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Entre espoirs et menaces : l’Iran et les États-Unis négocient à Mascate, Netanyahu reçu le 11 février par Trump

(Rome, 07 février 2026). À Mascate, Iraniens et Américains renouent le fil de négociations aussi fragiles qu’essentielles. Derrière les déclarations optimistes, menaces de sanctions, tensions régionales et pressions israéliennes rappellent combien la voie vers un accord sur le nucléaire reste semée d’embûches

Des ouvertures diplomatiques entre l’Iran et les États-Unis se sont dessinées à Mascate, dans un contexte d’équilibre délicat entre désescalade et nouvelles menaces. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, présent à Oman, qui a fait état de discussions longues et intenses, incluant plusieurs cycles de pourparlers indirects, se dit prêt à un accord sur le nucléaire avec les États-Unis, mais avertit que toute agression ou erreur d’appréciation de la part de Washington entraînera une riposte immédiate, rapporte Carla Rumor sur la chaine italienne «TG LA7».

De son côté, Donald Trump, depuis Air Force One, a commenté la rencontre entre ses négociateurs de confiance, Witkoff et Kushner : «Nous avons eu d’excellents échanges avec les Iraniens, et une nouvelle série de négociations aura lieu prochainement, peut-être dès la semaine prochaine», a-t-il déclaré, avant de menacer d’imposer des droits de douane de 25 % à tous les pays qui continuent à entretenir des relations commerciales avec l’Iran. «Ils semblent vraiment vouloir conclure un accord. Dans le cas contraire, les conséquences seront très graves».

Nucléaire et pétrole : le nœud des pourparlers

Les Américains exigent que Téhéran abandonne totalement l’enrichissement d’uranium, une proposition inacceptable pour la République des Ayatollahs, qui a toujours affirmé l’utiliser à des fins civiles et qui semble néanmoins disposée à faire des concessions à la Maison-Blanche en échange d’un allègement des sanctions et de la possibilité de remettre son pétrole sur le marché.

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«Le nucléaire, les sanctions pétrolières et la question des missiles s’entremêlent dans une négociation où chaque geste peut faire basculer l’équilibre régional», déclarent plusieurs analystes italiens. Nucléaire et pétrole : c’est là que se situe le cœur du problème.

Le dossier des missiles et les tensions régionales

Mais ce n’est pas tout : il y a aussi le dossier des missiles, tenu à l’écart des négociations à la demande de Téhéran, mais qui plane sur les accords comme une épée de Damoclès. «Les négociations sur les missiles ne peuvent avoir lieu ni maintenant ni à l’avenir, car il s’agit d’une question de défense», a déclaré aujourd’hui le ministre Araghchi à Al-Jazeera, répondant indirectement au Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu qui, à la veille des pourparlers, avait appelé à des restrictions sur les missiles balistiques, avertissant : «Nous réagirons promptement et de manière sans précédent en cas d’attaque», lequel se rendra à Washington mercredi pour discuter de l’Iran avec Donald Trump.

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En bref, un bras de fer tendu et délicat, ponctué de provocations réciproques et de messages indirects, comme en témoigne la visite que les deux émissaires américains ont tenu à immortaliser à bord du porte-avions américain Lincoln, stationné dans le golfe Persique, prêt à frapper (toujours brandie comme menace) ​​au moindre faux pas au Moyen-Orient.

Des manœuvres iraniennes loin d’être inédites

À Mascate, Téhéran ne réinvente pas sa stratégie : il la répète. Alternant ouverture tactique et fermeté idéologique, la République islamique utilise le temps comme levier, négociant sous pression tout en consolidant ses lignes rouges. Cette diplomatie du «seuil» (avancer sans céder) lui a déjà permis par le passé d’obtenir des allègements de sanctions sans renoncer à ses capacités nucléaires ou balistiques. Derrière les signaux d’apaisement, l’objectif demeure inchangé : préserver ses marges de manœuvre stratégiques et sa capacité de dissuasion, tout en exploitant les divisions occidentales.

L’ombre des mandataires régionaux : l’assurance-vie stratégique des Mollahs

Si les négociations échouent, le véritable champ de bataille pourrait ne pas être nucléaire, mais régional. L’Iran dispose d’un réseau de mandataires (au premier rang desquels le Hezbollah) capables d’ouvrir des fronts indirects contre Israël et les intérêts américains, du Liban à l’Irak en passant par la Syrie et le Yémen.

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En définitif, souligne une source régionale, Mascate n’est peut-être qu’une parenthèse : entre négociation tactique et dissuasion armée, chacun se prépare déjà au scénario de l’échec. Cette «guerre par procuration» constitue son assurance-vie stratégique : frapper sans s’exposer frontalement. En cas d’escalade, ces acteurs deviendraient les premiers instruments de pression, transformant toute rupture diplomatique en conflit diffus, prolongé et difficilement contrôlable.

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