(Rome, 22 octobre 2026). Alors que les discussions se poursuivent autour d’un éventuel sommet réunissant Vladimir Poutine, Volodymyr Zelensky et Donald Trump, Moscou reste au cœur des tractations diplomatiques visant à trouver une issue au conflit russo-ukrainien
Une perspective diplomatique se dessine
Des ouvertures nouvelles se dessinent sur le front diplomatique. «Des discussions sont en cours» concernant un éventuel sommet entre Vladimir Poutine, Volodymyr Zelensky et Donald Trump, a déclaré aujourd’hui le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov. Hier, Moscou a annoncé être prêt à reprendre les négociations trilatérales avec Kiev et Washington en novembre, probablement à Abou Dabi, à l’issue de l’entretien entre Vladimir Poutine et Steve Witkoff à Saint-Pétersbourg, comme le rapporte la chaine «Sky Tg24».
Gel du conflit et sortie de Trump
De son côté, Volodymyr Zelensky propose de geler le conflit le long de la ligne de front actuelle pour entamer des négociations. Donald Trump, pour sa part, estime que «nous approchons de la fin de la guerre entre la Russie et l’Ukraine ; nous sommes peut-être plus proches du dénouement que nous ne l’avons jamais été jusqu’à présent». Selon le magazine «The Atlantic», le magnat viserait la signature d’un accord dès le sommet du G20, prévu mi-décembre à Miami.
Donald Trump affiche son optimisme
Plusieurs facteurs peuvent expliquer l’optimisme affiché par Donald Trump quant à un possible prochain issu au conflit russo-ukrainien. Au cœur de son approche figure la conviction que la pression diplomatique, les négociations directes et les concessions réciproques pourraient rapprocher Moscou et Kiev d’un accord. La perspective du sommet susmentionné, s’inscrit dans cette logique, même si sa tenue et ses résultats restent à confirmer.
«L’attitude de Trump peut s’expliquer par la combinaison de trois objectifs : obtenir un accord, afficher un succès personnel et exercer une pression sur les belligérants», estiment certains analystes.
A lire : Krasnov, l’«agent» dans l’ombre du pouvoir
L’hypothèse «Krasnov» soulève pour sa part la question d’une éventuelle influence russe, mais aucune preuve concluante ne permet d’affirmer que cette hypothèse explique son comportement. À ce stade, les déclarations optimistes ne constituent pas, à elles seules, à moins d’un rebondissement, la preuve d’une paix imminente.
En Ukraine, Kiev frappée et Zelensky en colère
Sur le terrain, rien n’a changé, où, «depuis hier soir, trois vagues de missiles balistiques ont été tirées sur Kiev par les ‘compatissants’ Russes. Au total, 21 missiles ont été utilisés». «Malheureusement, de nombreux sites à travers la ville ont été touchés et endommagés, y compris un monastère», a dénoncé le président ukrainien Volodymyr Zelensky dans une publication sur les réseaux sociaux, en ironisant sur l’expression utilisée par l’envoyé américain Steve Witkoff pour qualifier Vladimir Poutine. «Presque immédiatement après une nouvelle série de pourparlers, la Russie a lancé une attaque ciblée. Cela signifie que son attitude à l’égard de tout ce qui se passe n’a pas réellement changé», a-t-il ajouté.
Un bilan lourd des deux côtés
Les attaques russes en Ukraine au cours des dernières 24 heures ont fait au moins neuf morts et 56 blessés à travers le pays, à la suite d’une offensive à grande échelle menée à l’aide de missiles et de drones, qui a principalement visé Kiev, y compris le centre historique de la capitale, selon les autorités citées par les médias locaux. Dans l’autre sens, la Russie a affirmé avoir abattu 808 drones ukrainiens durant la nuit. Par ailleurs, une attaque massive de drones ukrainiens a visé Moscou dans la nuit ; le maire de la capitale a qualifié cette opération de la plus importante attaque de drones survenue depuis le début de l’année.
Libération d’un Américain, controverse autour de Witkoff
Par ailleurs, le citoyen américain Stephen Hubbard, détenu depuis quatre ans en Russie sous l’accusation d’avoir combattu en tant que mercenaire pour Kiev, a été libéré. Steve Witkoff a remercié Poutine en le qualifiant de «compatissant», suscitant une vive polémique aux États-Unis. Enfin, un premier pétrolier transportant du gazole russe fait route vers les États-Unis.
Une libération présentée comme une victoire personnelle du Magnat
Selon le président américain, la libération de Stephen Hubbard a été obtenue à la suite d’une demande directe adressée à Vladimir Poutine, sans échange de prisonniers en contrepartie. Le président américain a présenté cette issue comme un succès diplomatique personnel.
Selon la presse américaine, cette présentation a soulevé des interrogations : quelles discussions ont réellement permis cette libération et quelles contreparties éventuelles ont-elles été consenties ? Le fait que Washington ait récemment assoupli certaines sanctions visant la Russie a notamment alimenté le débat, même si cela ne prouve pas l’existence d’un accord secret en échange de Stephen Hubbard. Notons enfin que ce dernier avait été arrêté en Ukraine en avril 2022, puis condamné en Russie, en octobre 2024, à six ans et dix mois de prison sous l’accusation d’avoir combattu en tant que mercenaire au sein des forces armées ukrainiennes.