(Rome, 06 avril 2026). Un raid israélien a coûté la vie au chef du renseignement des Pasdaran, le général Majid Khademi, marquant une nouvelle étape dans la campagne d’assassinats ciblés contre les hauts responsables iraniens. Alors que les frappes se poursuivent autour de Téhéran, les tensions régionales s’intensifient et les efforts diplomatiques pour un cessez-le-feu se heurtent à des positions encore irréconciliables. Ce général était responsable du contre-espionnage et de la surveillance intérieure visant à réprimer la dissidence
Élimination du chef du renseignement des Pasdaran
Le chef du renseignement des Gardiens de la révolution, le général Majid Khademi, a été tué lors d’un raid israélien dans la nuit de dimanche à lundi. Il s’agit du dernier d’une série d’assassinats ciblés de hauts responsables iraniens par les services de renseignement israéliens. Khademi avait été nommé à ce poste en juin 2025 après l’assassinat de son prédécesseur, Mohammed Kazemi, écrit Gabriella Colarusso dans «La Repubblica».
Un rôle central dans l’appareil sécuritaire du régime
Khademi était une figure centrale du système de sécurité iranien. Il supervisait les opérations de renseignement et de contre-espionnage et dirigeait la surveillance à l’échelle nationale visant à réprimer toute forme de dissidence. Contrairement au ministère du Renseignement, qui relève du président Pezeshkian et du gouvernement, les services de renseignement des Pasdaran opèrent directement sous l’autorité du Guide suprême. Ces services sont également impliqués dans l’arrestation de nombreux citoyens binationaux, souvent utilisés ensuite comme levier dans des négociations diplomatiques avec leurs pays d’origine. Son élimination aura des conséquences, notamment sur la coordination interne entre les différentes agences de sécurité.
La réaction d’Israël
«Nous continuerons à les traquer un par un», a déclaré Israel Katz, ministre israélien de la Défense, lors d’une réunion avec le chef d’état-major Eyal Zamir. «Les Gardiens de la révolution tirent sur des civils, et nous éliminons les chefs terroristes», a ajouté Katz, cité par les médias locaux.
Intensification des frappes autour de Téhéran
Dans la nuit de dimanche à lundi, Tsahal a mené une série de frappes aériennes dans la périphérie de Téhéran, tuant au moins 34 personnes, dont six enfants, selon les médias locaux. Cette campagne d’assassinats ciblés, entamée dès les premières heures du conflit avec l’élimination du Guide suprême Ali Khamenei, a décapité les plus hautes sphères de la sécurité iranienne, tuant également plusieurs personnalités politiques de premier plan, comme l’ancien président du Conseil de sécurité Ali Larijani.
Malgré ces pertes, les autorités iraniennes ont rapidement remplacé les responsables tués, grâce à une stratégie anticipée prévoyant plusieurs successeurs pour chaque poste. Cette organisation a permis jusqu’à présent au système d’encaisser les coups, de rester stable et uni.
Pressions internationales et risque d’escalade
Les bombardements israéliens se poursuivent tandis que les pays médiateurs, la Turquie, l’Égypte et le Pakistan, sont engagés dans une course contre la montre pour parvenir à un cessez-le-feu et éviter une nouvelle escalade du conflit.
Demain à 18h00, l’ultimatum du président Trump expire. Il a promis de raser l’infrastructure énergétique du pays si aucun accord n’est trouvé ou si le détroit d’Ormuz n’est pas rouvert. La proposition sur la table prévoit un cessez-le-feu de 45 jours en échange du déblocage du détroit, suivi de négociations ultérieures en vue d’un accord de paix. Cependant, les Iraniens ont déjà clairement indiqué qu’ils n’étaient pas disposés à accepter un cessez-le-feu temporaire, exigeant la fin totale de la guerre et des garanties solides de sécurité durables.
La revendication de Benyamin Netanyahu
Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu a revendiqué l’élimination de Khademi, ainsi que celle d’un autre haut responsable du régime : «nous avons également éliminé Athar Bakri, commandant de la section 840 de la Force d’Al-Qods, responsable d’attaques contre des Juifs et des Israéliens à travers le monde».
L’ultimatum américain, un tournant incertain
À l’approche de l’échéance fixée par Donald Trump, l’incertitude domine quant à l’évolution de la crise. Si aucune désescalade n’intervient, la menace de frappes massives contre les infrastructures énergétiques pourrait précipiter un embrasement régional. À l’inverse, une ouverture tardive à la négociation reste possible, bien que compromise par les positions irréconciliables affichées jusqu’ici par les différentes parties.
Un pouvoir inflexible face aux pertes
Malgré les coups sévères portés par les frappes israéliennes et la décapitation répétée de son appareil sécuritaire, le régime iranien affiche une posture de fermeté qui confine à l’intransigeance. La volonté de poursuivre le conflit, portée par les cercles les plus durs du régime, semble primer sur les considérations humaines et matérielles, au risque d’accentuer encore l’isolement et la fragilisation du pays.