(Rome, 18 février 2026). Une alerte à la bombe a entraîné l’évacuation du siège parisien du parti de gauche radicale, sur fond de polémique après l’implication présumée de certains de ses membres dans le meurtre d’un militant d’extrême droite. Onze personnes ont déjà été interpellées
Le siège national de La France Insoumise (LFI) à Paris a été évacué en raison d’«une alerte à la bombe», selon le coordinateur national du mouvement, Manuel Bompard. «La police est sur place. Tous les employés et militants sont sains et saufs», a écrit Bompard sur le réseau social X, rapporte le quotidien italien «La Repubblica».
Le parti de gauche radicale français, dirigé par Jean-Luc Mélenchon, est au cœur d’une polémique depuis plusieurs jours en raison de l’implication présumée de certains de ses membres dans le passage à tabac mortel d’un militant d’extrême droite, Quentin Deranque, survenu jeudi soir dernier à Lyon. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a directement mis en cause La France insoumise, exigeant qu’elle «fasse le ménage» en son sein. Mélenchon a dû intervenir pour se désolidariser des faits, déclarant de manière assez ambigüe, que «dans la violence, qu’elle soit défensive ou offensive, tous les coups ne sont pas permis».
Hier, parmi les personnes interpellées figurait Jacques-Élie Favrot, assistant parlementaire du député LFI Raphaël Arnault. Favrot a «cessé toute activité parlementaire», a déclaré Arnault lui-même, précisant avoir engagé lundi «les procédures de résiliation de son contrat».
Par ailleurs, le nombre de personnes placées en garde à vue s’élève désormais à 11 après l’arrestation de deux autres personnes au cours de la nuit.
Une rhétorique qui attise les tensions
Cette affaire intervient dans un climat politique déjà particulièrement tendu autour de LFI, régulièrement accusée par ses adversaires d’entretenir une rhétorique de confrontation et de polarisation. Le positionnement radical du mouvement, combiné à des prises de parole souvent perçues comme démagogiques de son leader Jean-Luc Mélenchon, alimente les critiques sur une stratégie politique fondée davantage sur l’exacerbation des tensions que sur l’apaisement du débat public.
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Selon plusieurs observateurs, «cette surenchère fragilise le débat démocratique et crée un terrain propice aux débordements, brouillant dangereusement la frontière entre contestation politique et dérive extrémiste». «Les prises de position du leader de LFI, souvent relayées ou amplifiées par des figures du mouvement comme Rima Hassan, marquées par une tonalité volontiers clivante et parfois démagogique, contribuent à durcir les antagonismes plutôt qu’à apaiser les tensions», ajoutent les experts.