(Roma, 02 mars 2026). Invité ce lundi soir sur le plateau de BFM-TV, l’ambassadeur du Liban en France, Rabih Chaer, a commis une bourde impardonnable. Pourtant, le représentant du Liban à Paris, très proche du président libanais Joseph Aoun, était très apprécié jusque-là avec un «sans faute» bien qu’il ne soit pas un diplomate de carrière
Justement, c’est sans doute parce qu’il n’est pas un diplomate de carrière qu’il a commis l’irréparable. Voulant condamner les attaques israéliennes contre le Hezbollah, il a fini par défendre ce dernier qui venait d’être «dissout» par le gouvernement libanais, quelques heures après s’être engagé unilatéralement dans le conflit en cours entre Israël et les Etats-Unis d’une part, et l’Iran de l’autre. Ce faisant, le Hezbollah a encore une fois provoqué Israël et engagé une nouvelle guerre que ni l’Etat libanais, ni le peuple, n’en veulent.
Rabih Chaer doit se sentir triplement embarrassé : une première fois en défendant une organisation terroriste désormais interdite par son propre gouvernement ; une deuxième fois en reconnaissant que les armes du Hezbollah ne menacent plus Israël mais plutôt le Liban ; et surtout, après les propos du ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot.
Dans un tweet de ce lundi soir, le chef de la diplomatie française a en effet dénoncé avec fermeté les agissements du Hezbollah : «Le Hezbollah a commis une lourde faute en rejoignant un conflit avec Israël dans lequel les autorités comme le peuple libanais refusent d’être entraînés. La population en a payé ce matin le prix, avec des dizaines de morts et des dizaines de milliers de déplacés provoqués par la riposte israélienne. Le Hezbollah doit immédiatement mettre fin à ces attaques. Israël doit respecter l’intégrité territoriale du Liban, et s’abstenir de toute frappe sur les infrastructures et les populations civiles, qui doivent être protégées. Le Liban doit être préservé de l’embrasement régional, et le cessez-le-feu prévu par l’accord du 27 novembre 2024 mis en œuvre dans toutes ses dimensions. A cet égard, la France soutient pleinement la décision du gouvernement libanais d’exiger l’arrêt des activités militaires du Hezbollah, la remise de ses armes et la mise en œuvre par tous les moyens nécessaires du plan de l’armée pour garantir le désarmement des groupes armés. La France restera engagée pour la souveraineté et la stabilité de ce pays et organisera dès que possible la conférence internationale de soutien à ses forces armées», a déclaré M. Barrot.
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Rabih Chaer est ainsi une victime collatérale du conflit iranien, mais aussi victime de son excès de zèle et de sa proximité avec le président Aoun, dont la complaisance à l’égard du Hezbollah interroge plus d’un. Près de 14 mois après son accession au pouvoir, Joseph Aoun continue de ménager ceux qui ont entraîné le Liban dans l’abîme.
(Roma, par Dario S.)