L'actualité du Proche et Moyen-Orient et Afrique du Nord

L’Iran convoque les ambassadeurs des pays de l’Union européenne

(Rome, 02 février 2026). En réaction à la décision de l’Union européenne de classer les Gardiens de la révolution comme organisation terroriste, l’Iran a convoqué les ambassadeurs des pays membres et dénonce une «insulte» ainsi qu’une «erreur stratégique». Tout en brandissant la menace d’une riposte et d’une escalade régionale face aux États-Unis, Téhéran poursuit en parallèle des contacts diplomatiques discrets pour tenter d’apaiser les tensions

Selon la chaine italienne «Tgcom24», Téhéran a convoqué les ambassadeurs des pays de l’UE après que les ministres des Affaires étrangères ont officiellement désigné les Gardiens de la révolution iraniens (Pasdaran) comme «organisation terroriste» le jeudi 29 janvier. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmail Baghaei, a déclaré : «C’est l’action minimale que l’Iran puisse faire, mais nous étudions d’autres options de riposte. Les organisations compétentes décideront des options dans les prochains jours». Et Baghaei d’ajouter : «Cette désignation est une insulte et une erreur stratégique. Si l’Union européenne pense que cette initiative est un acte de flatterie envers les États-Unis et le régime sioniste, elle se trompe lourdement».

A lire : Paris franchit le pas sur les pasdarans, la pression européenne s’accentue sur Téhéran

La réaction iranienne

La première réaction de Téhéran ne s’est pas fait attendre. Le 30 janvier, le secrétaire du Conseil suprême de sécurité iranien avait annoncé que «les armées des pays impliqués dans la récente résolution de l’UE contre le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) sont considérées comme terroristes. Les conséquences retomberont sur les pays européens qui ont adopté de telles mesures».

Négociations entre l’Iran et les États-Unis : «Nous finalisons un processus diplomatique»

Entre-temps, Téhéran poursuit en coulisses ses contacts avec Washington, dans l’espoir de parvenir à un accord qui stabiliserait les tensions de ces dernières semaines et éviterait une éventuelle attaque militaire. Ces négociations, du moins pour l’instant, n’ont pas encore abouti : «Nous devons évaluer différents aspects de la question. Les pays de la région, légitimement préoccupés par la situation actuelle, s’efforcent sincèrement de jouer un rôle positif et agissent comme médiateurs pour transmettre le message», a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères. «Nous sommes actuellement dans une phase de révision et de définition des détails d’un processus diplomatique qui, nous l’espérons, se concrétisera prochainement, notamment les modalités de travail et le cadre de référence mentionné».

L’inquiétude d’Israël face à un possible accord

«Cette dynamique suscite toutefois la méfiance d’Israël, qui redoute qu’un éventuel rapprochement entre Washington et Téhéran ne renforce la position stratégique iranienne dans la région», observent certains analystes. Les autorités israéliennes craignent qu’un accord, perçu comme trop conciliant, ne permette à l’Iran de consolider son influence militaire et politique, au détriment de leur sécurité.

La menace de l’ayatollah : «Une attaque américaine ? Ce serait une guerre régionale»

«Les Américains doivent savoir que s’ils veulent déclencher une guerre, cette fois-ci, ce sera une guerre régionale», a souligné l’ayatollah Ali Khamenei dans un discours prononcé à la veille du 47e anniversaire de la Révolution islamique, qui a porté l’imam Khomeiny au pouvoir en 1978. «Les Américains ont menacé de recourir à toutes les options, y compris celle de la guerre. L’Iran ne souhaite attaquer aucun autre pays, mais répondra fermement à quiconque l’attaquera».

Recevez notre newsletter et les alertes de Mena News


À lire sur le même thème