(Rome, 1er février 2026). Moscou durcit le ton contre l’Europe. Le porte-parole du Kremlin accuse les pays européens d’être dirigés par des responsables «populistes» et «irresponsables», dénonçant des «doubles standards» démocratiques, tout en évoquant l’échec du dialogue historique avec la Pologne
Les processus politiques actuels dans les pays européens «ont rendu le pouvoir accessible uniquement à des populistes peu instruits et irresponsables, dotés d’un horizon de vision ne dépassant pas quelques années», a ainsi déclaré le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, lors d’un entretien avec le journaliste Pavel Zarubin de la chaine VGTRK, tel que rapporté par l’agence «Nova News».
«Des processus totalement irréversibles se sont également produits en Europe. Il s’agit notamment du double discours en matière de démocratie, de double discours concernant la mondialisation, sur cette approche de la coexistence des nations, et ainsi de suite», a souligné le porte-parole du Kremlin. «Ces systèmes politiques dans les pays européens ont rendu le pouvoir adapté uniquement aux populistes», et par conséquent, «dans la plupart des pays européens, nous voyons au pouvoir des personnes peu instruites, irresponsables et dont la vision est limitée», a insisté Peskov.
La Russie a tenté de parvenir à un consensus avec la Pologne sur les causes et l’histoire de la Seconde Guerre mondiale, mais à Varsovie, selon le porte-parole, la russophobie a prévalu. «Ce n’est pas un secret pour nous que les dirigeants polonais ont leur propre interprétation de l’histoire, leur propre vision», a ajouté Peskov, qui a rappelé la création par le passé d’un groupe de travail conjoint sur les questions historiques. «À cette époque, une tentative sincère avait été faite pour harmoniser d’une manière ou d’une autre notre compréhension de l’histoire. Cela n’a pas fonctionné. La russophobie s’est enracinée au sein des membres de la direction polonaise. Et ces sentiments russophobes prévalent encore aujourd’hui», a conclu Dmitri Peskov.
«Les propos de Dmitri Peskov semblent viser avant tout les grandes capitales européennes engagées dans le soutien à l’Ukraine, telles que Paris, Berlin ou Varsovie, davantage que l’ensemble du continent», notent certains analystes européens.
Si le porte-parole s’attarde sur la Pologne, régulièrement critiquée par Moscou pour sa ligne dure à l’égard de la Russie, il passe en revanche sous silence la posture nationaliste de certains dirigeants plus conciliants avec le Kremlin, comme le Hongrois Viktor Orbán. Il omet également le soutien affiché de plusieurs formations d’extrême droite en Europe occidentale — notamment en France et en Italie — qui relaient régulièrement des positions favorables à Moscou. Une sélection qui illustre moins une critique globale de l’Europe qu’une lecture politique ciblée, alignée sur les intérêts diplomatiques du Kremlin.