(Rome, 22 février 2026). Selon des informations publiées par le The New York Times, le Guide suprême iranien, Ali Khamenei, aurait activé des dispositifs de continuité de l’État prévoyant des mécanismes de succession graduée et des chaînes de commandement alternatives en cas décapitation. Cette anticipation s’inscrit dans un contexte de tensions accrues avec les États-Unis et Israël, alors que l’Iran cherche à préserver la stabilité de son appareil politico-militaire face au risque de frappes extérieures et de déstabilisation interne
La direction suprême iranienne aurait formalisé des protocoles de gestion de crise prévoyant des mécanismes de succession multiniveaux ainsi que des chaînes de commandement alternatives, afin de préserver la cohésion décisionnelle de l’État en situation de décapitation du leadership.
Selon l’agence italienne «AGI», citant le New York Times, au plus fort des manifestations nationales du mois dernier et dans un contexte marqué par la menace croissante d’une intervention militaire américaine, Khamenei aurait promu Ali Larijani, un fidèle de longue date, ancien commandant des Gardiens de la révolution et homme politique chevronné, à une fonction au sein du gouvernement central, le plaçant de facto à la tête de l’appareil decisionnel de l’État.
Centralité opérationnelle d’Ali Larijani
S’appuyant sur des entretiens avec de hauts responsables iraniens, des membres des Gardiens de la révolution et d’anciens diplomates, le journal américain rapporte que Larijani a depuis supervisé la répression des manifestations, conduit des échanges sensibles sur le dossier nucléaire avec Washington et coordonné la coopération stratégique avec des alliés tels que la Russie, le Qatar et Oman.
Il serait également à la tête de la planification militaire et la préparation défensive, l’Iran se préparant à d’éventuelles frappes américaines.
Dispositifs de succession et délégation de pouvoir
Khamenei aurait parallèlement désigné plusieurs successeurs à des postes militaires et politiques clés, en transférant à un cercle restreint des pouvoirs décisionnels étendus. L’objectif serait d’assurer la continuité de la chaine de commandement en cas de rupture des communications ou d’assassinat ciblé de la direction suprême.
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Larijani, gestionnaire de crise plutôt que successeur
Bien que Larijani ne soit pas considéré comme un successeur potentiel du Guide suprême – n’étant pas un haut dignitaire élevé au sein du clergé chiite – il apparaît comme l’un des principaux opérateurs de confiance chargé de la gestion de la crise.
Posture dissuasive face à Washington et Tel-Aviv
Enfin, le guide suprême iranien a adopté un ton de défi et de fermeté à l’égard des États-Unis et d’Israël, avertissant que toute attaque contre le territoire iranien entraînerait une riposte résolue, signalant ainsi une stratégie de dissuasion axée sur la menace de représailles directes.
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Risques de décapitation et impératifs de défense
La mise en place de plans de succession et de chaînes de commandement d’urgence reflète la conscience du Guide Ali Khamenei de la vulnérabilité de l’Iran face à des frappes ciblées pouvant décapiter la direction politique et militaire. Pour les experts, cette approche proactive souligne une stratégie de résilience institutionnelle, visant à maintenir la continuité opérationnelle et décisionnelle en période de crise extrême.
Un officier régional nous affirme que ces dispositifs pourraient ne pas aboutir, car «le marteau pourrait frapper vite et fort, ce qui ne laisserait pas le temps au nouveau gestionnaire de crise d’assumer ses fonctions».
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Parallèlement, la centralité d’acteurs comme Ali Larijani dans la gestion des crises internes et dans la coordination des relations avec des partenaires régionaux et internationaux illustre l’articulation entre défense nationale, planification stratégique et dissuasion. Le leadership iranien combine ainsi anticipation tactique et posture dissuasive, afin de minimiser l’impact d’éventuelles interventions étrangères et de préserver la stabilité de l’appareil politico-militaire.
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