(Rome, 25 juillet 2026). De nouvelles révélations du «New York Times» suggèrent qu’une menace jugée «crédible» par les autorités américaines a conduit Donald Trump à changer d’avion avant de quitter la Turquie, un changement qui n’aurait rien eu d’anodin. Selon le quotidien, des groupes pro-iraniens auraient projeté de s’en prendre au président américain, relançant les interrogations sur la sécurité du nouvel Air Force One
De nouveaux éléments émergent sur la menace iranienne visant Donald Trump lors de sa visite en Turquie ce mois-ci.
Les révélations du New York Times
De nouveaux éléments inquiétants continuent de faire surface au sujet de la menace pesant sur la sécurité du président américain lors de sa récente visite à Ankara. Une fois de plus, ces révélations proviennent de journalistes du «New York Times», qui avaient précédemment publié une enquête sur les lacunes défensives du nouvel Air Force One, un Boeing 747-8 offert par la famille royale du Qatar, utilisé par Donald Trump pour se rendre en Turquie à l’occasion du sommet annuel de l’OTAN. Cette enquête avait conduit l’administration républicaine à exiger, par voie judiciaire, la communication de documents de la part des journalistes, bien que le Département américain de la Justice ait finalement retiré cette demande hier seulement, rapporte Valerio Chiapparino dans le quotidien «Il Giornale».
Une menace jugée «crédible»
Selon des sources citées par le «New York Times», le président américain a été contraint de changer d’avion à la dernière minute avant de quitter la Turquie, à la suite de ce que les responsables américains ont qualifié de «menace crédible». Plus précisément, le journal rapporte que des «forces pro-iraniennes» auraient pris pour cible Donald Trump ainsi que le nouvel Air Force One, lequel est dépourvu des capacités défensives avancées dont disposaient les deux Boeing 747 utilisés auparavant par le commandant en chef des forces armées américaines.
Le changement d’appareil
Après que le gouvernement américain a pris acte de la menace, poursuit l’article du «New York Times», les services secrets américains ont exhorté le magnat à changer immédiatement d’appareil. Trump, qui a finalement quitté la Turquie à bord de l’ancien avion présidentiel, avait initialement présenté ce changement de programme comme une simple occasion de faire admirer le nouvel appareil à des militaires déployés sur une base britannique.
Une cible : le Président Donald Trump
Les informations détenues par les responsables américains n’indiquent toutefois pas que des relais de l’Iran aient spécifiquement ciblé le nouvel Air Force One. Cependant, Trump, quel que soit l’avion dans lequel il se trouvait, en était bien la cible. Il est également apparu que les détails de cette menace (distincte d’une alerte émise au même moment par les services de renseignement israéliens) n’avaient par ailleurs été communiqués ni à l’ensemble de l’administration américaine ni aux hauts responsables du Congrès. Certains fonctionnaires avaient simplement été informés que le changement de l’avion relevait d’une mesure de précaution motivée par des inquiétudes générales concernant l’Iran.
Un nouvel Air Force One encore incomplet
Pour servir d’Air Force One, l’avion offert par le Qatar a fait l’objet d’une mise à niveau coûteuse mais rapide ; Toutefois, ce processus n’a apparemment pas permis l’installation des systèmes de pointe dont était doté la précédente «Maison Blanche volante». Il y a quelques jours à peine, Trump lui-même a reconnu que le nouvel appareil était dépourvu de certaines des caractéristiques propres aux anciens modèles de Boeing et a confirmé qu’il ferait l’objet d’améliorations ultérieures. Un porte-parole de la Maison Blanche a déclaré que le nouvel Air Force One «est parfaitement sûr pour les déplacements du président», tout en précisant qu’il bénéficierait de mises à niveau et d’améliorations supplémentaires à l’automne».
Plusieurs experts en sécurité s’interrogent sur cette affaire : «Pourquoi le président américain a-t-il choisi d’effectuer ce déplacement à bord du Boeing 747-8 offert par le Qatar alors que l’appareil n’avait pas encore reçu l’ensemble des systèmes de protection électronique, de contre-mesures et de communications sécurisées qui équipent traditionnellement les avions présidentiels américains» ? Si la Maison-Blanche assure que l’avion répondait aux exigences de sécurité, son remplacement de dernière minute tend à alimenter le débat sur l’opportunité d’avoir accéléré sa mise en service.
Téhéran toujours dans le viseur de Washington
Un haut responsable de l’administration, s’exprimant sous couvert d’anonymat, a commenté l’article du journal américain en renvoyant aux déclarations de Trump concernant les tentatives d’assassinat orchestrées par Téhéran à son encontre. Le dirigeant américain serait depuis longtemps une cible pour les groupes liées à l’Iran (des groupes agissant par procuration) voire pour la République islamique elle-même. Cette hostilité perdure au moins depuis janvier 2020, date à laquelle le président américain avait autorisé le raid mené à Bagdad ayant conduit à l’élimination du général iranien Qassem Soleimani. L’opération militaire lancée par le commandant en chef contre le régime islamique iranien a encore accru le niveau de menace. En effet, comme l’a rapporté le «Wall Street Journal», les services de renseignement ont averti certains des plus proches collaborateurs du magnat que des acteurs liés au régime des mollahs projetaient de les assassiner ; et ils se seraient vu ordonner de cesser d’utiliser des services de transport privés.
Une menace persistante, des questions en suspens
Si ces informations se confirment, elles montrent que, six ans après l’élimination du général Qassem Soleimani, la volonté de vengeance des réseaux liés à Téhéran ne s’est manifestement pas éteinte. Donald Trump demeure l’une des principales cibles des groupes armés soutenus par l’Iran, tandis que les services de renseignement occidentaux continuent de considérer la menace comme crédible. Reste enfin la question des capacités opérationnelles des groupes pro-iraniens. Le Hezbollah libanais, soutenu et armé par le régime de Téhéran, demeure le mouvement le plus expérimenté et le mieux structuré du réseau régional soutenu par Téhéran.
Par Paolo S.