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Golfe : Riyad et Abou Dhabi s’orientent vers un durcissement de leur posture à l’égard de Téhéran

(Rome, 24 mars 2026). Sous pression après une série d’attaques visant leurs infrastructures vitales, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis durcissent progressivement leur position face à l’Iran. Entre coopération militaire accrue avec Washington, mesures ciblées contre des intérêts iraniens et tensions autour du détroit d’Ormuz, les monarchies du Golfe semblent se rapprocher d’une implication plus directe dans le conflit régional. Selon des sources bien informées citées par le «Wall Street Journal», l’Arabie saoudite a récemment accepté d’autoriser les forces américaines à utiliser la base aérienne du roi Fahd, située à l’ouest de la péninsule arabique

Les alliés des États-Unis dans le Golfe arabo-persique, notamment l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, «se rapprochent progressivement» de l’idée de rejoindre le conflit contre Téhéran, après une série d’attaques ayant fortement perturbé leurs économies. Le Wall Street Journal rapporte cette information, précisant que pour l’heure, les pays du Golfe ne déploient pas ouvertement leurs forces armées, mais la pression s’intensifie à mesure que l’Iran menace d’accroître son influence régionale, notamment sur le détroit d’Ormuz, axe stratégique du commerce mondial, tel que rapporté par l’agence italienne «Nova News».

Riyad renforce sa coopération militaire avec Washington

Dans ce contexte, l’Arabie saoudite a récemment autorisé les forces américaines à utiliser la base aérienne du roi Fahd, située à l’ouest de la péninsule arabique, selon des sources bien informées citées par le journal.

Le prince héritier saoudien Mohammed Ben Salman (MBS) est déterminé à rétablir une capacité de dissuasion plus crédible, et serait sur le point de se joindre aux attaques, selon des sources proches du dossier. Ces mêmes sources ajoutent que «ce n’est qu’une question de temps» avant que le royaume n’entre en guerre.

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«La patience de l’Arabie saoudite face aux attaques iraniennes n’est pas sans limites», a déclaré le ministre des Affaires étrangères, Fayçal Ben Farhan, la semaine dernière, après une série d’attaques iraniennes contre des infrastructures énergétiques dans le Golfe, ajoutant que considérer les pays du Golfe comme incapables de répondre serait «une erreur de calcul».

Les Émirats prennent des mesures contre des entités liées à l’Iran

Par ailleurs, les Émirats arabes unis ont fermé l’hôpital iranien et le club iranien de Dubaï, d’après des sources bien informées citées par le «Wall Street Journal». Les Émirats prennent des mesures contre des entités liées au régime et aux Pasdarans, accusées d’activités contraires à la législation locale. De plus, des vidéos authentifiées par Storyful, filiale de News Corp. (propriétaire du Wall Street Journal), indiquent que des tirs de missiles sol-sol visant l’Iran auraient été effectués depuis le Bahreïn.

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Autre signe de l’escalade : cinq avions ravitailleurs de l’armée de l’air américaine ont été endommagés lors d’une attaque de missiles iraniens sur la base aérienne Prince Sultan, en Arabie saoudite, selon des responsables américains cités par le journal.

Le détroit d’Ormuz au cœur des tensions

L’Iran a récemment fait part de son intention de jouer un rôle dans la gestion du détroit d’Ormuz à l’issue de la guerre. En pratique, Téhéran a déjà quasiment fermé ce passage en attaquant les navires de transit, tout en autorisant le passage de quelques navires sélectionnés.

Selon des sources bien au fait citées par le «Wall Street Journal», l’Iran a récemment informé des responsables arabes de son intention d’imposer des droits de passage, similaires à ceux appliqués par l’Égypte sur le canal de Suez.

Frustrations croissantes vis-à-vis de Washington

En coulisses, les dirigeants du Golfe (notamment ceux des Émirats et de l’Arabie saoudite) auraient exhorté Donald Trump à mener l’opération militaire à son terme, lors d’échanges téléphoniques. Ces pays expriment toutefois une frustration croissante face à leur influence limitée sur les décisions de l’administration Trump, malgré des partenariats sécuritaires étroits et des investissements considérables.

Une spirale de représailles

Les attaques iraniennes de la semaine dernière contre des infrastructures énergétiques clés dans le Golfe étaient une riposte à une frappe israélienne contre le principal gisement gazier iranien, South Pars. «Les États arabes pensaient avoir persuadé les États-Unis d’empêcher de telles attaques après un précédent raid israélien contre des dépôts de carburant à Téhéran», rapportait le Wall Street Journal. Toutefois, selon des responsables américains et israéliens cités par le journal, les États-Unis auraient donné leur feu vert à l’attaque de South Pars après en avoir été informés à l’avance par Israël.

Une désescalade encore incertaine

«Entre ouvertures diplomatiques fragiles et rapports de force militaires persistants, le Golfe demeure ainsi suspendu à une négociation dont l’issue pourrait redessiner en profondeur les équilibres régionaux», estiment plusieurs analystes.

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