(Rome, 23 mars 2026). Les tensions entre les États-Unis et l’Iran pourraient connaître une évolution décisive dans les prochains jours. Donald Trump évoque la possibilité d’un accord imminent tout en maintenant une pression militaire, tandis que des initiatives diplomatiques régionales tentent d’ouvrir la voie à une désescalade
Le président américain Donald Trump est revenu sur la question iranienne, revendiquant la responsabilité de l’attaque menée contre le régime des ayatollahs, qui, pendant des décennies, «a refusé et rejeté toutes les occasions de renoncer» à ses ambitions nucléaires, constituant de facto un danger réel. Parallèlement, comme le rapporte «Il Tempo», le Premier ministre pakistanais, Chehbaz Charif, s’entretenant avec son homologue iranien, Massoud Pezeshkian, a exprimé l’engagement d’Islamabad à jouer «un rôle constructif dans la promotion de la paix dans la région».
Dans ce contexte, une information récente retient particulièrement l’attention : l’avion transportant le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, aurait pu relier Téhéran à Islamabad avec l’approbation des États-Unis et d’Israël. Un tel développement, s’il se confirme, suggère l’existence de canaux de coordination discrets, voire de négociations indirectes en cours.
Entre-temps, après avoir annoncé un moratoire de «cinq jours» sur les frappes contre les cibles énergétiques, le magnat a évoqué un «dialogue ouvert» avec les Iraniens. «Nous espérons parvenir à un accord qui soit bénéfique pour tous, y compris pour le Moyen-Orient et nos alliés. Israël, qui a été un partenaire précieux dans cette guerre, a combattu avec acharnement. Mais nous verrons bien. Je pense qu’il y a de fortes chances de parvenir à un accord. Nous leur avons donné cinq jours : nous verrons où cela nous mènera. Cela pourrait aboutir à une issue positive, un accord qui sera bénéfique pour tous. D’autant plus que nous sommes sur le point de les détruire, et nous espérons ne pas avoir à le faire complètement».
Le vice-président américain J.D. Vance s’est quant à lui entretenu par téléphone avec le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu au sujet des efforts déployés visant à ouvrir des négociations afin de mettre fin à la guerre avec l’Iran.
Une issue incertaine aux conséquences régionales majeures
La séquence actuelle semble indiquer que la gesticulation du régime iranien n’aura été que de courte durée, davantage destinée à afficher une posture de fermeté qu’à soutenir un véritable rapport de force sur le long terme. La pression militaire et diplomatique exercée par les États-Unis de Donald Trump, paraît avoir rapidement réduit les marges de manœuvre du régime des mollahs.
Reste une question centrale : le régime finira-t-il par capituler sous l’effet combiné des bombardements et de l’affaiblissement de ses structures dirigeantes ? La disparition progressive de responsables clés pourrait accélérer une dynamique de repli, voire de concessions majeures dans d’éventuelles négociations.
Le destin des mandataires de Téhéran
Dans cette hypothèse, l’avenir des mandataires régionaux de Téhéran se poserait avec acuité. Des organisations comme le Hezbollah pourraient se retrouver fragilisées, privées de soutien stratégique et contraintes de redéfinir leur rôle dans un environnement profondément transformé.
Enfin, si le Hezbollah devait à son tour capituler, une recomposition interne du Liban deviendrait plausible. Une telle évolution pourrait ouvrir la voie à une refonte du système politique, longtemps critiqué pour, entre autres choses, son immobilisme, et poser la question du retrait progressif d’une classe dirigeante en place depuis des décennies.