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La confiance envers les États-Unis en chute : les enseignements des sondages

(Rome, 24 juin 2026). Selon une enquête du Pew Research Center menée dans 36 pays, l’image des États-Unis et de Donald Trump se dégrade fortement à l’international. Un niveau de confiance historiquement bas, des doutes sur la fiabilité de Washington et des critiques sur la gestion des grands dossiers internationaux : les résultats dessinent un net recul de l’influence américaine dans l’opinion mondiale

Le président Trump et les Etats-Unis en perte d’image à l’international

Donald Trump et les États-Unis sont de plus en plus impopulaires auprès de l’opinion publique mondiale. Un sondage réalisé dans 36 pays par le «Pew Research Center» met en lumière l’effondrement de l’approbation internationale (à de très rares exceptions près) tant envers le magnat qu’envers le pays qu’il dirige. Les sondages menés entre le 8 février et le 13 mai de cette année révèlent que la confiance envers Washington et son commandant en chef s’évapore pour atteindre des niveaux préoccupants, ramenant l’image des États-Unis à celle de l’époque de la guerre d’Irak en 2003, voire de la guerre du Vietnam à la fin des années 1960 et au début des années 1970, rapporte Valerio Chiapparino dans «Il Giornale».

Des niveaux de confiance historiquement bas

Examinons les chiffres. Selon l’étude réalisée par ce prestigieux centre de recherche, en moyenne, seuls 23 % des personnes interrogées dans les pays sondés, font confiance à Donald Trump pour la gestion des affaires mondiales. La confiance envers «The Donald» dépasse les 50 % dans seulement cinq des pays sondés (les Philippines, Israël, le Nigeria, le Kenya et le Ghana). A l’inverse, le taux de confiance tombe sous les 10 % ; en Turquie (6 %) et en Cisjordanie/Jérusalem-Est (4 %). Le taux de confiance envers le magnat s’établit à 21 % en Espagne, 17 % en Italie, 16 % en Allemagne et 15 % en France. Les jugements les plus négatifs concernent la gestion par la Maison Blanche de dossiers tels que les droits de douane, le Groenland et les conflits à Gaza, en Ukraine et en Iran.

Une tendance négative qui se confirme

Le «Pew Research Center» souligne que, depuis l’année dernière, la confiance envers Trump a reculé dans 16 des 24 pays pour lesquels des données comparatives sont disponibles, et qu’aucun pays parmi ceux sondés n’a vu l’opinion à l’égard du milliardaire s’améliorer. Bien que les personnes de sensibilité de droite dans 18 des 27 pays interrogés soient généralement plus enclines à soutenir le magnat, le soutien à Trump s’est érodé parmi les partisans de certains de ces partis en Europe par rapport à 2025.

Les États-Unis jugés moins fiables comme partenaire

Comme on peut aisément l’imaginer, si la cote du président américain s’est effondrée, l’image des États-Unis eux-mêmes est, elle aussi, affectée. Cinquante-sept pour cent des personnes interrogées déclarent avoir une opinion défavorable de l’Amérique, contre 37 % qui en ont une positive, tandis que 47 % considèrent les États-Unis comme un partenaire fiable, contre 50 % qui les jugent peu fiables. De même, seuls 32 % estiment que Washington prend en compte les intérêts des autres pays, alors que 66 % pensent le contraire.

Une chute marquée depuis 2022

La confiance envers les États-Unis comme partenaire international a fortement diminué depuis 2022, dernière année où cette question avait été posée par le «Pew Research Center». Pour ne citer que quelques exemples : il y a trois ans, la confiance envers Washington s’élevait à 83 % en Allemagne, contre 39 % aujourd’hui ; en Italie, elle était de 73 % en 2022 et n’est plus que de 34 %. À cela s’ajoute la proportion de personnes estimant que les États-Unis contribuent à la paix et à la stabilité mondiales (en moyenne, seulement 35 % des personnes interrogées).

Le respect des libertés individuelles également mis en doute

Enfin, selon le dernier enseignement de l’enquête, on observe également une baisse marquée, par rapport aux chiffres précédents, de la part des personnes pensant que le gouvernement américain respecte les libertés individuelles de ses citoyens : en moyenne, seuls 39 % des sondés, tous pays confondus (sur les 36 couverts par l’étude), partagent aujourd’hui cet avis.

Une inflexion, est-elle possible avant qu’il ne soit trop tard ?

Reste désormais à savoir si ce recul de confiance conduira Donald Trump à ajuster sa méthode de gouvernement et notamment sa stratégie internationale. Si les enquêtes d’opinion ne déterminent pas à elles seules les choix de la Maison-Blanche, elles constituent néanmoins un indicateur de plus en plus scruté dans un contexte où l’image des États-Unis à l’international demeure un levier de puissance.

Selon une source proche des Républicains, plusieurs scénarios peuvent être envisagés : un recentrage du discours diplomatique, une communication internationale plus offensive pour tenter de restaurer l’image des Atats-Unis, ou encore une campagne politique visant à réaffirmer le rôle de leadership des États-Unis sur les grands dossiers mondiaux.

À défaut d’une correction de trajectoire, la multiplication des critiques (tant à l’étranger qu’au sein de certains cercles politiques et médiatiques locaux) pourrait alimenter des interrogations croissantes sur la capacité de Washington à conserver son influence et son pouvoir d’entraînement. Et la source d’ajouter : «la question n’est plus seulement celle de la popularité du président américain, mais de savoir si les États-Unis pourront préserver durablement leur statut de référence stratégique auprès de leurs partenaires».

Par Paolo S.

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