de ce dossier.

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