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En Iran, l’origine des quatre explosions en moins d’une heure interroge

(Rome, 31 janvier 2026). En l’espace de moins d’une heure, quatre explosions aux causes encore incertaines ont été signalées dans plusieurs villes iraniennes, dont Ahwaz, Bandar Abbas, Parand et Tabriz. Entre accidents industriels, hypothèses de sabotages et rumeurs d’attaques ciblées, ces incidents alimentent des interrogations dans un contexte de fortes tensions régionales et de fragilité des infrastructures du pays des mollahs

Que se passe-t-il en Iran ? Des observateurs spécialisés dans les sources ouvertes suivent de près la situation dans la République islamique, qui, selon des rapports OSINT, a été frappée par quatre explosions aux causes encore inconnues entre 14h et 15h, heure locale, écrit Andrea Muratore dans le portail «Inside Over».

La plus grave a eu lieu à Ahwaz, capitale de la province occidentale du Khuzestân. Cette ville de plus de 1,35 million d’habitants, située près de la frontière irakienne et centre névralgique des industries sidérurgique et énergétique, a été secouée par une explosion dans un dépôt de gaz qui aurait fait au moins quatre morts.

À Bandar Abbas, une ville côtière, une explosion dans un immeuble résidentiel a été signalée. Les réseaux sociaux ont d’abord fait le lien avec une possible attaque visant des hauts gradés de l’unité navale des Gardiens de la révolution (CGRI), avant que ces derniers ne démentent cette hypothèse.

Et ce n’est pas tout. À Parand, en périphérie de Téhéran, une autre importante explosion importante a été signalée. Certains médias ont fait état de l’effondrement d’un entrepôt souterrain situé dans une zone résidentielle de la ville, suite à la déflagration. Des informations non confirmées, diffusées par l’opposition iranienne, évoquent la présence de drones dans le ciel avant l’explosion, mais rien ne semble certain ni vérifié.

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Une explosion serait également signalée à Tabriz, grande ville du nord du pays, où certaines vidéos montrent une colonne de fumée s’élevant dans le ciel.

Evidemment, ajoute l’auteur dans les colonnes de la plateforme italienne, nous présentons toutes ces informations comme une chronique d’événements manifestement anormaux et inhabituels, mais dignes d’une attention particulière, compte tenu du climat de tension entre les États-Unis et l’Iran ces derniers temps. Si de nombreuses hypothèses peuvent être formulées, on constate la multiplication des flux d’informations et l’étrange rapidité avec laquelle, dans un pays étroitement contrôlé et soumis à une censure numérique stricte, de nombreuses images ont réussi à émerger de manière explicite peu de temps après ces explosions suspectes.

Après la guerre des douze jours menée en juin, Téhéran avait déjà subi des actes de sabotage suspects contre ses infrastructures, le cas le plus retentissant fut celui de la raffinerie de pétrole d’Abadan, dans le sud-ouest du pays, le 19 juillet.

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L’hypothèse d’une manœuvre secrète visant à semer le chaos et l’émotion en préparation d’une opération de plus grande envergure ne peut être exclue. De même, les infrastructures délabrées de la République islamique constituent à la fois une cible pour les opérations clandestines, mais représentent également un système extrêmement fragile. Toutes les options sont envisagées. Un fait demeure cependant : la tension en Iran, y compris sur le front intérieur, reste à son comble.

Il s’agit d’un test de vulnérabilité et d’un message géopolitique

Reste une question centrale : s’agit-il d’un simple enchaînement d’incidents ou d’un test stratégique délibéré, destiné à mesurer la vulnérabilité du régime et la capacité de réaction de ses forces de sécurité ?

«Si ces explosions relevaient d’une opération coordonnée, la riposte des Pasdaran pourrait être rapide, asymétrique et opaque, fidèle à leur doctrine de représailles indirectes», précisent plusieurs analystes régionaux. Leur silence, pour l’heure, nourrit autant l’inquiétude que les spéculations.

Le timing interroge aussi : Alors que des négociations sensibles se tiennent en Turquie, sous le regard attentif (et potentiellement influent) de Moscou, ces déflagrations pourraient aussi relever du signal politique, voire du levier de pression diplomatique. Simple coïncidence troublante ou message stratégique adressé aux acteurs des pourparlers ? Dans l’Iran d’aujourd’hui, la frontière entre accident, sabotage et signal politique semble plus floue que jamais.

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