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Élections américaines et crise iranienne : la stratégie de Téhéran pour déstabiliser Trump

(Rome, 05 septembre 2026). Face à la puissance militaire américaine, Téhéran ne cherche pas nécessairement la victoire sur le champ de bataille, mais la déstabilisation de son adversaire. En maintenant une pression constante, évitant une confrontation totale et misant sur la durée pour accroître le coût politique économique et militaire de l’engagement américain, Téhéran chercherait à exploiter les fragilités de Donald Trump, notamment à l’approche des élections de mi-mandat. De telle stratégie de l’usure pourrait transformer la guerre en véritable piège politique pour le président américain

L’Iran, plus confiant en ses capacités, «semble déterminé à prolonger le conflit pendant des mois, dans le but de frustrer les États-Unis», notamment en vue des élections de mi-mandat de novembre. C’est ce qu’affirme le New York Times, citant des sources proches des services de renseignement américains ayant consulté des rapports établis ces dernières semaines. Bien que la reprise des combats paraisse limitée, la dynamique des attaques iraniennes laisse penser que le gouvernement de Téhéran envisage une escalade significative, note le journal. Ce durcissement de la position du régime iranien semble s’appuyer sur une meilleure prise de conscience de leurs forces militaires et de leur capacité à frapper des cibles au Moyen-Orient, ainsi que sur la pénurie de munitions américaines et l’effet de levier que représentent les conséquences économiques des attaques dans le détroit d’Ormuz. À cela s’ajoute l’évaluation sur les élections de mi-mandat américaines prévues en novembre, avec l’espoir que la hausse des prix de l’essence pénalisera davantage le président Donald Trump et réduira sa marge de manœuvre par la suite. Par conséquent, selon les sources du NYT, il semblerait difficile de parvenir à un accord quelconque pour mettre fin définitivement à la guerre, écrit Alberto Russo dans son décryptage dans «Il Tempo».

Des actions comparables à celles de juillet sont à prévoir

En effet, d’après des responsables interrogés par le journal, l’Iran pourrait entreprendre des actions similaires à celles menées en juillet, lorsqu’il avait attaqué plusieurs bases militaires américaines au Moyen-Orient, tuant trois soldats américains en Jordanie, et frappé des infrastructures stratégiques dans des pays comme le Koweït, tout en intensifiant la pression sur le trafic maritime dans le détroit.

Des pirates informatiques liés à Téhéran seraient également à l’origine de la cyber-offensive menée contre plus de 100 réseaux d’eau potable aux États-Unis le même mois. Les responsables et experts interrogés par le New York Times estiment que l’Iran pourrait privilégier le recours à une campagne de cyberattaques, même de faible intensité, afin d’affaiblir le soutien de l’opinion publique américaine à une guerre déjà très impopulaire, selon les sondages. Les hackers en question, qui se seraient regroupés ces derniers mois après avoir subi des pertes lors de raids successifs menés par les États-Unis et Israël au début du conflit, ont également manifesté leur intérêt pour des attaques contre les infrastructures pétrolières et gazières américaines, bien que ces systèmes soient plus difficiles à pirater.

Pourquoi le Koweït est la cible «privilégiée» ?

Le Koweït est particulièrement vulnérable parce qu’il accueille une importante présence militaire américaine. Téhéran peut donc considérer certaines infrastructures koweïtiennes comme des extensions du dispositif américain, plutôt que comme une cible en raison de l’identité sunnite du pays. Sur ce point, l’accord de défense de La Mecque du 7 août 2026, conclu entre l’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan, change la donne. Il prévoit qu’une attaque contre l’un des signataires soit considérée comme une attaque contre les trois. Il réunit donc l’Arabie saoudite, puissance financière du Golfe, la Turquie, grande puissance militaire de l’OTAN, et le Pakistan, puissance nucléaire. «Pour Téhéran», disent les analystes, «le risque serait considérable : une attaque directe contre Riyad, pourrait faire basculer le conflit d’une guerre Téhéran-Washington vers une confrontation beaucoup plus large». Et nos sources d’ajouter : «il serait donc imprudent pour Téhéran de donner à cette guerre une apparence de conflit confessionnel chiites contre sunnites».

Ingérence dans les élections de mi-mandat et propagande anti-Trump

Dans le même temps, certains signes indiquent que l’Iran souhaite influencer les élections de mi-mandat, notamment en diffusant de la propagande anti-Trump, comme ce fut le cas lors des élections présidentielles de 2020 et 2024. Un récent rapport de «Meta» fait état d’un petit réseau de comptes Facebook et Instagram d’origine iranienne publiant des contenus sur la politique américaine, dont certaines parties générées par l’intelligence artificielle, pouvant être interprétés comme des prises de position antirépublicaines. Par ailleurs, la société de veille sur les menaces «Alethea» a signalé que, ces deux dernières semaines, les médias nationaux iraniens ont publié plus de 1.200 articles en persan mentionnant à la fois Trump et les élections de mi-mandat.

De son côté, l’administration Trump a lancé une offensive économique contre Téhéran, tentant d’impliquer d’autres pays, notamment par des menaces de coercition, afin d’obtenir des concessions de l’Iran. Selon des sources du New York Times, les sanctions économiques américaines risquent d’entraîner une escalade. Cependant, le président semble réticent à s’engager dans des négociations, une voie qui paraît d’autant plus difficile après plusieurs échecs survenus en cours de l’été. Son vice-président, J.D. Vance, a récemment minimisé la menace que représente le régime iranien pour les citoyens américains, tout en reconnaissant son existence.

Depuis fin août, le locataire de la Maison-Blanche affirme qu’il n’y a «pas de négociations» avec Téhéran et Washington concentre effectivement ses efforts sur la pression économique, menaçant ainsi les pays et entreprises qui continuent de commercer avec Téhéran. Trump semble donc avoir compris que négocier trop redonne à Téhéran du temps et de l’oxygène. En exemple, le mémorandum de juin avait prévu une fenêtre de 60 jours pour parvenir à un accord définitif, mais cette période s’est achevée en août sans véritable avancée.

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