(Roma, 02 mars 2026). Sur le papier, l’État affirme clairement que le monopole de la force armée doit revenir exclusivement aux institutions officielles. Samir Geagea : les autorités doivent entamer immédiatement le démantèlement des structures militaires et sécuritaires du «Hezbollah»
Le Conseil des ministres libanais a franchi aujourd’hui une étape supplémentaire sur la voie de l’édification effective de l’État. Il a adopté une décision claire interdisant les activités militaires et sécuritaires du «Hezbollah».
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«Le gouvernement annonce l’interdiction immédiate de toutes les activités militaires et sécuritaires du Hezbollah et lui demande de remettre ses armes à l’État», a déclaré le Premier ministre Nawaf Salam à l’issue du Conseil des ministres, appelant les services de sécurité à «empêcher toute action militaire à partir du territoire libanais». Il a également appelé l’armée à «entamer, par tous les moyens, le désarmement des milices au nord du Litani».
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Concrètement, la décision implique le démantèlement sans délai des structures militaires et sécuritaires du Hezbollah. Cela signifie que toute organisation armée ou appareil sécuritaire relevant du parti de Dieu doit être dissous.
Le texte précise également que des mesures doivent être prises contre toute personne refusant de se conformer à cette décision, ce qui introduit la possibilité de poursuites ou de sanctions.
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Cette orientation politique correspond à la ligne défendue depuis des décennies par le leader des souverainistes et Président du parti des «Forces libanaises» (FL), Samir Geagea, qui appelle les autorités à entamer immédiatement ce processus de démantèlement. Il invite également la population libanaise à se rassembler derrière le gouvernement afin d’accélérer l’établissement d’un «État effectif», présenté comme une aspiration collective des Libanais.
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Dans le prolongement direct de la décision gouvernementale susmentionnée, des rapports suggèrent des tensions internes au sommet de l’appareil d’État. Selon une information confidentielle, une dispute a eu lieu entre le Premier ministre Nawaf Salam et le commandant de l’armée le général Rodolphe Haykal, dans un climat conflictuel, lorsque le Premier ministre insiste fermement pour que cessent immédiatement les activités militaires du Hezbollah.
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Le fait que le Premier ministre élève la voix et insiste sur «l’arrêt des activités militaires du Hezbollah» souligne l’urgence qu’il accorde à l’exécution de la décision gouvernementale.
Dans la continuité de ces éléments, l’attitude attribuée au Premier ministre Nawaf Salam apparaît cohérente avec une volonté affichée de préserver la stabilité de l’État au «pays des Cèdres».
Selon plusieurs analystes, cette posture traduit une priorité claire : éviter que des acteurs armés non étatiques décident de la guerre ou de la paix à la place du gouvernement. Ainsi, dans ce contexte, Nawaf Salam apparaît comme cherchant avant tout à mettre les institutions étatiques au centre des décisions de sécurité, dans l’objectif de préserver la stabilité et l’unité du Liban.
La posture de Nawaf Salam apparaît effectivement très proche (voire alignée) de celle défendue depuis longtemps par le chef des FL Samir Geagea.
(Roma, par Dario S.)