Le modèle d’Anthropic aurait été utilisé pour les systèmes de guidage et de contrôle, mais l’entreprise a bloqué les comptes concernés
«Utilisation de l’intelligence artificielle à des fins militaires» : c’est ce qu’a tenté de faire, selon le Financial Times, une cellule des houthis active dans le nord du Yémen. Le groupe aurait cherché à utiliser «Claude», le modèle développé par la société américaine Anthropic, pour développer un logiciel destiné à des programmes de missiles via Claude Code, comme le rapporte la chaine italienne «Tgcom24».
Dans un rapport, la société décrit trois projets : une roquette guidée, un missile balistique d’une portée allant jusqu’à 2.000 kilomètres et une variante hypersonique. Ces outils auraient servi à développer des systèmes de guidage, de navigation et de contrôle. Anthropic a bloqué les comptes, mais rien ne prouve que les Houthis aient réussi à mettre au point une arme opérationnelle.
Les programmes militaires et les essais
Le rapport d’Anthropic indique également qu’une roquette a fait l’objet d’un essai sur le terrain, qui s’est apparemment soldé par un échec. Cependant, rien ne permet de penser que la cellule ait réussi à disposer d’une arme pleinement opérationnelle. Par ailleurs, le document d’Anthropic n’identifie pas directement les utilisateurs comme membres d’Ansar-Allah : l’attribution aux Houthis figure dans la reconstitution du Financial Times. Les activités décrites par l’entreprise ont été interrompues en août dernier, avant l’offensive militaire actuelle du mouvement des rebelles yéménites. Il est donc difficile de déterminer s’il existe un lien entre l’utilisation de l’intelligence artificielle et les dernières opérations militaires.
La nouvelle offensive en mer Rouge
Pendant ce temps, le conflit au Yémen se poursuit. Ansar-Allah, ou les Houthis, ont pris le contrôle d’al-Makha, un port situé sur la côte sud-ouest du pays, et ont étendu leur présence vers Mayun, également connue sous le nom de Perim, dans la région de Bab el-Mandeb. Ce détroit, qui sépare le Yémen de la Corne de l’Afrique et relie la mer Rouge au golfe d’Aden, constitue un passage crucial pour pour les routes maritimes menant au canal de Suez. Le porte-parole Yahya Saree a revendiqué une attaque aux missiles et aux drones contre une base à Charurah, dans le sud de l’Arabie saoudite.
Un enjeu qui dépasse le cadre du champ de bataille
Dans son texte intitulé «nous devons maîtriser la frontière», Dario Amodei, directeur d’Anthropic, plaide pour un ralentissement du développement des capacités des modèles afin de permettre aux mesures de sécurité de suivre le rythme. Parmi les dangers cités par Amodei figurent les cyberattaques, le bioterrorisme et le risque de perdre le contrôle des systèmes. La situation actuelle en est un exemple concret.