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Nouvelle sortie de Trump contre l’OTAN : les USA n’en ont «jamais eu besoin»

(Rome, 22 janvier 2026). À Davos, Donald Trump multiplie les déclarations fracassantes sur la scène internationale. Critiquant ouvertement l’OTAN, appelant à la fin de la guerre en Ukraine après une rencontre avec Volodymyr Zelensky, et se félicitant d’un accord donnant aux États-Unis un accès «total» au Groenland, le président américain a également menacé l’Europe de lourdes représailles économiques en cas de désengagement financier

Le président américain Donald Trump a nié toute intervention de l’OTAN pour aider les États-Unis, malgré la mort de centaines de soldats alliés en Afghanistan après le 11 septembre. «Nous n’avons jamais eu besoin d’eux. Nous n’avons jamais eu besoin de leur demander quoi que ce soit», a déclaré le président américain à Fox News. «Ils disent avoir envoyé des troupes en Afghanistan, et c’est vrai. Mais elles sont restées un peu en retrait, un peu loin du front», a-t-il ajouté avec un sourire, comme le rapporte l’agence italienne «AGI».

Trump à Poutine : «la guerre en Ukraine doit prendre fin»

La guerre en Ukraine doit cesser. Tel est le message que le président américain a adressé à Vladimir Poutine après avoir rencontré le président ukrainien Volodymyr Zelensky à Davos. «Cette guerre doit cesser», a-t-il déclaré aux journalistes lorsqu’on lui a demandé quel était son message au président russe. «La rencontre avec le président Zelensky s’est bien passée. Nous verrons comment cela se termine». «Tout le monde veut que la guerre se termine», a-t-il ajouté.

Trump : «nous aurons un accès total au Groenland, pour toujours et gratuitement»

Donald Trump s’est montré très satisfait de l’accord conclu avec le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, concernant le Groenland. «Nous aurons un accès total», a déclaré le président américain lors d’une interview accordée à Fox News.

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«Les détails sont en cours de négociation, mais dans les faits il s’agit essentiellement d’un accès total. Il n’y a pas de date d’expiration», a-t-il poursuivi. Entre autres, une partie du Dôme d’or sera installée sur l’île, «et c’est très important car tout transite par là. Si les ennemis commencent à tirer, tout passe au-dessus du Groenland». Par conséquent, «nous obtiendrons tout ce que nous voulons, et gratuitement», a-t-il assuré.

Groenland : «l’OTAN se dit prête pour une mission en Arctique»

Le commandant suprême de l’OTAN a déclaré que l’Alliance était prête, si elle en reçoit la demande, à planifier une mission de protection de l’Arctique, après l’annonce par Donald Trump d’un accord-cadre qui, selon lui, satisfait ses exigences concernant le Groenland. «Nous n’avons encore rien planifié. Nous n’avons reçu aucune indication politique de retrait», a déclaré le général américain Alexus Grynkewich, commandant suprême de l’OTAN pour l’Europe, à l’issue d’une réunion des dirigeants de l’Alliance. «Nous réfléchissons à la manière de nous organiser : la planification n’a pas encore commencé, mais nous sommes prêts». Le général Grynkewich a précisé qu’aucun exercice de l’OTAN n’était prévu au Groenland dans un avenir proche, mais que l’Alliance mènera des exercices planifiés de longue date ailleurs dans l’Arctique. Il a minimisé les inquiétudes quant à l’impact des menaces de Donald Trump contre le Groenland (territoire autonome du Danemark, membre de l’OTAN) sur l’Alliance, qui compte 32 nations. «Nous restons forts, unis et prêts», a affirmé le général Grynkewich.

Trump : «des représailles si les Européens vendaient leurs actions et obligations américaines»

Trump a adressé un nouvel avertissement à l’Europe : toute vente d’actifs tels que des actions et des obligations entraînerait de lourdes conséquences. Les entreprises européennes détiennent des milliers de milliards de dollars d’actions et d’obligations américaines. Craint-il qu’elles les vendent en représailles ? lui a demandé Maria Bartiromo lors d’une interview sur Fox News. Trump avertit : «Non. S’ils le font, ils le feront». Et d’ajouter : «Dans ce cas, il y aura de sévères représailles. Nous avons toutes les cartes en main».

Ces déclarations dessinent le portrait d’un président mû par une arrogance assumée, persuadé que la puissance américaine suffit à elle seule à imposer sa volonté au reste du monde. Plus inquiétant encore, elles révèlent l’absence quasi totale de contre-poids, tant sur la scène internationale qu’au sein même des États-Unis, où institutions, alliés et opinion publique semblent désarmés face à une parole présidentielle devenue imprévisible.

L’appel récent de trois cardinaux à la sagesse et au respect du droit international apparaît ainsi comme l’un des rares rappels moraux, soulignant le vide politique et diplomatique laissé par ceux qui devraient normalement jouer ce rôle de garde-fou.

A lire : Des cardinaux américains s’opposent à Trump : le rôle moral de l’Amérique mise en cause sur la scène mondiale

«En niant l’aide de l’OTAN et en minimisant le sacrifice des alliés historiques de l’Amérique, Donald Trump rompt avec des décennies de solidarité transatlantique et fragilise durablement les alliances qui ont structuré l’ordre international depuis la Seconde Guerre mondiale», observe un officier (ret.) italien.

Enfin, sa lecture révisionniste de la guerre en Afghanistan, en contradiction flagrante avec les faits et avec le lourd tribut payé par les forces alliées, achève de nourrir le sentiment d’un président prêt à remodeler la réalité pour servir son discours, au risque d’affaiblir la crédibilité de l’Amérique, de l’isoler et de laisser un monde déjà instable sans repères clairs.

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