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Iran : l’ultimatum explosif de Trump, «nous pouvons vous anéantir en une nuit»

(Rome, 06 avril 2026). Dans un contexte de tensions extrêmes entre Washington et Téhéran, le président Trump a lancé un ultimatum particulièrement menaçant à l’Iran, évoquant la possibilité de détruire le pays «en une nuit». Alors que des efforts diplomatiques émergent en coulisses, les positions restent profondément divergentes et les risques d’escalade militaire, notamment avec l’implication d’Israël, ne cessent de s’intensifier

«Le pays tout entier pourrait être anéanti en une seule nuit, et cette nuit pourrait arriver demain». C’est avec cet avertissement que Donald Trump, lors d’une conférence de presse marathon à la Maison Blanche, a réaffirmé l’expiration de son ultimatum à Téhéran (mardi à 20h00, heure de l’Est) au terme d’une journée où l’activité diplomatique semblait s’accélérer, écrit Tommaso Manni dans le journal italien «Il Tempo».

Une proposition appelant à un cessez-le-feu de 45 jours et à la réouverture du détroit d’Ormuz a été transmise aux États-Unis et à l’Iran par des médiateurs pakistanais, égyptiens et turcs. Selon le portail «Axios», il ne s’agissait que d’«une idée parmi d’autres» en discussion, et que Trump n’avait pas encore donné son feu vert. L’Iran a également répondu aux États-Unis, par l’intermédiaire du Pakistan.

La position ferme de Téhéran

L’Iran a fermement rejeté le plan américain en 15 points, la contre-proposition en 10 points et, surtout, un message clair : «Nous n’accepterons pas un simple cessez-le-feu». «Nous accepterons uniquement la fin de la guerre avec des garanties que nous ne serons plus attaqués», a résumé Mojtaba Ferdoussi Pour, chef de la mission diplomatique iranienne au Caire, à l’AP. Trump a menacé de déchaîner l’enfer sur l’Iran si aucun accord n’est trouvé d’ici mardi 20h, heure locale, y compris des attaques contre des ponts et des infrastructures énergétiques.

Des propos virulents et controversés

Trump a formulé cette menace explicitement dimanche de Pâques dans un message controversé publié sur Truth : «Mardi en Iran, ce sera la Journée des centrales électriques et la Journée des ponts, tout en un. Il n’y aura rien de comparable ! Ouvrez ce foutu détroit, bande de cinglés, ou vous vivrez en enfer !», a-t-il écrit.

A lire : Iran : entre réouverture du détroit d’Ormuz et destruction d’uranium enrichi : le compte à rebours est-il lancé ?

Interrogé sur l’emploi d’un langage vulgaire, le magnat a répondu : «Simplement pour clarifier ma position». Il a également déclaré ne pas s’inquiéter de savoir si d’éventuelles attaques américaines contre des centrales électriques et autres infrastructures critiques en Iran pourraient constituer un crime de guerre : «Savez-vous ce qu’est un crime de guerre ? Un crime de guerre, c’est de permettre à l’Iran de posséder l’arme nucléaire».

Déclarations publiques et stratégie militaire

Le président américain s’est exprimé à deux reprises en quelques heures :

  • D’abord, lors de la traditionnelle chasse aux œufs de Pâques à la Maison Blanche, où il s’est adressé aux journalistes en marge de l’événement, évoquant la guerre en Iran, aux côtés d’une personne déguisée en lapin de Pâques ;
  • Ensuite, lors de la conférence de presse très attendue, convoquée pour détailler l’opération de sauvetage menée dimanche en Iran après la destruction, vendredi, d’un avion de chasse américain.

Faisant référence à la proposition apparue ces dernières heures, Trump l’a qualifiée de «grand pas en avant», mais a ajouté que «ce n’est pas suffisant». Il a averti à plusieurs reprises Téhéran que refuser de capituler serait une erreur.

Selon lui, les États-Unis seraient capables de détruire ponts et centrales électriques en seulement quelques heures : «Nous avons un plan […] selon lequel chaque pont en Iran sera rasé d’ici demain soir minuit si l’ultimatum n’est pas respecté». Il a aussi affirmé que les États-Unis, se considérant victorieux, devraient imposer des péages dans le détroit d’Hormuz.

Négociations en cours et tensions régionales

Donald Trump a qualifié la réouverture de cette voie maritime stratégique pour le commerce du pétrole de «très haute priorité», affirmant que Téhéran était «un participant actif et disposé» aux négociations et «souhaitait parvenir à un accord».

Selon une source régionale impliquée dans les pourparlers de cessez-le-feu, les négociations ne sont pas au point mort : «Nous poursuivons le dialogue avec les deux parties», a déclaré cette source sous couvert d’anonymat. Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a déclaré lors d’une allocution télévisée que son pays intensifiait ses efforts pour mettre fin à la guerre en Iran, tout en accusant Israël de saboter toute tentative de paix.

Escalade militaire et actions d’Israël

Ces dernières heures, Israël a intensifié la pression :

  • Attaque d’un site pétrochimique du gisement gazier de South Pars ;
  • Revendication de l’assassinat du chef des services de renseignement iraniens, Majid Khademi.

A lire : Iran : le chef du renseignement des Pasdarans, Majid Khademi, éliminé lors d’un raid israélien

Le gisement de South Pars est le plus grand au monde et constitue une source majeure de revenus pour l’Iran. Quant à Majid Khademi, son élimination a été confirmée par les Gardiens de la révolution eux-mêmes. «Les dirigeants iraniens vivent avec le sentiment d’être pris pour cible. Nous continuerons à les traquer un par un», a menacé le ministre israélien de la Défense, Israël Katz.

Une escalade aux portes d’un point de rupture

Malgré des signaux diplomatiques timides, les tensions entre les États-Unis et l’Iran restent à un niveau critique. L’ultimatum lancé par Donald Trump, les exigences fermes de Téhéran et l’intensification des opérations militaires israéliennes dessinent un contexte explosif où chaque décision pourrait précipiter un conflit de grande ampleur. Entre menaces ouvertes et négociations fragiles, l’issue demeure incertaine, laissant planer le risque d’une confrontation aux conséquences régionales et internationales majeures.

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Vers une recomposition incertaine de l’équilibre régional

L’évolution récente de la crise met en lumière une dynamique de confrontation où la rhétorique de dissuasion se conjugue à des logiques d’escalade concrète. L’ultimatum formulé par Donald Trump, la fermeté stratégique de Téhéran et l’intensification des actions israéliennes traduisent un enchevêtrement d’intérêts sécuritaires difficilement conciliables.
Selon les analystes, si des canaux diplomatiques subsistent, leur fragilité contraste avec la rapidité potentielle d’une dégradation militaire.
Dans ce contexte, affirme une source militaire, la crise dépasse le cadre bilatéral pour s’inscrire dans une recomposition plus large des rapports de force au Moyen-Orient, où la maîtrise de l’escalade apparaît de plus en plus incertaine.

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